Le blog est en pause vacances 15 jours
Durant les 15 jours de pause vacances de ce blog, nous vous proposons de lire ou relire 18 billets significatifs du travail accompli cette année.
Durant les 15 jours de pause vacances de ce blog, nous vous proposons de lire ou relire 18 billets significatifs du travail accompli cette année.
Le blog est en pause vacances 15 jours. Nous vous proposons durant ce laps de temps de lire ou relire les interviews publiées depuis le début de l’année.
Cliquez sur la photographie de l’auteur pour accéder à l’interview. Cliquez sur la couverture pour accéder à la notice de téléchargement du livre.
Paralysée par son propre génie, asociable, trop originale et trop angoissée pour la petite ville où elle a atterri, Bernadette se sent de plus en plus enfermée. Alors elle fuit Seattle et ses mères de famille proprettes jamais à court de muffins, son mari gourou chez Microsoft dont l’esprit trop cartésien ne parvient plus à la comprendre, et son passé glorieux d’architecte visionnaire montée trop haut trop vite et que la chute a laissée bancale. Télécharger Bernadette a disparu.
Au départ, Bernadette a disparu était un roman à la première personne raconté par Bernadette. Mais au bout d’une vingtaine de pages, son apitoiement, sa grandiloquence, sa paralysie sociale étaient de trop. Je ne pouvais plus continuer le roman de cette façon. Donc j’ai tout recommencé à la troisième personne. Mais je me suis rendu compte que je ne pouvais pas me mettre vraiment dans la tête de Bernadette. Et puis, un jour alors que je marchais, il m’est apparu que Bernadette devait avoir une assistante personnelle qui faisait les courses pour elle. Mais puisque Bernadette est agoraphobe, l’assistante serait virtuelle. Dès que j’ai écrit ce premier e-mail de Bernadette à son assistante, il y a eu comme un craquement sur la page. J’ai alors réalisé que je pourrais raconter toute l’histoire sous forme épistolaire. Lire l’interview.
Sur mes brizées ( 8 mars 2013)
Original sur le fond et la forme, « Bernadette a disparu » est une comédie familiale (et sociale) rudement bien menée : une chouette réussite !
Enfin livre! (23 janvier 2013)
Scénariste pour la télévision américaine, Maria Semple offre, avec ce deuxième roman très inventif, plein d’humour, une comédie familiale tendre et loufoque, peuplée de personnages attachants et rythmée par de multiples rebondissements.
Début des années 1980 à Dijon. Un étudiant destiné à un avenir confortable de juriste rencontre une jeune punk et en tombe amoureux. L’abandon du mâle en milieu hostile est le journal de ce narrateur, faisant l’apprentissage de l’amour, de la vie, et de la perte tragique des illusions. Télécharger L’abandon du mâle en milieu hostile.
L’action de ce roman se déroule entre le fin des années 70 et le début des années 80 parce qu’il me semble que cette période marque un basculement, qui sera achevé avec la chute du Mur de Berlin : le passage vers une société sans idéaux. A cette époque se répandent les valeurs de réussite individuelle, et l’adjectif « collectif » tombe en désuétude, assimilé souvent à « communisme ». La société du spectacle et le consumérisme se développent à très grande vitesse (d’ailleurs, on inaugure le TGV…)
Voilà pour le factuel.
Quant à savoir si je déplore, à titre personnel, cette évolution, eh bien la réponse est oui. L’humain est un animal social, aussi est-ce le « vivre ensemble » (du mieux possible) qui devrait être notre principale préoccupation, et celle, bien sûr, de nos représentants et élus. Ce n’est hélas pas le cas, même si un frémissement paraît de nouveau traverser notre inéquitable société. Lire l’interview.
Extrait du roman : Notre sexualité n’avait pas viré sadomasochiste, mais il t’arrivait de temps à autre de vouloir que je te domine. La fois où, anticipant ton désir, je t’avais jetée sur le lit et attachée aux montants, tu avais joui comme jamais. Je me demandais parfois si tu faisais une réaction à cette célébrité qui te nimbait progressivement. À mesure que tu gagnais en visibilité médiatique, avais-tu besoin d’expier en te rabaissant ? Dans la rue, les regards des passants se faisaient appuyés ; certains osaient t’aborder pour te féliciter (c’était comme s’ils me félicitaient moi aussi). Les articles se multipliaient, comme les invitations officielles dans toute la Bourgogne, de la foire au vin (pas ce qui manque dans la région) au vernissage d’une gloire locale. Ta première dédicace dijonnaise fut un triomphe, à tel point que l’imprévoyant libraire se retrouva en rupture de stock en à peine deux heures. Sans doute habitué à recevoir les auteurs de L’Histoire de Dijon à travers les cartes postales ou de l’Anthologie de la cuisine bourguignonne, il n’avait pas anticipé. Je médis, certes, car il t’avoua que même Michel Tournier, qui venait de sortir un Gilles et Jeanne que tu avais particulièrement goûté, même Jean Échenoz, tout frais prix Médicis, n’avaient pas vendu autant que toi. Il faut dire que mon père avait rameuté tout ce que la ville comptait de notables de droite (redondance ?) et que Le Bien public t’avait pour l’occasion consacré une double page, portrait et interview.
L’Humanité (16 mars 2013)
Erwan Larher tire magistralement les fils de son intrigue, véritable tableau d’époque, de sa perte d’idéal et de sa pulsion destructrice.
Moi, Clara et les mots (12 janvier 2013)
Incontestablement, le nouveau roman d’Erwan Larher est bon. Très bon.
Un écrivain célèbre dont le dernier roman vient d’être distingué par l’International Book Prize accepte de se prêter au jeu d’une émission de téléréalité qui le suit pendant qu’il écrit et qui propose aux téléspectateurs d’intervenir sur l’histoire de son livre en cours. Télécharger Un écrivain, un vrai.
L’écrivain doit désormais être populaire, savoir plaire, émouvoir. Mais que deviendra le monde si plus personne ne remet en cause la vérité énoncée, si plus personne ne peut dire non, si plus personne ne pense contre ? Dire non n’est jamais simple, c’est s’attirer les ennuis, l’hostilité des uns et des autres, c’est affronter l’impopularité. Lire l’interview.
Extrait du roman : Le roman doit être annoncé comme un roman participatif. Les téléspectateurs voteront comme sur les réseaux sociaux, j’aime, je partage.
Gary demanda. Et ceux qui n’aiment pas ? Il n’y a pas de bouton pour eux ?
On ne veut pas savoir. On aime ou on se tait.
Mais si l’on n’a que la possibilité de voter j’aime, ce n’est plus un vote.
Voter j’aime pas est négatif. On n’a pas besoin d’esprit négatif. Il faut être positif. Les votes des téléspectateurs seront pris en compte et ils pourront apprécier le résultat dans un feuilleton télévisé, tourné tous les jours et qui durera une demi-heure. Une équipe de scénaristes travaillera dessus quotidiennement, en fonction de votre roman et de vos notes, vous écrivez, vous filez les chapitres aux scénaristes et eux s’occupent de les transposer à l’écran. On lira votre roman par l’image. C’est magnifique, non ? Les lecteurs n’auront même plus besoin de l’objet livre.
Biblioblog (21 janvier 2013)
Pia Petersen utilise une très habile construction pour rendre son intrigue addictive.
Cathulu (21 janvier 2013)
Pia Petersen sonde les coeurs et les reins de ses personnages, dont aucun n’est vraiment sympathique, avec acuité et pertinence.
Gabriel Rivages mêle ici son destin à celui de Richard Brautigan. Il part à la rencontre de l’écrivain qui a changé sa vie. Sur les traces de celui qu’on a surnommé le dernier des beatniks, Rivages arpente à nouveau la côte ouest américaine. Télécharger Mayonnaise.
J’avais envie de rendre compte de la manière avec laquelle on construit un savoir. Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on ne le découvre pas de manière chronologique. On apprend par petites touches. On discute de tout et de rien. C’est par bribes qu’une image se construit, qu’on fait connaissance. Ce processus est à l’œuvre dans toute tentative de compréhension, qu’il s’agisse d’un individu, d’une science, du monde… C’est ce processus qui m’intéresse ici, sa mise en scène. La chronologie est une reconstruction, un jeu de l’imaginaire que j’ai envie d’offrir au lecteur. Dans mes trois premiers romans, j’espère lui avoir laissé beaucoup d’espace, une grande liberté. Lire l’interview.
Extrait du roman : Trout Fishing in America est publié en 1969. La couverture de l’édition originale arbore une photo de Richard Brautigan et d’une jeune femme assise à ses pieds sur un petit banc. La version française est publiée cinq ans plus tard chez Christian Bourgois, La pêche à la truite en Amérique. Si dans cette édition la photo n’est pas sur la couverture, elle est dans les premières pages du livre. C’est comme ça pour nombre d’éditions. Cette photo, c’est le début du roman. Derrière les deux personnages, on voit des arbres et une statue de Benjamin Franklin. La jeune femme porte un ruban dans les cheveux et de petites lunettes rondes qui rappellent les années folles ou plutôt un vieux western américain. Brautigan ressemble d’ailleurs à un cow-boy avec son chapeau, son gilet à pointes, son jeans et sa gabardine. Bon, d’accord, la chemise à fleurs psychédéliques et les pendentifs bouddhistes, ça le fait moins. Ça plante pourtant bien le décor : San Francisco, la fin des sixties, le dernier des beatniks.
