Libraire à l'heure du numérique

La sélection des librairies par catégorie, influence, éditeur, auteur, prix…

Bientôt le cap des 1000 livres dans la rubrique Notre sélection sera franchi. Ce n’est bien sûr qu’un début.

Savez vous que vous pouvez trier cette sélection des libraires

 

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à la rubrique Notre sélection.

Notre sélection

La littérature africaine : un réalisme proche du fantastique

Nous vous proposons de partir en Angola, au Congo-Brazzaville, au Rwanda et en Guinée avec quatre auteurs africains de talent.

Comme en vacances – au bout de quelques pages -, vous allez lâcher prise et découvrir d’autres manières de voir le monde. Vous reviendrez de ces voyages littéraires avec une autre perception de votre propre réalité. C’est garanti par votre libraire qui vous rembourse si vous n’avez pas été emporté par la prose de ces magiciens du verbe.

 

Cliquez sur le nom de l’auteur pour accéder à l’intégralité de l’interview.

Alain Mabanckou : Enfant, je croyais que les personnes gentilles avaient des globules blancs et les méchantes, des globules rouges. J’ai voulu garder cette conception dans mon livre. Il ne faut jamais trahir l’enfance, c’est le seul territoire qui devrait garder son innocence. Je ne sais pas si j’ai de globules blancs au sens où l’entend mon narrateur, mais les êtres qui me sont chers les ont… (rires).

Jose Eduardo Agualusa : L’architecture du hasard exige une discipline et une disponibilité. Il faut être disponible, ouvert, pour que le hasard se manifeste. Seul celui qui se risque sous la pluie voit l’arc-en-ciel. Et il faut avoir assez de discipline pour que le hasard travaille à nos côtés.

Libar M. Fofana : C’est une émission de télévision qui m’en a donné l’idée. On y voyait deux siamoises américaines en train de conduire une voiture. Je me suis demandé comment elles faisaient pour coordonner leurs mouvements. Puis je me suis rendu compte qu’en fait une seule des deux conduisait. À un moment donné, “la passagère” a parlé dans l’oreille de la conductrice. Je me suis dit : “Ben, oui, c’est normal, elles ont deux cerveaux, donc pas les mêmes pensées”. Là, une autre question m’est venue : “Qu’en est-il des émotions ?”. Je me suis dit qu’un stress chez l’une pouvait être ressenti par l’autre. Par exemple, en cas de grosse frayeur, la première sécréterait de l’adrénaline. J’ai donc pensé qu’une histoire où les deux sœurs auraient une relation conflictuelle serait intéressante à raconter.

Scholastique Mukasonga : Titicarabi est un mot passe-partout: moquerie, énervement, admiration. Cela s’applique aux écrivains comme à tous.

 

4 extraits d’interviews réalisées suite aux lectures des quatre romans ci-dessous

Théorie générale de l'oubliDemain j'aurai vingt ansCe que murmurent les collinesL'étrange rêve d'une femme inachevée

 

Cette semaine (14), nous avons repéré

Cette semaine, Quais du polar oblige, le roman policier est à l’honneur sur Feedbooks avec trois billets :

La sélection du Livre inter est connue depuis vendredi. En attendant le verdict du jury, Feedbooks vous propose de lire les avis des lecteurs et des journalistes déjà publiés sur le web.

 

LES AUTEURS À LA UNE

Interview de Marie Le Gall à propos de son roman Au bord des grèves

Pour aller plus loin : découvrez le catalogue Littérature française des éditions Phébus.

 

Interview de Fernando Monacelli à propos de son roman Naufragés

Pour aller plus loin : consultez notre dossier sur la littérature Argentine à l’honneur au salon du livre et toute l’année sur Feedbooks.

 

PROMO(S)

Cette semaine, suivez les promo Folio  et Promo biographies Tempus.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à suivre les mots-clés #promo ou  #promodujour sur Twitter.

 

LES SORTIES ATTENDUES

Qu'attendent les singesCaprice de la reineL'ExceptionManesh

Pour surfer sur le catalogue : Nouveautés / Meilleures Ventes / Notre sélection / En ce moment  / Prix Littéraires.

