Libraire à l'heure du numérique

On met longtemps à devenir jeune

« Jeune senior de 59 ans, tout juste préretraitée, cherche à partager appartement proche tour Eiffel avec colocataire gai et optimiste. Profil idéal recherché : étudiant étranger voire jeune quadra en transition de vie. »

Telle est l’étonnante annonce que la pétillante Jeanne a publiée pour réaliser son voeu le plus cher : habiter près de la tour Eiffel. Mise en retraite anticipée par son employeur, fière de laisser voler de ses propres ailes son fils Léo – le seul homme de sa vie –, Jeanne est déterminée à se prouver qu’il n’y a pas d’âge pour vivre ses rêves, en se lançant dans l’aventure de la colocation.
Cette nouvelle vie, riche de surprises et de belles rencontres, pourrait bien l’amener à s’autoriser enfin à explorer des horizons qu’elle s’était jusque-là interdits

 

Vue sur la Tour Eiffel avec les mots les plus utilisés dans le livre.

 

Faisant partie de la nouvelle vague des romans « feel good » Jeanne nous preuve qu’il n’est jamais trop tard pour faire ce que l’on veut vraiment.  C’est un bon livre pour amener à la plage ou à la maison de campagne familiale. De lecture agréable, il est facile à lire.

Vous pouvez trouver d’autre livres publiés chez Michel Lafon dans notre catalogue. 

Découvrez aussi notre sélection de lectures pour l’été à moins de 4.99€

Zoom « L’été dernier à Syracuse » de Delia Ephron

Ils sont beaux, riches, américains. Ils ont décidé de partir ensemble découvrir Rome, puis Syracuse. Michael est écrivain, ancien lauréat du prix Pulitzer. Sa femme Lizzie est une journaliste en perte de vitesse. Finn est restaurateur et Taylor, son épouse, se dévoue entièrement à l’éducation de leur fille unique, Snow, une enfant énigmatique qui fait aussi partie du voyage. Tout est en place pour qu’ils passent des vacances de rêve dans des sites enchanteurs.

Mais chacun arrive avec ses secrets, ses mensonges, ses non-dits, ses désirs inassouvis. Et petit à petit, dans les ruelles de la Sicile baroque, se noue une histoire vénéneuse, où les personnages avancent à la fois masqués et aveugles.

 

 

L’été dernier à Syracuse est publié chez Michel Lafon. Vous pouvez trouver leur nouveautés dans notre catalogue en faisant clic sur le lien, ou bien aller directement au livre en faisant clic sur la couverture. Comme petit cadeau, nous vous présentons Lo Scoglio fait par les mots plus courants du livre:

 

Aussi, nous vous invitons à vous transporter à l’Italie noire. Visitez, en plus de Syracuse, d’autres villes avec les auteurs de roman noir publiés par les éditions Métailié.

 Vénétie

 Naples

 Milan

 

Finalement, n’hésitez pas à visiter notre section de littérature italienne.

 

Bonus

Et voici quelques phrases du livre que nous vous partageons:

** « Avec les années (treize qu’on se connaît, huit qu’on est mariés), j’ai fini par savoir qu’il ne faut jamais engager les hostilités le soir »

** « J’étais ému à l’idée que chaque existence, au fond, est tellement insignifiante alors qu’on passe son temps à s’agiter à propos d’un tas de trucs. »

** « […] nous aimons, lui et moi, être seuls avec nos réflexions six heures par jour. On appelle ça « vivre dans notre tête ». Le problème, c’était que je ne vivais plus dans ma tête : il ne s’y passait plus rien. »

**  » Il sait profiter de l’instant. Au fond, il se peut que ce soit le plus beau don, celui qui vieillit le mieux – mieux que d’être un intellectuel. »

** « Dans ce parc, la vie, la mort et l’art se disputaient l’espace et nos faveurs. »

** « «Ton père à décidé de se ridiculiser». »

** « – Je suis extrêmement sensible aux odeurs de tabac. Je pourrais me faire embaucher comme chien policier.
       – Fumer n’est pas illégal.
       – C’est bien dommage. »

 

PM

Thriller, policier et roman noir du A au Z

Nous vous présentons un alphabet du roman noir, policière et thriller. Pour voir le livre qui se cache derrière chaque définition, cliquez sur le mot en caractères gras. 