Un festival culturel rassemble pendant huit jours en Inde quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas. Une surprise attend chacun d’eux et les confronte avec leur passé. Cette semaine bouleverse leur vie. De Delhi à Kovalam, dans le Sud, ils voyagent dans une Inde sur le qui-vive où, juste un an après les attentats de Bombay, se fait partout sentir la menace terroriste. Télécharger Indigo.
Mes premiers personnages ont été Roland et Jagdish. Roland peut paraître comme la caricature de l’intellectuel parisien de Saint-Germain des Prés mais ce n’est pas ainsi que je l’ai conçu. Je l’ai vu comme le type de l’homme sur lequel tout glisse, qui vit en harmonie avec le monde, qui ne se laisse jamais décontenancer et qui charme tout le monde: l’opposé de moi. C’est un personnage que j’envie. Il a d’ailleurs un effet fort sur mes lecteurs, qui ont soit envie de le gifler, soit de lui tomber dans les bras. Homme à femmes, bien sûr: il vit une aventure érotique avec une Indienne alors qu’il attend sa compagne à l’aéroport; quand celle-ci lui annonce qu’elle est enceinte, il n’a de cesse de la convaincre d’avorter, tout en ayant un rendez-vous secret avec l’Indienne qui fut son grand amour vingt-cinq ans plus tôt… Roland ne culpabilise jamais; tout est possible pour lui. Face à lui, Jagdith, le jeune Indien converti à l’Islam qui hait les États-Unis, est le type du radical; l’attentat terroriste auquel je pensais au départ devait être organisé par lui. Raphaël, le troisième homme, le beau ténébreux, est très différent de Roland, beaucoup plus sombre et taiseux, mais très sûr de lui et plein de certitudes.
Tandis que mes femmes, Charlotte, la cinéaste de New York, qui me ressemble et Géraldine, la jeune directrice de l’Alliance française de Trivandrum mariée à un Indien, sont habitées par le doute, l’angoisse, la culpabilité. Renata représente un autre type de femme, plus entier et plus fort, la seule à pouvoir faire face à Roland, sans doute. Le roman opère un chassé-croisé entre les hommes et les femmes: ces dernières apprennent la légèreté avec plus ou moins de succès, et les hommes, la pesanteur au sens littéral: Raphaël y laisse presque sa peau, et Roland se retrouve dans la position de l’arroseur arrosé. Lire l’interview.
Extrait du roman : Elle avait une sensation d’extraordinaire succès, comme après avoir réussi un concours. Elle s’était rarement sentie aussi forte et vibrante de vie. Elle venait de livrer ce qu’elle avait de plus intime à un étranger qui avait reçu avec délicatesse ce secret aussi fragile qu’un vase en verre soufflé.Ils ne se reparlèrent pas. Après avoir fumé une cigarette en solitaire, Raphaël alla s’asseoir à la table des Français, tandis qu’elle saluait les invités qui partaient, passant de table en table et s’asseyant parfois. Il fut bientôt onze heures et demie. La soirée s’achevait. Les serveurs avaient débarrassé le buffet. Manon fut rejointe par quelques amis qui venaient d’arriver. Géraldine les reconnut : c’étaient des amis d’Imtiaz, des guitaristes qu’il avait présentés à Manon. Les cadavres de bouteilles bues par les Français s’accumulaient sur la table et les rires ne cessaient de fuser. La compagne de Roland Weinberg se leva la première pour rentrer à l’hôtel. Roland n’ayant pas envie de quitter une tablée si joyeuse, Charlotte Greene proposa à l’Italienne de l’accompagner. Il était minuit et demi et tout le monde était parti, sauf les Français. Weinberg échangeait des blagues avec Jaggdish. Géraldine s’assit à leur table à côté d’Éleuthère, qui parlait avec Manon. Elle n’était plus jalouse.
L’Ivre de lire (27 janvier 2013)
Une immense réussite, exigeante par ailleurs, tant le piège est tendu à chaque page au lecteur de se perdre à son tour dans ce jeu de miroirs, comme ces labyrinthes de fêtes foraines. Une vraie réussite.
L’Express (16 janvier 2013)
Décidément, qu’elle soit dans l’autofiction (La Haine de la famille, Confessions d’une radine, New York journal d’un cycle) ou dans un romanesque plus catégorique (Le Problème avec Jane, Un brillant avenir), Catherine Cusset sait lier la virtuosité et l’émotion.
Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins. Cécile Duffaut, 47 ans, revient d’un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef-d’entreprise. La place à côté d’elle est libre. S’y installe, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Télécharger 06h41.
Nous passons surtout à côté des autres quand nous sommes centrés sur nous-même, sur notre cellule familiale ou amicale. C’est important, cette cellule, c’est un filet sentimental qui empêche la chute, mais elle ne doit pas devenir un cocon étouffant. Dans ce train de 06h41, mes personnages, pendant une heure et demie, sont extraits de leur milieu et sont pris en charge par la SNCF. Dans un train, le temps des voyageurs s’arrête. C’est là que les souvenirs peuvent remonter et que les rencontres peuvent s’amorcer…ou pas. Lire l’interview.
Extrait du roman : Cécile Duffaut, quand elle se regarde dans une glace, le reflet doit être quand même plus encourageant. Quand nous sortions ensemble, je suis persuadé que tout le monde nous imaginait plus tard, elle en vieille fille acariâtre, et moi en mari volage, trois fois divorcé mais toujours en pleine forme. C’est impressionnant à quel point on ne sait rien. Quand j’étais avec Cécile Duffaut, je. Rien que de prononcer ça : « Quand j’étais avec Cécile Duffaut », c’est bizarre.
Je devrais me présenter. C’est ridicule.
Tiens, voilà le contrôleur.
Les chroniques de Koryfée (28 février 2013)
C’est un voyage sublime que Jean-Philippe Blondel nous invite à faire sur les rails de ses mots.
Biblioblog ( 7 février 2013)
…j’ai replongé encore une fois avec délice dans l’univers très humain de Jean-Philippe Blondel et j’en suis heureuse.
Lorsque Tom et Abby finissent par se résigner à organiser des funérailles, leur fille Caitlin a disparu depuis quatre ans déjà. Elle aurait eu seize ans. Le lendemain de la cérémonie, Caitlin est retrouvée par la police. Télécharger Fleur de cimetière.
Tom est un personnage compliqué. Savoir ce qui est arrivé à sa fille l’obsède. Il ne peut pas vivre dans le doute, et sa recherche de la vérité passe parfois avant des préoccupations plus matérielles ou plus raisonnables. Je n’aime pas écrire sur des gens parfaits. Personne n’est parfait, et les personnages des livres devraient avoir autant de défauts et de faiblesses que des vraies personnes. Lire l’interview.
Extrait du roman : Je suis retourné chez moi dans un état d’hébétude.
Cette fille – blonde, mince, vive – ressemblait comme deux gouttes d’eau à Caitlin, et je l’avais aperçue à l’endroit même où ma fille avait disparu. Elle m’avait paru plus jeune que Caitlin n’aurait dû en avoir l’air après quatre ans d’absence.
Mais s’il s’agissait bien de Caitlin, s’il s’agissait bien de ma fille, pourquoi s’était-elle sauvée en me voyant ? Pourquoi était-elle partie dès que nos regards s’étaient croisés ?
Le soleil atteignait son zénith, et la sueur me démangeait la peau comme un million de petites bêtes. J’ai déboutonné ma chemise, mains tremblantes et malhabiles, puis l’ai enlevée. J’ai parcouru le reste du chemin dans mon tee-shirt trempé et collant.
Blue Moon (29 janvier 2013)
Il faut souligner cette écriture vibrante, toujours sur le fil du rasoir qui nous prend à la gorge.
Fin des années 1970. 48 heures à San Salvador, en pleine guerre civile. Une femme de ménage part à la recherche d’un jeune couple disparu et croise sur son chemin une vieille connaissance, ancien catcheur devenu flic et tortionnaire. Télécharger La servante et le catcheur.
Ce n’est pas la guerre, c’est la terreur : les cadavres torturés dans la rue, les disparitions, une répression sanglante, les premiers combats urbains. San Salvador était comme ça en 1980. L’air qu’on respirait était rendu compact par la terreur, la terreur imprégnait tout. Cette sensation de terreur, c’est ce qui est à l’origine du roman. Lire l’interview.
Extrait du roman : Juste avant d’arriver au coin de la poste, le Viking entend le premier sifflement moqueur. Ça y est, ils sont repérés. Ensuite quelqu’un crie : “Sales flics de merde !”