 

CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE MARGUERITE DURAS

Frise chronologique partielle sur la vie et l’oeuvre de Marguerite Duras

 

LES SÉLECTIONS DE LA SEMAINE

Le Cercle des douzeQui a volé la Tour Eiffel ?Piloter un projet comme Gustave EiffelMystère rue des Saints-Pères

En italienAll’ombra della Tour Eiffel

 

" Au nom de la France "RwandaVestine, une légende noireLes enfants du Rwanda

Pour aller plus loin : A lire ou relire une interview de Scholastique Mukasonga  à propos de son recueil Ce que murmurent les collines.

 

La Septième nuit de VeniseHistoire du carnaval de VeniseDictionnaire amoureux de VeniseVenise triomphante

Pour aller plus loin : Parcourez nos Listes thématiques du moment.

La librairie numérique, c’est véritablement un plus : la preuve par le roman policier

Si vous aimez le roman policier, la librairie Feedbooks permet d’accéder de chez soi à un corpus multilingue  :

offre des tris multiples avec la possibilité

  • d’afficher dans le genre concerné, les livres d’un auteur, d’un éditeur d’une collection
  • de croiser sa recherche : thriller américain, policier coréen ou scandinave, roman à énigme anglais…

propose de nombreuses aides pour choisir

 

 

Et petit plus des blogs multilingues de Feedbooks, la scénarisation des catalogues comme nulle part ailleurs.

4 exemples en français, italien, anglais et espagnol.

Guide du roman policier et du thriller en format EPUB

Guide du roman policier et du thriller en format EPUB

 

Geolocalizzazione degli intrighi polizieschi e noir

Geolocalizzazione degli intrighi polizieschi e noir

 

From noir fiction to film noir: a timeline

From noir fiction to film noir: a timeline

 

Lugares donde investigan los detectives literarios españoles

Lugares donde investigan los detectives literarios españoles

Les motivations, techniques et influences des auteurs de roman policier francophones

Les auteurs de roman policier francophones seraient en train de s’imposer dans le monde entier voire en passe de supplanter leurs confrères scandinaves. C’est ce que l’on peut lire à la une de la presse littéraire anglo-saxonne depuis quelques mois.

De notre côté, nous avons plutôt cherché à savoir ce qui motive les auteurs francophones, quelles sont leurs techniques d’écriture, ainsi que leurs influences.

N’hésitez pas à cliquer sur les photos ou les noms des auteurs pour accéder à l’intégralité des interviews.

 

Philippe CarreseDidier DaeninckxIngrid AstierDominique ManottiAntoine BelloGeorge FlipoAlexis RagougneauFabrice ColinKarim MiskéDominique SylvainMaud TabachnikAlexandra JulhietCaryl FéreyDOAAlix DenigerFrank ThilliezJacques CôtéFrançois LévesqueDanielle ThiéryMichel BussiAntoine ChainasPierric GuittautEmmanuel Grand

 

MOTIVATION

Didier Daeninckx : Le roman est un chantier, et plus on a de choses qui traînent, même si au premier abord elles paraissent inutiles, mieux c’est. Je me sers de toutes mes expériences, celle du travail manuel, de l’esprit d’équipe qui règnait dans les ateliers, de mon passage dans les rédactions de petits journaux. Je me souviens que je cherchais à rendre intéressant pour le lecteur le moindre article sur la réfection des trottoirs : si on lui raconte que le bitume qu’on va couler devant la porte de sa maison provient de tel ou tel coin du Moyen-Orient ou de Perse, cela modifie sa vie. En sortant de chez lui, c’est un peu de voyage, un peu d’ailleurs, qui se colle à sa semelle. La fréquentation des historiens m’a permis de ne pas me perdre dans les labyrinthes des archives. Le fait d’avoir animé un ciné-club itinérant pendant deux ans laisse des traces sur mes personnages. Pour moi, le roman consiste en la création d’un univers à partir de mille éléments hétéroclites ; c’est le point d’équilibre que je trouve en assemblant ce qui aurait dû rester étranger à tout jamais.