 

Assassin:
Personne qui commet un homicide avec préméditation. 

Balle:
Projectile des armes à feux portatives.

Corps:
La partie matérielle d’un être.

Délit:
Infraction d’une gravité intermédiaire entre la contravention et le crime.

Enquête:
Étude d’une question faite en réunissant des témoignages et des expériences.

Fuite:
Action de chercher à se dérober, à se soustraire à quelque chose de pénible, de dangereux : On lui reproche sa fuite devant ses responsabilités.

Gants:
Objet fait de peau, d’étoffe ou de tout autre matériau qui épouse la forme de la main et des doigts et qui est utilisé comme accessoire de l’habillement ou comme protection dans diverses activités.

Homicide:
Qui sert à tuer ou qui manifeste la volonté de tuer.

Inspecteur:
Celui qui est chargé d’inspecter, de surveiller, de contrôler quelque chose

Juge:
Magistrat chargé de rendre des jugements

Kilo:
Unité de mesure de masse, équivalant à la masse du prototype déposé à Paris

Lieu:
Situation spatiale de quelque chose, de quelqu’un permettant de le localiser, de déterminer une direction, une trajectoire.

Mensonge:
Fait de mentir, de ne pas dire la vérité

Nuit:
Période obscure entre le coucher et le lever du soleil

Obscurité:
Absence de lumière, état de ce qui est obscur. Manque de clarté, d’intelligibilité.

Policier:
Qui relève de la police, du maintien de l’ordre, de la force publique.

Qui:
sujet ou complément dans une relative indéfinie.

Rôder:
Errer, aller et venir dans un lieu avec une intention hostile ou suspecte.

Sang:
un liquide organique mis en mouvement, aspiré et refoulé, par le coeur et qui circule dans toutes les artères, les veines et les capillaires.

Trafic:
Ensemble des transports de marchandises ou de voyageurs, ou des circulations de véhicules ou de bâtiments, qui s’effectuent, pendant une durée définie (jour, mois, année), sur une voie de communication ou sur l’ensemble des voies d’un territoire.

Urgence:
Caractère de ce qui est urgent, de ce qui ne souffre aucun retard.

Violation:
Action de transgresser une règle, la loi, un accord. Action de pénétrer de force dans un lieu.

Whisky:
Eau-de-vie de grains fortement alcoolisée originaire d’Écosse, qui provient de la distillation des moûts bien fermentés, résultant de la saccharification de céréales (orge, seigle, avoine, maïs) au moyen de malt.

Xénophobie:
Hostilité manifestée à l’égard des étrangers, de ce qui est étranger.

Yeux:
Organe pair de la vue, formé, chez les mammifères, du globe oculaire et de ses annexes (paupières, cils, glandes lacrymales, etc.).

Zone:
Étendue de terrain, espace d’une région, d’une ville, d’un pays, etc., définis par certaines caractéristiques.

On vous invite aussi à vous balader dans notre section de Policiers & Mystères en faisant clic sur l’image:

Présentation du livre « Before I fall »

Cette fois nous vous présentons un ouvrage pour la jeunesse. Ecrit par Laurent Oliver, « Before I fall. Le dernier jour de ma vie » a été adapté au cinéma.

Samantha Kingstone a tout pour elle : le petit copain le plus craquant du monde, trois meilleures amies géniales, et une cote de popularité illimitée. Ce vendredi de février aurait donc dû être un jour parfait dans une vie parfaite. Pourtant ce vendredi de février est le dernier pour Sam. Ou le premier ?

Un avant goût avec un nuage de mots faites avec celles le plus utilisées dans le roman:

Si vous êtes curieux pour télécharger un extrait, il vous suffit de faire clic sur la couverture, puis sur « télécharger un extrait ».

Nous vous partageons également la bande annonce du film et nous vous invitons à (re)découvrir notre section « Roman/Jeune adulte »

 

Interview de Julien Lapeyre de Cabanes, traducteur du livre Le silence même n’est plus à toi de Aslı Erdoğan

Nous vous proposons aujourd’hui un focus sur Le silence même n’est plus à toi de la romancière turque Aslı Erdoğan avec en prime une interview de Julien Lapeyre de Cabanes, le traducteur de ce livre. 