– Qu’est-ce qu’on fait ? demande Altamirano.
Il faudrait qu’ils ouvrent le feu sur ceux qui tiennent le barrage qui ferme l’avenue.
“Nous n’oublierons jamais le sang versé, nos martyrs seront vengés !” leur crie-t-on, presque dans la jeep.
– Allons-nous-en, on va se faire lyncher, murmure Altamirano.
Le Chicharrón manœuvre pour prendre à droite en direction de la rue Arce.
Le Viking aperçoit les centaines de personnes rassemblées sur la place Barrios, devant la cathédrale.
Un autre groupe a fermé la Première Avenue avec un barrage de pneus, un pâté de maisons plus loin.
Tous les trois regardent devant eux : les voitures filent rapidement dans la rue Arce, essayant de fuir le centre-ville avant que les émeutes ne s’étendent.
– Maintenant, dit le Chicharrón qui accélère à fond en passant devant la barricade.
– À toi, Altamirano ! crie le Viking.
Le Viking tire trois fois en direction du type avec une casquette rouge qui semble le chef ; Altamirano vide son chargeur en poussant des cris euphoriques.
L’Accoudoir ( 5 février 2013)
Avec peu de moyens, Horacio Castellanos Moya relate la folie d’un Salvador saigné par la guerre civile à la fin des années 1970.
Le Monde (31 janvier 2013)
Moya lâche Œdipe en plein San Salvador. Les enfants de ce roman ne savent jamais qui sont leurs pères. Et quand ils prennent les armes, ils ne savent jamais exactement sur qui ils tirent.
Tueur à gages. Un métier que Calum MacLean, tout juste vingt-neuf ans, prend très au sérieux. Ce qui fait de lui un pro, c’est son perfectionnisme. Une préparation prudente et minutieuse est essentielle à ses yeux. Télécharger Il faut tuer Lewis Winter.
Dans un sens, c’est l’histoire d’un tueur qui se comporte comme un travailleur lambda. Calum ainsi que Frank ont pu se défaire de la moralité de leur activité. Pour eux c’est un emploi, et ils considèrent les conséquences de ce boulot de la même façon qu’un employé avec un job « normal ». Ils sont conscients des questions morales de leur activité, ils sont trop futés pour ne pas en être conscients, mais ils ont la capacité de prendre du recul, d’en faire quelque chose de totalement impersonnel. C’est de l’argent, du confort, et de la sécurité, ce qui importe pour la plupart des gens. Lire l’interview.
Extrait du roman : Comme Winter n’a plus rien à faire de la journée, il rentre chez lui. Il n’a pas l’air d’un homme enthousiasmé par une nouvelle opportunité. On dirait que tout l’accable, qu’il n’est pas du tout convaincu. Il n’est peut-être pas encore sûr des gains potentiels. Ou il ne veut pas y croire jusqu’à ce que rien ne puisse dérailler. Il a tant d’échecs derrière lui que c’est le plus vraisemblable. On comprend qu’il soit prudent. Il arrive chez lui et disparaît à l’intérieur. Calum s’installe dehors en espérant voir le couple sortir dans deux heures. S’il vous plaît, sortez. Soûlez-vous. Faites-le tous les soirs. Soyez de ceux qui ne trouvent d’amusement que dans l’alcool. C’est la garantie d’un travail facile.
Le Huffington post (28 février 2013)
Une perle du genre qui a su emprunter sa quintessence aux grands classiques de la littérature noire et entre autre ses durs à cuire mythiques. Une narration composée de brèves phrases caustiques et acerbes, où l’hyper réalité des faits glace le sang.
Les lectures de l’oncle Paul ( 8 janvier 2013)
Un livre prenant, à la tonalité scandée, slamée pour utiliser un mot à la mode, différente et distanciée.
Le monde de Jessica s’effondre le jour où son mari, Alexandre Leroy, mathématicien franco-américain de renommée internationale, se tire une balle dans la tête. Comment a-t-il pu la trahir aussi lâchement, décevoir leurs deux fils, détruire ce bonheur qu’ils ont mis trente ans à construire ? L’acte est d’autant plus incompréhensible qu’il ne ressemble pas à l’homme qu’elle a connu. Télécharger Le silence.
Ma formation scientifique me sert et me dessert. Elle m’entrave par mon penchant pour une forme de rationalité, d’explicitation. Un goût du détail. Mais elle m’est utile dans l’élaboration de structures de narration. En fait, j’essaie de jongler entre ces deux « tempéraments » d’écrivain. Au départ, je pose les choses le plus clairement possible. Et puis je les laisse s’emmêler, creuser des zones d’ombres que j’abandonne au travail du lecteur. Retrouver une complexité plus proche du vivant. Développer le non dit. Quand cela se passe bien, quelque chose de supérieur à la conception que j’avais initialement en tête guide l’écriture. Cependant, dans l’économie de moyens, ce que je voudrais être un dépouillement sans sécheresse, je retrouve une posture mentale et esthétique qui renvoie à une forme de rigueur. J’essaie d’avancer en me défiant de mes croyances. Lire l’interview.
Extrait du roman : À partir d’Argenton-sur-Creuse, la grande plaine qui s’étend depuis Paris cesse d’être monotone. Par moments, la route plonge dans le creux d’une vallée. Les ruines d’une forteresse veillant aux marches du Limousin surgissent, perchées sur un piton. Lewis regarde dans un silence né de la surprise. Jessica est heureuse. Jamais elle n’avait imaginé se retrouver avec son fils, un matin de mai, à l’embarquement du Chicago O’Hare International Airport. Entreprendre avec lui ce voyage en France.
La Cause Littéraire (10 avril 2013)
Élégance palpitante et rare ; une épure de vie, que ce livre ; une histoire, certes, mais, tellement plus encore, pour nous qui la lisons.
Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour l’occasion. S’ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément l’émotion éprouvée par sa mère, alors qu’elle assemblait les couches de génoise et de crème. Sous la douceur la plus exquise, Rose perçoit le désespoir. Télécharger La singulière tristesse du gâteau au citron.
Ce qui me plaît lorsque j’écris, c’est la surprise, mais cela signifie que je me promène BEAUCOUP autour de mon sujet. Avec ce roman, je n’avais aucune idée de la direction que je prenais, et au milieu du roman j’ai senti que le frère avait un rôle plus important, puis il est devenu aussi important que Rose. Cela m’a surprise mais cela semblait être la bonne chose à faire. Lire l’interview.
Extrait du roman : La qualité des ingrédients – le bon chocolat, les citrons bien frais – semblait cacher quelque chose de plus important et de plus sombre, et cet arrière-goût commençait à remonter à la surface. Je sentais sans difficulté le chocolat, mais par glissements légers, comme un effet secondaire qui se déroulait, se déployait, j’avais le sentiment que ma bouche se remplissait aussi d’un goût de petitesse, d’une sensation de rapetissement, de contrariété, d’une distance dont je devinais qu’ils étaient liés à ma mère, le goût de sa pensée fourmillante, une spirale, quasiment comme si j’étais capable de sentir le grincement de sa mâchoire ayant provoqué cette migraine qui l’avait poussée à prendre autant d’aspirines que nécessaire, alignées en points blancs sur la table de nuit, une sorte d’ellipse à son commentaire : je vais juste m’allonger un petit moment…
L’Express ( 6 mars 2013)
Cette fable sur le passage à l’âge adulte distille un arôme délicieux et très personnel, mélange subtil de comédie dépressive, de chronique du quotidien, d’onirisme tout droit sorti d’un comic.
Trafic d’influence, corruption, groupuscule révolutionnaire, conspiration, mainmise cléricale, vieux réflexes conservateurs, la table est mise… Tous les ingrédients sont habilement réunis, sous la plume vive et acérée de Bernard Gilbert, pour faire de ce roman policier un portrait vivant des tristement célèbres années Duplessis. Télécharger Quand la mort s’invite à la première.
Au Québec, il est généralement admis que la modernité débute en 1960, avec la Révolution tranquille. Avant, l’on ne connaît que quelques livres, évènements ou mouvements d’idée. Or, il est essentiel de mettre en lumière les prémisses de cette révolution politique, sociale et économique. Dans les années 50, plusieurs intellectuels, surtout des jeunes, voulaient autre chose que Duplessis, dont le pouvoir reposait sur une vision traditionnelle, très conservatrice, axée sur le christianisme et le libéralisme économique. De plus, n’oublions pas qu’une large part des nationalistes québécois penche à gauche du spectre politique. C’est d’ailleurs mon cas. Ce roman parle en quelque sorte de la préhistoire du mouvement souverainiste et de la gauche au Québec. Lire l’interview.