Marc Villard : Les musiciens de jazz ont tendance à travailler sur des standards. Autrement dit, des thèmes célèbres dans la musique de jazz qu’ils revisitent à leur façon et selon les tendances musicales du moment. Le polar, c’est pareil. Toutes les intrigues ont été écrites et, bien souvent, je me glisse dans une intrigue déjà visitée pour en faire une oeuvre nouvelle et originale. Du moins, j’essaie.

Philippe Carrese  : Le thème récurrent dans mes romans, c’est quand même les crétins. Sinon, la vie, quoi… J’ai longtemps été catalogué dans les auteurs de « polar », mes éditeurs étant des spécialistes du genre, mais pas mal de ces livres auraient pu sortir dans des collections « blanches ».J’essaie de raconter des trucs sérieux avec humour (c’est toujours mieux que de consterner le lecteur avec des récits sinistres qui se veulent drôles). Voilà…

Karim Miské : L’écriture du polar est donc venue naturellement, après quinze ans passés à filmer et à engranger des histoires. Comme une évidence, un prolongement nécessaire, l’accomplissement d’une promesse de jeunesse.

Caryl Férey : Je suis en immersion totale pendant 4 ans, j’ai la faiblesse de croire que je maîtrise un peu le sujet argentin.

Alix Deniger :  J’avais vraiment envie de raconter ma police, celle que j’ai vécue, de rendre hommage aux vrais hommes de terrain, à notre travail méconnu. Une douzaine d’années passées dans la lutte antiterroriste, puis le contre espionnage m’ont apporté le matériau nécessaire. Il m’a même fallu faire le tri dans la masse des souvenirs et des anecdotes de boulot.

Antoine Chainas : Quant à savoir ce que je cherche… La même chose que beaucoup de gens, je pense. Une once de vie ? Une lumière dans les ténèbres ? Un sens au tumulte ? La réponse est sans doute aussi mystérieuse pour moi que pour le lecteur.

TECHNIQUES

Frank Thilliez : Pour être un bon thriller, il faut d’abord que ce soit un bon livre : une bonne histoire, des personnages solides, avec un univers. Une fois que l’on a tous ces éléments, on peut s’intéresser à la couleur “noire” du livre, et entrer dans cette mécanique du thriller, consistant, en mon sens, à happer le lecteur, l’empêcher de respirer et l’emmener le plus loin possible en compagnie de nos personnages. Aujourd’hui, les lecteurs de polars sont de plus en plus exigeants, ils veulent des romans riches, touffus, complexes, avec des histoires qu’ils n’ont jamais vues ailleurs. Il faut donc les surprendre en permanence, se creuser la tête pour les emmener sur des territoires qu’ils ne connaissent pas. Le suspense doit être bien présent, mais il ne doit pas se suffire à lui-même : le propre du “polar”, c’est de décrire, voire d’analyser les maux d’une société, ses dérives, qu’elles soient sociales, politiques, scientifiques. Le lecteur doit ressortir de sa lecture avec de la colère, des interrogations. Pour ma part, j’essaie la plupart du temps d’intégrer cette dimension supplémentaire dans mes récits.

Michel Bussi : La narration omnisciente est un peu une figure imposée pour une histoire de traque (alterner le point de vue du fugitif et du chasseur), mais ainsi, cela aurait trop simple ou trop classique. Le regard à la première personne d’une fillette de 6 ans offre j’espère une plus-value dramatique, mais surtout, offre un contraste avec le mystère autour de son père. C’était a priori un pari de se mettre dans la tête d’une fillette, mais cela offre je crois des moments très émouvants de le livre.

Ingrid Astier : Raconter une histoire, la dérouler, voilà mon premier objectif. Je pars de ce désir et essaie de ne jamais le perdre de vue. Pour cela, je travaille longtemps le plan, je le laisse décanter pour aiguiser la nervosité de la trame. Après, j’affûte, pour me permettre de foisonner sans trahir le squelette. Passé le cap de la technicité, le polar est lieu de liberté extrême. Tous les registres s’y côtoient. On peut aller très loin dans les percées des milieux et des langages. Dans le roman policier, l’observation des gens tient de la fièvre.

George Flipo : J’avais construit une intrigue assez précise, mais arrivé à mi-parcours, je ne l’ai plus suivie, car elle s’engluait. Je l’ai modifiée en lui donnant plus de rythme, plus d’entrelacs, selon l’excellente suggestion d’une amie. Dès qu’une femme me parle, je deviens terriblement influençable, il faut que je méfie.