Nous imaginons qu’au moment de l’emprisonnement dans la prison de Bakırköy à Istanbul de la romancière turque Aslı Erdoğan, accusée de propagande pour l’organisation kurde du PKK, vous étiez en train de travailler à la traduction du livre Le silence même n’est plus à toi, publié chez Actes Sud ce janvier à la rentrée littéraire d’hiver. Comment avez-vous suivi ces événements ?

En réalité, la traduction du livre a commencé fin septembre, quand l’éditeur d’Aslı Erdoğan en France, Timour Muhidine, m’a parlé de ce projet : il s’agissait de traduire ces chroniques, qui étaient interdites de publication en Turquie, précisément pour aider Aslı, en faisant entendre sa voix, et en attirant l’attention de l’opinion sur son emprisonnement injuste, en France et en Europe. Dès que j’ai accepté, j’ai donc eu l’impression d’être, en tant que traducteur, pour ainsi dire une sorte d’ambassadeur d’une écrivaine réduite au silence. Nous étions tous très attentifs, pendant et après la traduction, à ce qu’il arrivait à Aslı Erdoğan en prison, et bien sûr à l’issue de son procès qui s’ouvrait en décembre.

Qu’est-ce que cela signifie de traduire un livre turc interdit en Turquie ?

C’est une expérience tout à fait étrange, qui dépasse le cadre de la traduction et de la littérature en général. Les mots que l’on traduit prennent un sens d’autant plus important, et l’on redécouvre — quelque chose qu’en Europe nous avons un peu oublié — le caractère subversif de l’écrit. Et puis, les textes étant interdits de publication en Turquie, leur traduction en français devenait la première édition, dans l’absolu, sous forme de livre. Ce qui est une responsabilité supplémentaire, une fierté si l’on veut, mais qui incite aussi à beaucoup d’humilité.

Les déclarations d’Aslı Erdoğan après sa libération ont-elle influencé en quelque façon votre travail ?

Le travail, de traduction et d’édition, était alors déjà fini, mais ce qui m’a frappé, et enthousiasmé, c’est qu’Aslı Erdoğan n’a pas attendu longtemps pour reprendre, avec beaucoup de courage, ses critiques contre l’État turc. Elle n’a absolument pas renoncé, malgré la prison et l’énorme pression qui pèse sur ses épaules, à son engagement pour la liberté et les droits de l’Homme.

Quelles sont les spécificités de l’écriture de la romancière et comment avez-vous décidé de les rendre ?

Dans ces chroniques, Aslı Erdoğan fait preuve de ce que j’appellerais un « lyrisme noir ». C’est une langue très obsessionnelle, des mots qui reviennent, par vagues, cycles, et créent une sorte de transe poétique dans laquelle la critique avance, non pas systématiquement, mais par élans, auxquels succèdent des silences, des bribes. Il y a une lutte permanente entre le néant et la lumière, le désespoir et l’espérance. Les mots « silence », « ombre », « lambeaux », « cri », « nuit », « mort », mais aussi « homme », « existence », « vie », reviennent ainsi sans cesse dans le texte… Or en traduction comme en écriture, et cela est très « français », on nous apprend que la répétition est un défaut ! Mais ici, je devais entrer dans cette langue et rendre son côté obsessionnel. J’ai pensé, face à ces textes, que nous n’étions pas ou plus habitués, en Europe occidentale, à un tel lyrisme, surtout quand il s’agit de critique politique et sociale. C’est à la fois « frais » et étrange, et ça n’a rien à voir avec les chroniques journalistiques auxquelles nous sommes habitués. Tant mieux !

Lorsque vous avez commencé à traduire Le silence même n’est plus à toi, avez-vous rencontré des obstacles ou des difficultés particulières ?

Non, hormis comme je l’ai dit, qu’il fallait trouver les mots justes pour rendre le souffle d’Aslı Erdoğan, et la poésie de ses images. Le texte étant tissé de références, à l’actualité et à l’histoire turques, et à d’autres écrivains (Seféris, Kafka, Rilke, Vallejo, etc.), j’ai dû aussi beaucoup lire et me documenter, parfois traduire, pour être au plus près du « terreau » de l’écriture d’Aslı Erdoğan.