Extrait du roman : Il révèle alors à la jeune femme, entourant son propos de multiples précautions, qu’après bien des tourments moraux, bien des hésitations, il a pris la décision de joindre les rangs d’un mouvement opposé au gouvernement. Un mouvement radical qui fomente des actions visant à discréditer Duplessis et ses sbires. La révélation a l’effet escompté sur son interlocutrice, qui se met à boire ses paroles. «Vraiment, je ne peux t’en dire beaucoup. Mais je pense qu’il est important d’agir pour libérer notre société des chaînes qui l’étouffent… » Le ton est prétentieux. Néanmoins, le prétendant révèle une dimension insoupçonnée de son être, celle de l’engagement politique. «Tu as lu Refus global? » Elle acquiesce. Larimont poursuit en ajoutant que le but du mouvement est de réaliser par des actions concrètes l’utopie de Borduas et des Automatistes. «Tu fais partie du CRI?», demande alors Hermine d’un air éberlué, comme si Jacques était devenu sociétaire de la Comédie française. Le panache du comédien croît d’un degré. Devant lui, la curiosité de la comédienne prend du galon.
Giorgio Pellegrini, l’antihéros de Arrivederci amore, ancien combattant des luttes sociales des années 70 devenu impitoyable criminel, possède désormais tout ce dont il avait rêvé : une épouse qu’il manipule au gré de ses caprices sadiques et un luxueux restaurant, rendez-vous de tous ceux qui comptent dans sa cité du Nord-Est italien. Il gère aussi, avec l’aide de son avocat, le député Brianese, un réseau d’escort-girls pour les politiciens affairistes qui mettent la région en coupe réglée. Télécharger À la fin d’un jour ennuyeux.
J’aime raconter la réalité en la mélangeant à la fiction romanesque. Tous mes projets de roman s’attaquent à un thème précis, à une histoire refoulée, à une enquête. Le genre du « noir » me permet d’être un observateur attentif de la réalité et de la décrire à travers une histoire criminelle. Lire l’interview.
Extrait du roman : - Non, maître, ça marche pas comme ça. Moi, je vous ai confié deux millions et je veux récupérer deux millions. Toutes ces années, vous avez administré mon argent en gardant une commission de dix pour cent, en plus de ce que vous avez gagné en gérant mon capital. C’est votre problème si vous vous êtes fait arnaqué.
Actu du noir (22 février 2013)
Si les italiens sont si forts dans ce genre de littérature, c’est peut-être qu’ils ont eu, jusqu’à la nausée, un des plus beau représentant de cette société comme chef de gouvernement …
Polars-oid (21 février 2013)
Carlotto a réussi son coup en nous livrant un roman plein de rythme, sans fioriture et avec des personnages diablement attachants…
Peut-on laisser sa vie derrière soi, couper les ponts et tout recommencer dans une maison isolée au pays de Galles? L’héroïne du Détour, une femme entre deux âges, semble tenter l’aventure accompagnée, dans sa fuite, des livres de la poétesse américaine Emily Dickinson – le sujet de sa thèse. Une liaison avec un étudiant, un scandale à l’université, un mari d’abord courroucé puis indifférent, tout cela appartient au passé. Elle occupe ses journées seule, jardine, découvre la nature autour d’elle, les oies, la mer au loin, et ces chemins de randonnée qui traversent la propriété qu’elle loue. Télécharger Le détour.
Je pense qu’un livre comme Le Détour reflète davantage la vraie vie qu’un roman dans lequel la fin est claire et où tout est expliqué. Parfois, le contexte est juste du bruit, c’est sans importance pour le déroulement de l’histoire. Il arrive souvent qu’on rencontre de nouvelles personnes, et généralement cela prend des années et des années avant qu’on les connaisse vraiment bien. J’ai lu quelque part qu’un critique avait écrit que c’était déloyal de ma part de ne pas lui fournir les informations nécessaires. Je ne comprends pas : je pense que toutes les informations nécessaires sont là. Je n’ai pas trop réfléchi pendant l’écriture – ce n’est jamais le cas – mais je me suis rendu compte plus tard que les femmes du roman se fondaient ou fusionnaient de plus en plus avec la veuve Evans ou Emily Dickinson. C’est peut-être ce que mourir veut dire. Peut-être pas. Lire l’interview.
Extrait : C’est seulement quelques jours après avoir oublié son téléphone portable sur le bateau qu’elle s’est rendu compte qu’elle s’en était toujours servie comme d’une montre calendrier. Elle avait emporté son agenda ; elle pouvait, si elle en avait envie, vérifier quel jour on était. L’absence d’horloge — celle qui était fixée sur un mur de la cuisine s’était probablement tue depuis longtemps — ne la gênait pas. Elle mangeait quand elle avait faim, allait au lit lorsqu’elle croyait le moment venu, non sans ingurgiter un paracétamol. Pas de réveil.
Tiszlár, petit village perdu dans la grande plaine hongroise : entre les marais, le bisztró et les violons tziganes, des milliers de têtes chauves sortent de terre. Ce sont les betteraves à sucre, les ‘blanches de Silésie’ qui déchaînent les passions. Au cœur d’une intrigue politique où se mêlent le désir de la terre, la colère des paysans et l’ombre menaçante de Staline, une paysanne traverse son siècle. Télécharger Gibier.
Je suis bien sûr allé en Hongrie, j’ai mangé du goulasch, marché dans la neige et pris des bain chauds en plein air. Mais, plus sérieusement, j’ai surtout rencontré de nombreuses personnes qui avaient assisté ou participé, souvent très jeunes, aux événements de l’époque, d’un côté ou de l’autre de la barricade. Leurs mémoires avaient gardé intactes de nombreux récits qu’ils étaient frustrés de ne pas avoir pu partager.
Au cours de mes recherches, j’ai fini par trouver, bizarrement gardé au fond d’une vidéothèque de Los Angeles, un petit documentaire peu holywoodien, assez angoissant, sur une coopérative agricole. En le regardant, on comprend le mélange de folie et d’incroyable sérieux qui habitait les militants envoyés dans les campagnes. Dans ce film, tout le monde se soupçonne en permanence, s’accuse de tout l’air de rien, et fume sans discontinuer. Et il y a un décalage permanent entre les discours et les actes.
J’ai aussi été conseillé par une spécialiste de l’agriculture hongroise qui m’a donné une liste de noms de vins, a précisé certaines inventions agricoles étonnantes, comme l’élevage massif de vers à soie. Enfin, j’ai beaucoup lu, des rapports fantaisistes de la police politique aux mémoires de paysannes catholiques très pratiquantes, en passant par des tracts du parti communiste français et des articles sur les brigands russes tatoués, les vori v zakone que j’ai logés dans les marais. Lire l’interview.
Extrait du roman : En cet endroit précis du globe, dans le village oublié de Tiszlár, près de Kecskemét, on était à quatre-vingts kilomètres de Budapest, au milieu de la grande plaine hongroise de la Puszta, dont le nom d’origine slave signifiait « solitude ». Sous les étoiles, si brillantes que les villageois les observaient tous les soirs à la tombée de la nuit, les seules richesses étaient celles qu’on cultivait avec acharnement, quand Dieu avait bien voulu vous doter d’un lopin de quelque chose, d’un arpent sablonneux en lisière de ces longs champs de betteraves sucrières qui s’étiraient vers le nord, ces plumages vert panache que la race des blanches de Silésie dressaient hors de terre. Betteraves, betteraves, betteraves : bien parées, bien angoissantes, ces têtes plissées apparaissaient au bout de chaque ruelle et observaient le village. Pacha, Antal et Agnès les appelaient « les crânes chauves »
Libération (15 février 2013)
C’est un roman épique très spirituel qui se passe «dans le village oublié de Tiszlár, près de Kecskemét, à quatre-vingts kilomètres de Budapest, au milieu de la grande plaine hongroise de la Puszta, dont le nom d’origine slave signifiait « solitude »».
Pour ses copains de classe, Luke est un mec bizarre : il vient de perdre sa mère dans un accident de voiture, il a des yeux verts surnaturels, il est super doué pour la peinture. Pour couronner le tout, son père, fabricant de jouets en bois qu’il vend sur les marchés, ne parvient pas à payer les dettes qui s’accumulent depuis la disparition de sa femme. Télécharger Luke et Jon.
Je pourrais dire que c’était une décision consciente, que j’attirais le lecteur vers les qualités inhabituelles des yeux de Luke avant de tourner son regard vers le reste de son environnement et de raconter son histoire, mais ce serait un gros mensonge. Je ne sais pas d’où me sont venues les premières lignes mais elles sont restées inchangées à partir du moment où je les ai écrites. Elles ont donné le ton pour la voix de Luke et pour le reste du livre, et à chaque fois que je me sentais bloqué, je revenais à la première page jusqu’à ce que je retrouve cette voix, et cette voix menait l’histoire. Lire l’interview.
Extrait du roman : J’ai les yeux verts. Sans doute pas le vert auquel vous pensez tout de suite. Ils sont vert vif. Saisissants. Je ne dis pas ça pour me vanter. J’essaie juste d’être précis. Exact et clair. Si je vous disais que j’ai les yeux verts, sans plus, vous pourriez les imaginer avec des nuances noisette ou olive. Ils sont d’un vert éclatant. Je veux être honnête dès le début.
