Libraire à l'heure du numérique

« Mécanique d’un homme heureux » de Darío Jaramillo Agudelo

Avec une traduction vraiment remarquable de Laurence Holvoet, Editions Yovana nous présente, par l’intermédiaire de cette histoire addictive, une critique acerbe et précise de la haute bourgeoisie colombienne. 

 

Tomás, ingénieur à la retraite, mène une vie bourgeoise à Bogotá. Il est de ceux qui ont eu la chance d’allier métier et passion. La mécanique est son royaume. Sa femme Regina, quant à elle, a régné en maître sur leur vie de famille. Abordant sereinement la dernière partie de son existence, notre narrateur le dit sans fard : c’est un homme heureux. En rédigeant ses mémoires, il nous livre l’ingrédient clé de sa recette toute personnelle du bonheur : l’élimination pure et simple de sa femme. Mécanique d’un homme heureux est une ode délicieuse à la mauvaise foi et à la perfidie. Darío Jaramillo excelle dans l’art de nous rendre complices de raisonnements justifiant l’injustifiable. Et vous ? Serez-vous aussi l’avocat du diable ?

 

La couverture est assez sympa mais elle peut, induire à l’erreur. On dit bien qu’il ne faut pas juger un livre par sa couverture et celui-ci est un très bon exemple. En dépit des apparences ceci n’est pas un roman « feel good » bien au contraire. C’est une observation subtile mais pointue de la vie de couple, du bonheur et du temps qui passe. Si vous cherchez un livre de lecture facile et superficielle qui ne demande pas d’efforts celui-ci ne sera peut-être pas votre meilleure option. Car c’est le type de livres dont on n’aime pas interrompre la lecture, mais qui demandent néanmoins une pause de réflexion de temps à autre.

Et oui, Jaramillo réussi à citer Spinoza, Locke et Newton, et le faire passer aussi simplement et fluidement que le temps dans les montres de Tomás, le protagoniste. C’est d’ailleurs ce passe-temps qui a inspiré notre traditionnelle nuage de mots, cette fois, représentant, avec les mots les plus utilisés dans le livre, un engrenage d’horloge.

 

Pour finir cette entrée du blog, nous vous invitons à parcourir cette petite sélection de romans latino-américaines que nous avons faite pour vous. Aussi, vous pouvez parcourir le catalogue digital de Editions Yovana 

Les livres attaqués

La semaine des livres attaqués  est un événement annuel qui célèbre la liberté de lecture. En elle y participent de bibliothécaires, libraires, éditeurs, journalistes, professeurs et lecteurs avec un objectif commun: défendre la liberté de chercher et exprimer des idées nouvelles, y compris celles que certains peuvent considérer comme orthodoxes ou politiquement incorrectes.

Le Bureau pour la Liberté Intellectuelle (OIF par ses sigles en anglais) publie une liste annuelle avec le Top 10 de livres les plus attaqués dans la littérature de jeunesse dans le contexte scolaire (comprenant tous les niveaux jusqu’au lycée) en utilisant l’information des attaques publics apparus dans les médias ainsi que les demandes de censure remises à l’OIF. 

Dans ce contexte un attaque est la demande d’enlever ou restreindre les matériaux de lecture basés dans les objections d’une personne ou un groupe. La censure serait l’interdiction des dits matériaux.

Parmi les livres attaqués l’année dernière, voici les livres les plus attaqués: 

10: Eleanor & Park de Rainbow Rowell. Attaqué pour son “Langage offensif”

9: “Little Bill” de Bill Cosby. Attaqué à cause des plaintes sexuelles pesant sur l’auteur.

8: “Make something up” de Chuck Palahniuk. Attaqué à cause de son “obscénité, sexualité explicite, et pour être ‘dégouttant et complètement offensif’ ».

7: “Big Hard Sex criminals” de Matt Fraction. Attaqué pour “être sexuellement explicite”.

6: Qui es-tu Alaska de John Green. Attaqué pas “les scènes sexuelles explicites qui pourraient amener les étudiants à expérimenter avec leur sexualité ».

5: “Two boys kissing” de David Levithan. Attaqué car dans sa couverture il y a une photo de deux garçons en train de s’embrasser et pour son « contenu explicite LGBT”.

4: “I’m Jazz” de Jessica Herthel. Attaqué pour parler d’un enfant trans-genre et pour son “langage offensif, son éducation sexuelle et ses points de vue offensifs ».

3: « George » de Alex Gino. Attaqué pour « inclure un enfant trans-genre et une sexualité non adaptée aux niveaux élémentaires ».

2: “Drama” de Raina Telgemeier. Attaqué pour inclure un personnage LGBT, être sexuellement explicite et avoir « un point de vue politiquement offensif ».

1: “This one summer” de Mariko Tamaki. Attaqué pour inclure des personnages LGBT, l’usage de drogues, des obscénités et être « sexuellement explicite ».