Parmi les vingt-neuf chroniques présentes à l’intérieur du livre, quel texte vous a le plus ému ?

Est-ce que j’ai été ému ? Oui, même si l’aspect concret, voire technique de la traduction, m’a forcé à m’abstraire de l’émotion, dont ces textes débordent. Je dirais que le texte « La caravane d’estropiés », qui parle de la torture, m’a le plus touché. En règle générale, c’était une traduction intense, émouvante oui.

Vous êtes la personne qui a permis au public français de lire ce livre : quel est votre sentiment à ce propos ?

D’abord, il faut citer Timour Muhidine, qui est à l’origine du projet d’édition de ce livre et qui s’est battu pour qu’il se réalise, puis l’agent d’Aslı Erdoğan, Pierre Astier, les éditeurs d’Actes Sud et tous ceux qui, en Turquie, ont rendu cela possible : son avocat, son éditeur turc, Aslı elle-même. Je ne suis qu’un maillon de la chaîne ! J’espère surtout que j’ai bien fait mon travail de traducteur, et j’espère continuer à le faire bien…

Le jeudi 19 janvier, à la Bibliothèque du Centre Pompidou, a eu lieu une soirée consacrée à la romancière et à son œuvre : pourriez-vous nous raconter en grandes lignes les impressions que cette rencontre vous a laissé ?

Il y a eu la projection d’un portrait d’Aslı filmé par Osman Okkan, un réalisateur turc qui vit à Cologne, puis une lecture des textes, une discussion et des questions. J’ai senti le public très intéressé, curieux et solidaire. Bien sûr, les questions ont dérivé vers la politique et il a été finalement davantage question d’Erdoğan le président que d’Aslı la romancière. Mais c’est normal, et sain : la littérature a aussi vocation à nous faire réfléchir sur la réalité politique et sociale, et qu’une écrivaine devienne le symbole d’une lutte pour la liberté et la vérité ne peut que donner du souffle à cette lutte, car on s’enthousiasme mieux pour une artiste que pour un homme politique ! Aslı Erdoğan est devenue une des incarnations de cette lutte universelle, et il faut un courage immense pour endosser cette responsabilité-là. J’ai beaucoup de respect pour cette femme, à tous points de vue.

Parlons de littérature turque : quels titres conseillerez-vous aux lecteurs néophytes de cette littérature souvent méconnue ?

La littérature turque est très riche, complexe, inventive, et malheureusement encore méconnue, c’est vrai, mais cela change ! J’ai beaucoup aimé Yachar Kemal, dont j’ai traduit un petit livre, On a vidé la mer (Galaade, 2016), j’adore Sait Faik, L’homme désœuvré de Yusuf Atılgan (Actes Sud), Tezer Özlü, Vüs’at O. Bener (encore non traduit en français), le poète Nazîm Hikmet bien sûr, et d’autres jeunes auteurs qui bientôt seront publiés en France dans une superbe anthologie sur l’Underground d’Istanbul. La littérature turque est un magnifique miroir de l’Europe, à la fois proche de nous et étranger. C’est difficile de résumer et de hiérarchiser les auteurs, il faut lire et se faire son idée !

Vous êtes traducteur mais aussi écrivain, et votre premier roman va bientôt sortir en librairie : pourriez-vous nous parler de ce livre ?

Mon roman s’appelle La Halle, à paraître le 2 mars aux éditions de la Différence. C’est un roman, je dirais « une fable », qu’il m’est difficile de résumer. Là aussi, il faut lire ! J’aimerais dire que pour moi, l’écriture et la traduction sont des choses complètement différentes, même si bien sûr il y a des ponts de l’un à l’autre. J’ai écrit avant de traduire, et j’écris mille fois plus que je ne traduis. Pour moi l’écriture est essentielle, quand la traduction n’est qu’un « métier », très beau certes, mais incomparablement moins difficile et exaltant que l’écriture. Je ne mets pas les deux choses sur le même plan : la traduction, c’est de la « culture », l’écriture, de la création. Pour moi c’est très clair : je pourrais vivre sans traduire, pas sans écrire. Cela dit, je me souhaite de pouvoir faire les deux le plus longtemps possible !

 

Julien2