La première fois que les gens me voient, il y a souvent un choc, un temps d’arrêt, après quoi ils se remettent tant bien que mal. Et on poursuit normalement. Ensuite, les timides ou les bien élevés risquent un rapide regard en coin. Les sûrs d’eux ou les mal élevés me dévisagent. Ils vérifient juste qu’ils ne se trompent pas, que ce n’est pas une illusion d’optique, que ce sont bien mes yeux
Moi, Clara et les mots (28 mars 2013)
Il s’agit d’un premier roman tout simplement superbe. Beau et fort.
Anais s’est violemment débattue pour échapper à la police. Sa jupe est tachée de sang, mais tout ce dont elle se souvient c’est d’un écureuil. Elle est conduite au Panopticon, un centre pour adolescents difficiles, où elle rencontre d’autres gamins. Isla l’anorexique, séropositive et mère de jumeaux, qui pratique l’automutilation et Tash qui l’aime, et se prostitue pour gagner l’argent de l’appartement où elles vivront ensemble. Télécharger La sauvage.
J’ai travaillé avec des jeunes délinquants et j’ai moi-même fait l’expérience de ce système. J’ai été élevée dans un foyer, donc je comprends ce que ça veut dire d’exister dans une périphérie que l’on considère souvent comme un ensemble homogène et inférieur. Le fait que des adultes nous observent, écrivent sur nous, et le fait de passer d’un endroit à un autre – ça a en soi quelque chose de sinistre. Lire l’interview.
À l’entrée de la vieille cité de la Poussière Rouge, un tableau noir égrène les progrès du pays selon la rhétorique communiste. Mais un peu plus loin, dans la cour où les habitants conversent les soirs d’été, les anecdotes qu’ils échangent sont plus nuancées. Embrassant le dernier demi-siècle, ces histoires racontent les désillusions des jeunes « sœurs de province » venues tenter leur chance à Shanghai, les malheurs de serviteurs zélés du régime, ou encore les dégâts du socialisme de marché… Télécharger Des nouvelles de la Poussière Rouge.
J’avais l’intention d’écrire des livres sur la société chinoise en transition avec toutes les questions et problèmes que cela inclut. Il s’est avéré qu’une série policière, plutôt axée sur l’humain, convenait particulièrement bien à cet objectif. Après tout, un officier de police se promène, frappe aux portes, peut consulter des dossiers qui ne sont pas facilement accessibles pour le citoyen lambda, et soulève des questions. C’est particulièrement le cas pour un flic qui réfléchit et qui ne se contente pas d’être un simple outil dans la résolution d’une affaire, mais essaie de chercher les circonstances sociologiques, politiques et culturelles au sein desquelles le crime se déroule. Lire l’interview.
Extrait du recueil : Ceci est le dernier Bulletin d’information de la Poussière Rouge pour l’année 2002. Au début de l’année, les dirigeants du Parti ont reconnu que la corruption pouvait menacer la légitimité du Parti si toutes les institutions sociales et judiciaires continuaient à être rongées par les malversations et le népotisme. Des sondages d’opinion ont montré que la corruption était le principal sujet de mécontentement du peuple. Pour faire face à cette situation, le gouvernement a décidé de renforcer le système judiciaire afin d’exposer et de punir les cadres corrompus. En février, le président américain George W. Bush s’est rendu en Chine pour le trentième anniversaire de la visite du président Nixon dans notre pays. Le vol de Shenzhou-3, le troisième vaisseau spatial sans équipage, a été couronné de succès. Le président Jiang Zemin s’est rendu en Allemagne et dans d’autres pays. En novembre, lors du Seizième Congrès national du PCC, il a prononcé un discours important sur la construction du socialisme à la chinoise. Il a démissionné de ses fonctions de chef du Parti et Hu Jintao a été élu secrétaire général du Comité central. Le même mois, une épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) a éclaté dans le Guangdong. Le gouvernement a pris les mesures nécessaires pour prévenir les mouvements de panique, minimiser les répercussions économiques et maintenir la confiance du peuple.
Un couple de touristes amoureux dans les eaux turquoise de la Réunion. Farniente, palmiers, soleil… Télécharger Ne lâche pas ma main.
Un cocktail parfait.
Pourtant le rêve tourne au cauchemar.
L’histoire aurait pu être posée dans n’importe quel autre lieu touristique, c’est vrai, mais très vite, j’ai su qu’avec l’île de la Réunion, je tenais en quelque sorte un supplément « d’âme ». Ce sont surtout les personnages qui se sont imposés, il était finalement assez facile de composer des personnages métissés, et donc complexes, humains, originaux… J’ai très vite eu envie de leur donner vie ! Les heures d’écriture, autour de cartes, livres et photos de la Réunion, étaient un pur plaisir que j’espère les lecteurs partageront. Lire l’interview.
Extrait du roman : Sur sa gauche, au-dessus d’eux, Martial devine le parking du pas de Bellecombe. La route rouge vient y mourir sur le rebord de la caldeira du volcan : juste derrière s’étend une cuvette de plus de trois cents mètres, l’enclos Fouqué, au centre de laquelle brûle le cratère du Dolomieu. Depuis maintenant une demi-heure qu’ils avancent dans la plaine, Martial a vu atterrir trois hélicoptères sur le parking. Un autre strie le ciel, au loin, derrière le piton des Neiges.
Martial sue à grosses gouttes sous la casquette 974 qu’il a enfoncée pour dissimuler son visage. Au-dessus du pas de Bellecombe, des dizaines d’étoiles brillantes renvoient les rayons du solei
Les lectures de l’oncle Paul (12 mars 2013)
Michel Bussi ne délivre qu’au compte-gouttes les éléments indispensables pour se faire une opinion, et même lorsqu’il le fait, c’est insidieusement, pour mieux embrouiller son lecteur.
Un balcon sur l’Algérois est le récit d’une fulgurance amoureuse – celle d’un jeune Africain avide de culture et de beauté venu s’installer à Paris dans les années 1970 avec une grande bourgeoise française, sorte de mante religieuse des Lettres, femme de pouvoir à qui rien ne doit être refusé. Télécharger Un balcon sur l’Algérois.
Paris est la ville dont je ne me lasse pas d’arpenter les rues. Et, à chacune de mes glandes, j’écris des romans, entame des descriptions dans ma tête. L’histoire, la littérature, les beaux-arts, la musique, la chanson, l’architecture sont à chaque coin de rue, chaque porche d’immeuble, chaque cour, chaque façade… Le promeneur est aiguillé et poinçonné par la passion de ses bâtisseurs. Je m’y raconte comme si j’y étais né. Un génie universel m’y saisit, une forme de générosité, une manière de poème… Lire l’interview.
Extrait du roman : Dans les jardins publics, j’exhibe toujours ce portrait de Césaire et Senghor qui ne me quitte plus. Il représente la plaque que j’aurais voulu poser au-dessus du 135, boulevard du Montparnasse, et sur laquelle j’aurais gravé les mots suivants : ICI NIMROD CONNUT LA PASSION DE SA VIE. Je cherche ma négritude – la littérature n’en a que faire, qui me ramène aux choses sans importance. La douleur égare, la passion est risible et je tiens à vivre. J’égrène les noms de mes professeurs de vie. Qui les transformerait pour moi en talismans ?
L’Humanité (26 avril 2013)
Dans son dernier roman, Nimrod jette, à Paris, dans les bras de sa directrice de thèse, un brillant étudiant tchadien.
Le Dr Paul Allen apprend l’assassinat du sénateur démocrate Seagram, favori à la prochaine présidentielle. Le meurtrier n’est autre que son fils, Daniel Allen, vingt ans, né d’un premier mariage et avec qui il n’a que très peu de contacts. À l’annonce de cette terrible nouvelle, la vie de Paul bascule. Il nie tout d’abord l’évidence et tente de trouver d’autres coupables. Conscient des implications politiques de cet assassinat, il est persuadé que son fils a été manipulé par des opposants au candidat. Paul n’a qu’une idée en tête : prouver que ce fils, qu’il ne connaît pas, est innocent et lui éviter la peine capitale. Ce combat est également l’occasion pour lui de compenser des années d’absence. L’histoire est racontée de deux points de vue différents : celui du père, narrateur principal du récit, mais également celui de son fils, par l’intermédiaire d’un narrateur externe. Télécharger Le bon père.
Les États-Unis sont un grand pays, il est facile de s’y perdre – émotionnellement, psychologiquement. Pour un jeune homme ayant désespérément besoin de structure et de limites, prendre la route est l’option la plus dangereuse. En s’éloignant de sa famille et de son entourage, en errant à travers les plaines, c’est facile de perdre la notion de soi-même, de perdre tout sens moral. Lire l’interview.
Extrait du roman : Carter se retourna juste à temps pour voir Seagram reluquer le décolleté de Natalie. Coup d’œil furtif, presque imperceptible, les yeux du candidat étaient déjà ailleurs — mais Carter le vit, il vit ce soi-disant « grand homme » mater les nichons de sa copine. Il avait le tournis, comme un ballon de baudruche qui se vide lentement de son oxygène. C’était le vertige des espoirs anéantis, l’impression déconcertante qu’un repère auquel il s’accrochait depuis quelques mois n’était finalement qu’un mirage.Le Grand Homme n’était pas un grand homme. C’était un homme normal qui jouait les grands hommes. C’était un diamant en toc, un corps banal qui chie, baise et bande comme tout le monde.