« La montagne entre nous » de Charles Martin

Seuls survivants d’un accident d’avion, le chirurgien Ben Payne et la journaliste Ashley Knox se trouvent à 3 500 mètres d’altitude, au cœur de l’hiver, sans aucun moyen de communication. Ashley, dont le mariage était prévu deux jours plus tard, est gravement blessée. Grâce aux soins prodigués par Ben, elle est hors de danger, au moins pour quelques jours.

Mais, pour espérer s’en sortir, ils doivent parcourir 75 kilomètres en pleine montagne. Au cours de leur randonnée chaotique, ils se découvrent, échangent des secrets qui ne semblent plus si importants, plaisantent aussi – il faut garder le moral coûte que coûte. Mais la montagne se referme sur eux toujours un peu plus et leurs chances de survie s’amenuisent…

 

Dans le livre, Ben Payne est un randonneur de haute montagne accompli. Nous avons fait des petites recherches et nous vous partageons un lien avec les indispensables pour partir randonner en altitude en cliquant sur la photo.

© Bestjobersblog

 

Aussi et comme d’habitude, nous vous présentons une illustration faite avec les mots les plus utilisés par Martin:

En outre nous vous invitons a visiter le catalogue de Presses de la Cité ainsi que notre section de Action et aventure ou plus encore, de découvrir les livres disponibles dans notre catalogue appartenant à la littérature des Etats-Unis et Canada.  

Finalement, Charles Martin a écrit d’autre livres, mais celui-ci a été adapté au cinéma. Nous vous partageons la bande annonce, même si, comme toujours les différences avec le livre sont évidentes, il reste pas moins intéressant pour autant. Un bonne exercice serait serait de lire le livre et puis, le comparer avec son adaptation. N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions!

Zoom « Confident royal » de Shrabani BASU

 » Je l’apprécie tellement. Il est si bon, doux et compréhensif… il m’apporte un réel réconfort.  » C’est en ces termes que la reine Victoria parla d’Abdul Karim, un Indien de confession musulmane qui fut son confident et son professeur d’urdu durant les dernières années de son règne. En moins d’un an, ce greffier adjoint de la prison d’Agra, âgé de vingt-quatre ans et fraîchement débarqué en Angleterre pour être serviteur lors du jubilé d’or de la reine, devint l’un des hommes les plus puissants de la Cour britannique. La relation intense et controversée qu’ils entretinrent manqua de déclencher une révolte au sein du Palais royal. Abdul n’en resta pas moins aux côtés de la monarque, jusqu’à la fin, usant notamment de son influence lors des premiers mouvements d’indépendance des colonies.

Soigneusement documenté et rédigé dans un style romanesque, ce livre aborde une période méconnue de la vie de la reine Victoria : une amitié extraordinaire et une histoire d’amour inoubliable.

 

De lecture très agréable « Confident royal » nous donne un aperçu de ce qui a été la passion de la reine Victoria pour l’inde ainsi que de l’intégration de celle-ci à l’empire britannique. Il a le mérite de rester aussi impartial que possible. La figure du munshi ainsi que celle de la reine y sont décrites plus par leurs actions et leur correspondance officielle et personnel que par de traits de caractère habituellement attribués à l’un ou l’autre personnage. 

Le Taj Mahal fait avec les mots les plus utilisés dans le livre

 

Dans Confident royal il est question à plusieurs reprises du Koh-i-Noor, un des diamants les plus grands du monde. Ayant appartenu à la famille du Maharajas Dhulîp, il est actuellement une possession de la couronne d’Angleterre.

Maharaja Ranjit Dhulîp, la couronne d’Angleterre et le portrait de la Reine Victoria avec.

  

Le livre a été publié en anglais (Inde) en 2006. Mais aujourd’hui il nous parvient pas le bias de Presses de la Cité avec une traduction de Marion Roman. Si vous souhaitez continuer votre voyage littéraire en Inde, nous vous invitons à consulter notre section spécialement dédiée à la littérature indienne.

Le livre a donné lieu à une adaptation cinématographique:

Nous voulons vous partager les images que nous avons trouvé du munshi:

Portrait de Mohammed Abdul Karim par Rudolf Swoboda.

 

La Reine Victoria prend ses leçons d’Hindoustani avec son munshi Abdul Karim.

 

Nous vous laissons aussi une phrase, rédigée par la Reine Victoria à l’attention de son médecin à propos du Munshi:

L’amertume et les vils sentiments de supériorité raciale sont forcément à la racine des comportements invraisemblables et de l’injustice déplorés l’an passé.

 

Finalement, nous vous rappelons que Feedbooks est une librairie plurilingue et que vous pouvez avoir également accès au livre dans sa version originelle en faisant clic sur sa couverture. Attention le livre risque de n’est pas être disponible dans certains territoires.

Petite sélection

Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter 3 romans où le contexte académique joue un rôle important dans l’histoire. Du professeur pointé du doigt à celui toujours surprenant en passant par celui qui n’assure pas ses cours, vous pouvez vous balader différemment dans le monde constitué par le professorat universitaire.

N’hésitez à prendre un peu de temps pour découvrir nos propositions de lecture.