Fabrice Colin : J’avais un plan dès le départ et il faisait plus de 40 000 signes. Il n’y avait donc aucun risque que je m’égare en chemin. Le seul péril susceptible de menacer l’écrivain structural, c’est l’absence d’envie ou d’énergie – un problème qui ne m’a jamais menacé durant l’écriture de ce roman-ci.

DOA : J’ai une approche d’abord pragmatique et naturelle de l’écriture. Le texte doit dire ce que je souhaite qu’il dise, de la façon la plus efficace possible. Cela passe par les mots, leur sens, et le rythme des mots. La taille et la structure des phrases correspond au moment, au sujet. Mais j’ai aussi une approche plus laborieuse de l’écriture, dans un second temps. Il faut couper le superflu, garder l’essentiel, éviter les lourdeurs et les métaphores poétiques maladroites. L’art de la métaphore n’est pas donné à tous. Pas à moi en tout cas. Donc plus ça va, plus je vais à l’os et me surveille constamment.

Jacques Côté : J’aime bien déstabiliser mon lectorat et ne jamais le laisser dans une zone de confort paresseux.

Emmanuel Grand : A chaque écrivain sa méthode. Hemingway disait que si on faisait un plan détaillé, on savait où l’on allait, mais le lecteur aussi… Simplement voilà, je ne suis pas Hemingway… J’ai besoin de construire un canevas très précis pour veiller à l’équilibre du roman, au rythme de l’ensemble comme au rythme des chapitres de quelques pages, à la progression des personnages et à la montagne d’indices et de résolutions qu’on trouve dans un roman policier. C’est une matière excessivement complexe et je l’organise une bonne fois pour toute avant de commencer à écrir

Dominique Manotti : Je travaille beaucoup le style. Je corrige et reprends énormément mon écriture. D’abord le rythme. Je voudrais arriver à ce que le rythme de la langue soit totalement adapté au contenu de la phrase. Je raccourcis ou je rallonge, j’ampute ou non, pour suivre l’action, la pensée, l’échange. J’écris au présent, aussi pour des raisons de rythme.

Ensuite, je cherche à utiliser des mots simples, mais “lourds”, “pleins”, Simenon disait des “mots matière”, qui n’ont pas besoin d’adjectifs ou de comparaisons pour exister. Parfois, j’en cherche certains pendant longtemps, et ils m’arrivent comme par hasard.

Enfin, je m’impose une règle : toutes les scènes sans exception doivent faire avancer l’action. Même les scènes dites intimistes ou sentimentales.

Toute scène qui ne contient aucun élément nouveau du point de vue de la construction de l’histoire est supprimée. Le temps du roman n’est pas le temps de la réalité.
Le travail de reprise et correction est pour l’essentiel un travail de coupes, et de réarticulation.

Danielle Thiéry : Ce qui me plaît dans l’écriture d’un roman policier c’est de partir de faits réels, d’affaires criminelles traitées par moi-même ou par d’autres et d’y mêler des situations imaginaires, des personnages créés de toutes pièces, de faire évoluer le lecteur au milieu de tout cela sans qu’il puisse se rendre compte de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas. Ce que j’aime par-dessus tout c’est, quand je surprends un lecteur

INFLUENCES

Antoine Bello : J’ai mentionné tous mes romans préférés dans le livre : Le couteau sur la nuqueABC contre PoirotPoirot quitte la scènePoirot joue le jeuLa nuit qui ne finit pasLe meurtre de Roger Ackroyd. J’aurais pu ajouterMort sur le Nille Crime de l’Orient-ExpressDix petits nègresL’heure zéro et bien d’autres encore.