Et c’est à cet instant précis que Carter eut la première révélation de ce qu’il avait à faire. Ce fut un éclair, une vision comme un coup de feu suivi d’un recul gigantesque. La puissance du choc le fit vaciller sur ses pieds.
Neil Bassett, fraichement divorcé, s’est coulé dans une routine de célibataire entre son chat, ses virées à la recherche de rencontres faciles dans les auberges de jeunesse de la ville et son emploi chez « Amiante Systems ». Un emploi qui n’a rien d’ordinaire. Neil est chargé de converser tous les jours avec un système hautement sophistiqué d’intelligence artificielle. Il doit lui apprendre à se comporter de façon spontanée, émotionnellement convaincante, bref : humaine. Télécharger L’amour comme hypothèse de travail.
Il existe probablement quelques fonctions dans l’écriture d’un roman qui pourraient être automatisées. Je soumets mon roman au correcteur orthographique (bien que je ne sois pas d’accord avec 70 % des corrections). Mais savoir ce qui plaît au lecteur, ce qui retient son attention – les ordinateurs ne peuvent pas déceler ce genre de choses. Lire l’interview.
Extrait du roman : Mais en fait que représente San Francisco ? Un ongle au bout de la péninsule, un carré de dix kilomètres sur dix doté d’un maire et d’une usine de traitement des déchets. Certes la ville est magnifiquement située. Quand les gens se suicident en sautant de notre élégant pont, ils ne le feront jamais – jamais – face à l’océan . Pour leur chute finale, ils se jettent dans les bras du Golden Gate. Mais au delà de ça ? Il est difficile de se débarrasser de l’idée que San Francisco est une belle carapace labyrinthique sécrétée par un animal qui s’est déjà éloignée à la nage vers un sort incertain.
Blue Moon (10 avril 2013)
Joli roman où tendresse rime avec finesse !
Le Point ( 5 avril 2013)
Dans un San Francisco vibrant de contradictions, entre New Age et Silicon Valley, Scott Hutchins explore les jeux de l’amour 2.0 dans un roman flirtant avec la science-fiction, où cohabitent romance, quête du père et ordinateurs intelligents doués de sentiments.
Amanda O’Toole, soixante-quinze ans, a été retrouvée morte à son domicile, amputée de quatre doigts de la main droite. La police soupçonne la voisine et amie d’Amanda, le docteur Jennifer White – chirurgien orthopédiste à la retraite – d’être l’auteur de ce meurtre. Mais Jennifer est atteinte de la maladie d’Alzheimer et ne sait pas elle-même si elle est coupable. Télécharger Absenses.
Ma mère souffrait d’Alzheimer (elle est décédée il y a presque un an), donc ça fait presque dix ans que je vis et pense à cette maladie. J’avais tenté d’écrire sous forme de fiction ou d’essais, mais ça ne marchait pas. J’ai pu écrire sur ce sujet quand j’ai eu l’idée du roman policier. Lire l’interview.
Extrait du roman : Les gens se pressent sur les trottoirs, surtout des jeunes, aussi peu vêtus que possible. Les filles en courtes robes d’été aux bretelles ultraminces soutenant des tissus inexistants pour couvrir des seins minuscules. De jeunes hommes dont les bermudas trop grands qu’ils portent bas sur leurs hanches étroites leur descendent sous le genou. Des terrasses de café, des tables munies de parasols qui envahissent les trottoirs et obligent les passants à marcher sur la chaussée. Des Klaxon de voitures. Des bacs à fleurs regorgeant de variétés trop éclatantes et trop parfaites pour être vraies. Pourtant, une femme en cueille une et la met dans ses cheveux. Des serveurs qui transportent des plateaux au-dessus de leurs têtes. Des cocktails colorés, rouges, roses ou bleus dans de grands verres évasés. Des clients qui boivent le contenu de petites tasses blanches. D’énormes salades.
Tout est comme il se doit. Tout est à sa place. Où est ta place. Où est ton groupe.
Biblioblog (18 mars 2013)
Roman policier ou roman sur la maladie d’Alzheimer ? Les deux sans doute. C’est en tout cas une expérience singulière qui vous fera perdre tout vos repères et se lit avec plaisir.
Lemuel Gunn, ancien agent de la CIA, s’en est fait virer alors qu’il était en poste en Afghanistan. Installé dans un mobile home dans le Nouveau-Mexique, il est devenu détective privé.En plein marasme financier et sentimental, il n’est pas insensible aux charmes d’une certaine Ornella Neppi qui vient frapper à sa porte, le chargeant de retrouver Emilio Gava, un individu arrêté pour une affaire de drogue, puis libéré sous caution dans l’attente de son procès. Télécharger Une belle saloperie.
Comme Lemuel Gunn, le détective dans Une Belle Saloperie, je ne me suis souvent pas senti à ma place dans le monde moderne des ordinateurs, des fast-foods, de Facebook et consorts. Comme tout le monde, il y a certaines choses que j’apprécie : les voitures qui permettent une grande mobilité, les mails qui me permettent de rester en contact avec mes amis et mes petits-enfants, le réfrigérateur qui empêche la nourriture de pourrir et qui fait qu’on n’a pas à faire les courses plus d’une ou deux fois par semaine. Mais plein de choses me font peur : les cartes de crédit qui peuvent être utilisées par quelqu’un qui se sert de mon identité pour retirer de l’argent de mon compte en banque, les répondeurs téléphoniques qui brouillent les messages, les systèmes de paiement « achetez maintenant, payez plus tard » qui séduisent les consommateurs en leur donnant une satisfaction instantanée. Je me méfie notamment de l’influence de la télévision et d’Internet sur la démocratie en Occident, où, semble t-il, les élections sont remportées par le candidat qui dépense le plus d’argent (des centaines de millions de dollars dans le cas des États-Unis) et qui fait le meilleur usage des nouvelles technologies. Où est passé le bon vieux temps des candidats qui sillonnent le pays, qui s’arrêtent à chaque croisement et font des visites éclair à la gare, pour parler aux gens depuis un wagon ? Je pense que, généralement, on est toujours conscient de ce qu’on a gagné grâce aux dernières innovations, mais on ne s’arrête jamais pour réfléchir à ce qu’on a perdu. Mon détective dans Une Belle Saloperie partage mon sentiment (ou je partage le sien !) : beaucoup de choses se sont perdues. Lire l’interview.
Extrait du roman : Elle secoua la tête d’un petit mouvement rapide, et ses lèvres fitzgéraldiennes esquissèrent une moue maussade. « Non, je ne suis pas sûre. » Soudain, un nuage passa sur ses traits et elle parut refouler des émotions. Elle ressemblait à ces femmes modernes en butte à l’éternel problème de savoir comment se donner généreusement tout en préservant une partie de soi au cas où le don n’aurait pas les résultats escomptés. « Bon, quand on rencontre quelqu’un pour la première fois, on ne sait jamais qui il est, n’est-ce pas, Lemuel ? On sait seulement qui il prétend être devant vous.
Le Figaro (18 avril 2013)
Il n’y a pas que l’espionnage, la géopolitique, dans la vie. Entre deux volumes de plus fort tonnage, Littell s’offre une récréation, comme un Tiger Woods qui participerait à un tournoi de mini-golf.
Blue Moon (15 avril 2013)
Un polar jouissif teinté de nostalgie… avec en plus une intrigue passionnante, soit une aventure peu sérieuse racontée par un auteur qui a pris son travail très au sérieux. A découvrir !
Mãn, c’est l’apprentissage du mot « aimer » pour donner suite à la définition du verbe « vivre » de À toi et à la conjugaison de « survivre » de Ru. Télécharger mãn.
C’est justement pendant les moments remplis d’émotions qu’il faut agir avec élégance autant pour les célébrer que pour les adoucir. Devant les émotions, ralentir le geste, le visualiser avant de le poser aide à préserver l’élégance même de ces émotions selon moi. Les Vietnamiens disent souvent que nous ne sommes pas nés humains. Nous devons tout apprendre, autant comment manger que comment marcher et parler pour le devenir. Par exemple, savoir manger veut dire savoir identifier les différents parfums, les différentes saveurs et non pas seulement engloutir une bouchée de nourriture. Donc, l’élégance est certainement une qualité qui doit être apprise et pratiquée si on veut bien envelopper la spontanéité des émotions. Lire l’interview.
Lapresse.ca ( 6 avril 2013)
Non seulement elle a survécu à l’immense succès de Ru, qui s’inspirait de son parcours, mais elle démontre aussi qu’elle peut très bien raconter l’histoire des autres – celle de leurs exils, de leurs familles, de leurs passions, de leurs renoncements.
Extrait du roman : Mon mari et moi n’avions pas adopté les baisers que les couples se donnent en guise de salutation ou de préliminaires. Nous demeurions pudiques même après les deux enfants, même après vingt ans de mariage. La langue nous contraignait probablement à cette retenue. Nous parlions des choses en évitant de les nommer. Il suffisait de dire « être proche » (gần) pour comprendre qu’il y avait eu relation sexuelle. Il suffisait que mon mari se tourne vers moi pour que je comprenne mon devoir d’épouse. Il suffisait qu’il soit heureux pour que nous le soyons tous. Nous étions un couple sans histoires ni disputes.
Pour aller plus loin : Interview de Thomas Day à propos du roman Du sel sous les paupières.
Pour aller plus loin :La catégorie roman historique comprend les sous-catégorie Moderne (<1799) (137), XIXe siècle (99), XXe siècle avant 1945(72), Moyen Age (55), 1939-1945 (52), Antiquité (25), 1914-1918 (18), Préhistoire (9).
Pour aller plus loin : Interview de Patrick deWitt à propos de Les frères Sisters.
Pour aller plus loin : Feedbooks vous propose un catalogue dédié au thriller ésotérique en VO (anglais).
Pour aller plus loin : Interview d’Anne-Marie Métailié, directrice des éditions Métalié.
Pour aller plus loin : Listez les romans adapatés au cinéma.
Pour aller plus loin : Feedbooks vous propose 10 romans transgenres.
Pour aller plus loin : feuilletez le catalogue des littératures franco-canadiennes.
Pour aller plus loin : Lire ou relire l’entretien fleuve avec Lionel Duroy à l’occasion de la sortie de L’hiver des hommes.
Pour aller plus loin : Feuilletez le catalogue des éditions Syros jeunesse.
Pour aller plus loin : Lisez le roman policier italien en VO
Pour aller plus loin : Feedbooks vous propose une sélection de livres intitulée : Le nucléaire après Tchernobyl et Fukushima.
Pour aller plus loin : Feedbooks vous propose de lire ou relire l’interview que Caryl Férey nous avait accordée à l’occasion de la sortie de Mapuche.
Pour aller plus loin : Feedbooks vous propose de lire ou relire l‘interview de Deon Meyer.

Le festival Étonnants Voyageurs se déroule se week-end avec presque 200 auteurs invités ! C’est formidable.
Si vous n’avez pas la chance d’être présent à Saint Malo, Feedbooks vous propose de retrouver sur son site 9 auteurs interviewés par les libraires.
Feedbooks vous propose un nuage des auteurs de roman les plus téléchargés.
Le nuage a été calculé à partir des 10 000 dernières ventes effectuées sur la librairie Feedbooks.
Cliquez sur le nom d’un auteur pour accéder aux titres de celui-ci dans le catalogue.
Pour aller plus loin : La recherche à facettes expliquée sur le blog de Feedbooks.
Pour aller plus loin : Si vous cherchez des avis des lecteurs en Policiers & Mystères et Thrillers…
Pour aller plus loin : accéder à tous les Goncourt disponibles en numérique.
Pour aller plus loin : Robert Littell intègre la carte du tour du monde des interviews & la balade à San Francisco.
Pour aller plus loin : la science-fiction francophone disponible en numérique, c’est par là.
Pour aller plus : la science-fiction d’anticipation disponible en numérique, c’est par là.
Afficher Géolocalisez les intrigues des romans policiers et autres thrillers parus en version numérique ! sur une carte plus grande
Pour aller plus loin : si la notion de lieu est importante pour vous, Feedbooks vous propose de surfer sur les 7 cartes à consulter et à disséminer sur le web voire de feuilleter la catégorie Roman du terroir.
Pour aller plus loin : Feuilletez la catégorie Adaptations.
La catégorie transgenre n’existe pas encore sur Feedbooks : elle n’a pas encore été validée par les libraires qui se réunissent dans les commissions qui élaborent les classifications. D’autant que le mélange des genres est souvent rejeté par les puristes. C’est pourtant propre aux meilleures productions d’exploser tous les codes des genres et des conventions sociales.
Feedbooks vous propose une sélection de 10 nouveaux romans de qualité très mauvais genres.
Cliquez sur les couvertures pour télécharger les romans
Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n’a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants Anonymes. Mais lorsqu’un zombie solitaire l’initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue au rôle très médiatisé de porte-parole de la cause zombie, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l’accueil de zombies fugueurs et aux plateaux d’Oprah Winfrey. Sombrement drôle, étrangement touchante et suffisamment gore, l’odyssée du premier mort-vivant contestataire de l’Histoire vous fera probablement rire. Mais auparavant, vous devrez faire connaissance avec tous les amis d’Andy. Une petite merveille d’humour et d’horreur.
Jack L. Warner, le puissant patron de la Warner Bros veut damer le pion à son rival Disney. Il décide d’adapter pour le grand écran Ma Mère l’Oie, un recueil de contes, contines, anecdotes et légendes urbaines dont les Américains raffolent, plus populaire que Moby Dick ou Le magicien d’Oz. Mais nous sommes en 1953, à l’heure de la guerre de Corée et de la « chasse aux sorcières », menée par le sénateur McCarthy. Warner ordonne qu’on enquête sur l’auteur de Ma Mère l’Oie, un certain Daryl Leyland. La mission est confiée à l’un des obscurs scénaristes qui attendent leur heure dans les coulisses d’Hollywood : Jack Sawyer. À lui de « nettoyer » la biographie de Leyland.
Xavier Mauméjean fait revivre la prodigieuse inventivité d’une jeune nation se forgeant sa propre mythologie. Mais ce monde merveilleux de l’enfance toute-puissante et de la naïveté géante révèle aussi la part sombre du rêve américain.
Il y a des années charnières symboliques cachées dans l’histoire du monde. 1984 en est une. Johnny Weissmuller et Richard Brautigan s’éteignent. Steve Jobs lance le premier Macintosh d’Apple.
Quand Gabriel Rivages raconte ce siècle et la vie du petit Janos devenu Tarzan au cinéma, c’est tout le patchwork américain qui s’anime, des exploits sportifs qui font rêver la planète tout entière aux soubresauts de l’underground littéraire, des gloires de Hollywood aux déclins obscurs. Burroughs vend des taille-crayons, Al Capone domine Chicago, le record du monde du 100 mètres nage libre passe sous la minute, un comptable véreux s’enfuit avec la caisse et un mythe vivant finit placier dans un restaurant de Las Vegas.
De Montréal aux îles Bikini, Éric Plamondon nous promène avec finesse et jubilation dans l’histoire culturelle de la grande Amérique.
Et si les rêves d’avenir les plus fous de l’humanité reposaient sur le bon vouloir d’un ordinateur grincheux ? Et si même les machines se révélaient étrangement sentimentales ? Quelle serait alors la place des relations humaines, de l’amour ? Un roman drôle et profond, aussi provocant qu’accrocheur.
San Francisco, de nos jours.
Neil Bassett, fraichement divorcé, s’est coulé dans une routine de célibataire entre son chat, ses virées à la recherche de rencontres faciles dans les auberges de jeunesse de la ville et son emploi chez « Amiante Systems ». Un emploi qui n’a rien d’ordinaire. Neil est chargé de converser tous les jours avec un système hautement sophistiqué d’intelligence artificielle. Il doit lui apprendre à se comporter de façon spontanée, émotionnellement convaincante, bref : humaine. Neil va devoir faire la paix avec cet ordinateur susceptible, mais aussi se laisser apprivoiser par une jeune femme aussi fantasque que blessée.
Dans une ville grise et jamais nommée, baignée par les pluies acides, vit une armée de travailleurs en col blanc, hommes et femmes, qui sortent tous les matins des bouches du métro pour regagner servilement leur bureau. Parmi eux, un employé, l’employé, est prêt comme les autres à toutes les humiliations pour conserver son travail… jusqu’au jour où il tombe amoureux et commence à rêver de devenir un autre. Le récit glaçant d’une déchéance dans un univers où l’entreprise est une machine à broyer les humains, au sein d’une société autoritaire où la surveillance est omniprésente et où la norme fait loi.
Un homme, poussé au désespoir par des malheurs successifs, se jette dans un lac avec son fils Gon. Le père meurt, mais l’enfant survit, grâce aux branchies que son corps développe dans un instinct de survie extraordinaire. Il est repêché par un vieil homme et son petit-fils qui vivent près du lac. Ils découvrent la singularité du garçon et décident de le garder avec eux pour lui éviter de finir sur une table de laboratoire. Adulte, Gon est obligé de fuir ce refuge et de mener une vie d’errance près de l’eau. Un jour, il sauve une jeune femme tombée dans la rivière par accident. C’est elle qui nous raconte l’histoire de ce destin insolite. Il faut défendre le talent de cette jeune romancière dont l’univers poétique et fantastique a conquis des centaines de milliers de lecteurs coréens.