Dominique Sylvain : Pour moi, et en tant que lectrice, un bon roman policier c’est avant tout un bon roman. Je suis très sensible au style. À l’univers singulier du romancier. Chandler et Montalban sont mes grandes références. Mais concernant les nouveaux auteurs, j’apprécie notamment Mo Hayder parce qu’elle sait mettre en place une esthétique en quelques phrases (je pense au prologue de « Ritual »). J’aime Elmore Leonard pour sa concision et son élégance. Et pour le fait qu’il sait écrire avec autant de talent une scène de séduction très décontractée (dans « Out of Sight », la scène où la sheriff se retrouve enfermée dans le coffre de sa voiture avec l’évadé) et une scène de violence fulgurante (certains passages de « Killshot » où le tueur à gages, un Indien, digne et meurtri, est confronté à un petit blanc con comme ses pieds et ultra-violent). Je suppose qu’un bon polar, c’est un roman qui réussit à capter un instant les vibrations de son époque, mais avec subtilité et en laissant une part de liberté au lecteur. Un bon polar, c’est aussi un roman intelligent et sensible. Et dans ce domaine, Dennis Lehane me semble très doué. La façon dont il exprime la violence d’une société (et peut-être même la violence fondatrice des Etat-Unis) dans « Mystic River » est un morceau de bravoure. Il y a la grâce et la force, la compassion mais sans la mièvrerie, l’observation aiguë et de splendides bouffées oniriques. Et puis, en dehors du style, un bon polar, c’est un roman qui nous parle de nous, mais avec justesse. Je suis en train de lire « L’homme inquiet » de Henning Mankell. Le style n’a rien d’extraordinaire. Le tempo est lent. Mais Mankell réussit à me toucher. Il me parle vrai. Son intrigue est simple (contrairement aux miennes), une histoire de sous-marins russes égarés dans les eaux suédoises jadis et les répercussions de cette « invasion » aujourd’hui. Mais dans le même temps, Mankell évoque la maladie d’Alzheimer de son héros. Les pensées de Wallander flottent en eau trouble. Un parallèle dramatique et poétique très réussi.

Maud Tabachnik : J’ai davantage goûté la littérature américaine, qu’elle soit générale ou noire, à l’exception de certains auteurs européens du siècle dernier et du début du nôtre. Mais il est certain qu’en ce qui concerne mon écriture je suis plus influencée par le style d’un Block, d’un Chase, d’un Caïn, que par celui d’Agatha Christie ou de P.D. James.

Alexandra Julhiet : James Crumley, Joe Lansdale, Ken Bruen pour leur univers à la fois noir et complètement déjanté. Dennis Lehane pour son couple de détectives (même si son dernier opus, Midnight Mile, m’a déçue), Stieg Larsson parce que c’est virtuose d’arriver à captiver ses lecteurs avec une histoire aussi complexe et sur une telle longueur, les trois premiers de Mo Hayder en particulier Tokyo, et en ce qui concerne les Français Patrick Raynal (j’ai découvert ses héros niçois à l’adolescence, ils m’ont ouvert un univers de types cabossés et sympathiques), Jean-Bernard Pouy, Hugues Pagan…

Pierric Guittaut : La fille de la pluie s’inscrit dans le genre backwoods, celui des sous-bois inquiétants, où a excellé Pierre Pelot chez nous avec La Forêt muette. Le titre de mon roman est un hommage à Charles Williams, dont les trois premiers romans contenaient le mot « fille » dans leur titre en VO.

Ce que j’ai voulu, c’est surtout me démarquer du navrant 1275 âmes de Jim Thompson, ou encore des fièvres marécageuses du sud gothique. La campagne n’est pas qu’un repaire de bouseux attardés couchant avec leur soeur et collectionnant les animaux morts au fond de leur cabane, d’où mon clin d’oeil avec le lien caché entre Sébastien et Morgane en guise de contrepied.

François Lévesque  : Je crois que le genre policier se porte merveilleusement bien au Québec. Les auteurs talentueux sont nombreux, de Jacques Côté à Chrystine Brouillet en passant par Richard Ste-MarieMartin Michaud. Oui, le polar québécois se porte bien !

Alexis Ragougneau : A mes yeux, un roman policier est avant tout un roman. Je vous avoue que les classifications en catégories et sous-catégories ne m’intéressent pas beaucoup. J’aime beaucoup les univers de Daeninckx, Jonquet et Fred Vargas. Et puis je suis un grand admirateur de Simenon. D’ailleurs on pourrait dire que tous les criminels dans les romans de Simenon sont des pécheurs en quête de rédemption, et que Maigret est avant tout leur confesseur…