Adam Pennyman, employé d’une société Internet, ne se distingue en rien de n’importe quel autre employé de ce type. Ou presque. Adam a en effet une passion, les jeux vidéo, et une ambition, arriver au bout de son Catalogue des jeux obsolètes, le livre ultime sur les jeux d’arcade des années quatre-vingt. Plus que de simples distractions, Pennyman sait que ceux-ci ont fortement contribué à forger son identité. En les étudiant inlassablement, en essayant d’en extraire le contenu politique (Pac-Man comme symbole marxiste de l’insatiabilité du capital ?), voire philosophique, peut-être parviendra-t-il à savoir pourquoi et comment son existence a pu sombrer ainsi. Un jeu l’obsède en particulier, le fameux Lucky Wander Boy, et son légendaire troisième niveau qu’il n’est jamais parvenu à passer lorsqu’il était adolescent. S’il en était venu à bout, il en est persuadé, sa vie aujourd’hui serait tout autre. Très vite, ce jeu disparu va devenir une obsession pour Pennyman, qui, pour reprendre son destin en main, va partir à la recherche de Lucky Wander Boy et de son mystérieux créateur, Araki Itachi.
Lemuel Gunn, ancien agent de la CIA, s’en est fait virer alors qu’il était en poste en Afghanistan. Installé dans un mobile home dans le Nouveau-Mexique, il est devenu détective privé.En plein marasme financier et sentimental, il n’est pas insensible aux charmes d’une certaine Ornella Neppi qui vient frapper à sa porte, le chargeant de retrouver Emilio Gava, un individu arrêté pour une affaire de drogue, puis libéré sous caution dans l’attente de son procès. Car Gava semble s’être évanoui dans la nature, et l’oncle d’Ornella, garant de caution judiciaire, risque d’y perdre 125 000 dollars.Gunn se lance sur sa piste mais sa mission va se compliquer singulièrement… Robert Littell signe un livre à la tonalité douce-amère, comme un hommage à Chandler.
Soit un modeste garagiste mexicain qui a plaqué femme et gosses pour suivre à Barcelone une bombe dominicaine, chanteuse de salsa, aussi irrésistible qu’assommante. Soit un séduisant quadragénaire catalan, dont les femmes sont folles, mais qui est encore puceau à 47 ans parce qu’il se croit impuissant et qui en désespoir de cause a recours au Viagra. Soit enfin, ou presque, un acteur porno argentin en fin de carrière qui perd tous ses moyens sur un tournage après être tombé raide amoureux d’une jeune et jolie étudiante qui le croit chercheur en génétique… Quand ces trois-là se croisent, avec quelques autres qui font, ou pas, dans la dentelle, le cocktail est explosif. Coup de sang est une tragicomédie sexuelle débridée, crue, farcesque, panique, un vaudeville délirant qui risque de choquer les belles âmes, dans lequel Enrique Serna déploie toute sa verve caustique et son humour féroce, entre passions et pulsions, entre triomphes et fiascos. Peinture au vitriol de la sexualité contemporaine, portrait grinçant du macho, mais aussi de l’hystérique moderne, ce Coup de sang d’un des plus talentueux et singuliers écrivains d’Amérique latine est un roman crépitant de folies diverses et variées, dont la lecture réserve, jusqu’au bout, bien des plaisirs et des surprises.
Quelque part dans le Colorado, neuf ans après la Fin de Tout. L’art de survivre est devenu un sport extrême, un jeu de massacre. Soumis aux circonstances hostiles, Hig, doux rêveur tendance chasse, pêche et poésie chinoise, fait équipe avec Bangley, vieux cowboy chatouilleux de la gâchette. À la fois captivant roman d’aventures, grand huit des émotions humaines, déclaration d’amour à la nature et pure révélation littéraire, La Constellation du Chien est une version solaire de La Route de Cormac McCarthy. (Et in extremis, réconfortante !)
Feedbooks vous propose un point sur les éditions Numeriklivres, avec une interview de Jean-François Gayrard.
Qu’est-ce qui vous a motivé à créer Numeriklivres ?
Deux éléments déclencheurs : la première fois que j’ai tenu une liseuse entre les mains, il y a maintenant 4 ans et notre expérience d’écrire un roman “live” sur les réseaux sociaux et Facebook en particulier – Le Roman d’Arnaud – avec mes complices de l’époque Gwen Catala et Christophe Sanchez. À partir de ce moment là j’ai compris que la littérature pouvait se dématérialiser et exister autrement que sur un support papier.
Quelle est votre politique éditoriale ?
Notre catalogue est un catalogue grand public, avant tout et nous nous concentrons essentiellement sur la littérature de genre (polar, romance, jeunesse, imaginaire, érotisme). Notre politique éditoriale est également dans la proposition des formats : des formats courts et des formats longs. Nos formats courts sont formatés, généralement sur un temps de lecture de 45 minutes, soit l’équivalent de 80 pages et présentés sous forme de série.
Quels sont les auteurs qui ont rencontré le succès public à ce jour ?
Contre toute attente, le succès dont nous sommes le plus fier est sans conteste celui de La Mémoire froissée de Christine Machureau ; une saga historico-médiévale en 5 tomes qui, à ce jour, a dépassé les 2500 téléchargements payants. Sinon, Jeff Balek, Marie Potvin, Christy Saubesty sont nos auteurs les plus téléchargés.
En littérature de l’imaginaire et en policier, pourriez-vous conseiller à nos lecteurs deux trois titres de votre catalogue ?
C’est toujours très difficile ce genre de question car j’aurai envie de défendre, sans aucune exception, tous les titres de notre catalogue. C’est un peu la torture de vous suggérer quelques titres. Dans le domaine de l’imaginaire, je ne serai trop vous conseiller de vous plonger de l’univers quelque peu décalé de Éric Lequien Esposti avec L’Indélicatesse du cosmos, de la SF qui sort vraiment de l’ordinaire. Côté, polar il faut vraiment se plonger dans les enquêtes de Ruben Quinquet de Charly Green ou les Petits crimes extraordinaires de Patrick Llewelyn. Mais si vous me permettez, un autre titre, le Chaos blanc de Christophe Kauffman n’est pas un polar banal.
Vous avez opté pour une maison 100% numérique. Pour vivre, voire tenir, le le corollaire de ce choix ne passe-t-il pas par l’obligation de démultiplier votre catalogue voire de vendre du domaine public ?
En fait, aujourd’hui plus que jamais, cette connotation “100% numérique” est derrière nous. Nous nous concentrons surtout sur notre travail d’éditeur, sur effectivement la diversité de notre catalogue qui repose sur 9 collections phares dont la collection e-LIRE, une collection très littéraire à laquelle nous tenons énormément. C’est le catalogue qui fait la réputation d’un éditeur et non pas le fait qu’il publie en papier ou en numérique. Et cela prend du temps de construire un catalogue. Quant à la réédition de certains titres du domaine public, je ne m’étendrai pas sur ce sujet, dans la mesure où, contrairement à d’autres, nous n’en faisons pas notre fonds de commerce.
Contrairement à ce qui est écrit quelque fois dans la presse, il existe un format ouvert standardisé pour les livres numériques qui se nomme EPUB.
A l’exception du Kindle, vous êtes donc libre
TOUT en gardant un accès permanent à votre bibliothèque de livres numériques.
Que vous optez pour une tablette Android ou un iPad vous pouvez acheter vos livres sur Feedbooks et les télécharger sans problème sur votre périphérique.
Pour une tablette Android (Nexus 7, Samsung Galaxy Tab…), Feedbooks vous conseille vivement d’utiliser l’application de lecture Aldiko.
Pour un iPad ou iPad Mini, Feedbooks vous conseille vivement d’utiliser l’application Readmill.
Vous pouvez lire des livres avec ou sans DRM. Pour des livres avec DRM, il convient de créer un ID Adobe.



Pour une liseuse (Booken, Pocketbook, Sony ou Kobo), vous pouvez bien sûr télécharger vos livres sur Feedbooks. Le catalogue est bien classé et enrichi de données enricnhies créées par les libraires.
Pour un livre avec DRM, il faudra passer par ADE et créer un ID Adbobe.
Au fil du temps, vous êtes conduit à changer de matériel. Vous n’êtes pas lié à une marque. Vous pouvez passer d’une liseuse à une autre, d’un Kobo à un iPad, d’un iPad à un Nexus 7.
Vous êtes client de Feedbooks, cela ne pose aucun un problème. Vous avez accès à une bibliothèque pérenne (Feedbooks vous garantit un accès permanent à votre bibliothèque dans la mesure où l’éditeur n’a pas retiré le titre de la vente).
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Ce sont ces bizarreries géographiques que nous raconte Olivier Marchon dans ce livre étonnant qui rassemble des dizaines d’histoires de ce type, des plus tragiques au plus loufoques : de petits morceaux de terre, enclavés, disputés, au statut à part, parfois étrange, qui chacun à leur manière racontent la grande histoire…
Ce quiz a pour modeste ambition de vous donner envie de télécharger ce livre et de lire aussi les propositions de lecture attachées à chaque question du quiz.