Libraire à l'heure du numérique

Une journée mondiale du livre sans e-libraires, est-ce possible ?

Saint jordi Journée du livre

Le 23 avril, l’UNESCO propose une journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Ce 23 avril, c’est aussi le 450ème anniversaire de la naissance de William Shakespeare. Le blog anglais de la librairie Feedbooks propose un test de personnalité intitulé Which Shakespeare character are you? N’hésitez pas.

Notez que le 23 avril 1616, disparaissaient Shakespeare (le même jour que sa naissance) et Cervantes. Sur la partie domaine public de Feedbooks, vous pouvez télécharger gratuitement Don Quichotte en espagnol, français et anglais.

 

Si on ne prend pas à revers le livre numérique, la dématérialisation peut devenir une opportunité pour la diffusion de l’écrit. Et c’est encore mieux avec des libraires derrière l’écran. Imaginez que votre librairie configure ses rayons et démultiplie ses présentations en fonction de vos attentes. Si vous êtes fidèles de la libraire en ligne, des différentes scénarisations du catalogue publiées sur le blog, vous savez qu’avec les libraires de Feedbooks, répondre aux questions ci-dessous est déjà du domaine du possible !

– Je veux tous les romans policiers géolocalisés sur une carte !
– Je veux tous les livres concernant Marseille !
– Je veux tous les livres d’histoire classés par date historique !
– Je veux avoir tous les livres traitant du 11 septembre et ses conséquences.
– Je veux tous les livres concernant l’actualité du jour !
– Je veux les romans préférés des clients de Feedbooks !
– Je veux connaître les avis des libraires.
– Je veux savoir ce qui se dit sur le net sur la Série noire.
– Je veux en un clin d’œil avoir un aperçu de la littérature nordique.
– Je veux connaître les auteurs les plus chroniqués sur le Web !
– Je veux un catalogue qui s’adapte à moi.
– Je veux un catalogue qui entend ce qui se dit sur le Web.
– Je veux un catalogue qui ressemble aux libraires qui sont derrière l’écran !

 

 

Cette semaine (15), nous avons repéré

Le premier billet de la semaine a dédié à notre travail de sélection avec la possibilité d’afficher celle-ci par catégorie, influence, éditeur, auteur, prix… grâce à la recherche à facettes du site.  L’idée étant toujours de bien structurer le catalogue.

 

LES AUTEURS À LA UNE

La littérature africaine : un réalisme proche du fantastique

Pour aller plus loin : Il y a désormais 219 interviews en ligne sur la librairie Feedbooks. N’hésitez pas.

 

Nicolas Eymerich, le parrain de la science-fiction européenne

Pour aller plus loin : Découvrez le catalogue des éditions La Volte.

 

LES EDITEURS À LA UNE

Plein feux sur SylvieAutorouteOperation MillibarLa Compagnie des glaces

Pour aller plus loin : Commencez par notre sélection de dix romans.

 

Nid de guêpesLes ImpliquésComment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amourJe suis la reine

Pour aller plus loin : Commencez par notre sélection de deux romans.

 

PROMO(S)

Cette semaine, suivez les promo Folio  et Promo biographies Tempus. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à suivre les mots-clés #promo ou  #promodujour sur Twitter.

LES SORTIES ATTENDUES DE LA SEMAINE

Ceux du Nord-OuestL'empriseLe pouvoirKhadija

Pour surfer sur le catalogue : Nouveautés / Meilleures Ventes / Notre sélection / En ce moment  / Prix Littéraires.

 

PRIX LITTÉRAIRES

Pour aller plus loin : Feedbooks liste tous les prix littéraires.

 

PETITS PLUS DU BLOG

Timeline des romans adaptés au cinéma les plus téléchargés en ce moment

Pour aller plus loin :  Feedbooks vous propose à présent 14 Frises chronologiques.

 

Famille

Nicolas Eymerich, le parrain de la science-fiction européenne

Les éditions La Volte publient en numérique la grande série Nicolas Eymerich de l’écrivain italien Valerio Evangelisti.

Pour fêter cet événement, je suis aller chercher dans mes archives de médiateur du livre, quelques propos signés Jean-Claude Vantroyen, Cesare Battisti  Valerio Evangelisti qui éclairent cette oeuvre magistrale.

Nicolas Eymerich, InquisiteurLes Chaines d'EymerichLe Corps et le Sang d'EymerichLe Mystère de l'Inquisiteur EymerichCherudekLe Château d'EymerichMater Terribilis

 

Jean-Claude Vantroyen : Nicolas Eymerich, grand inquisiteur d’Aragon, un formidable personnage fait d’ombre et de fureur, de cruauté et de recherche de pureté, de combats permanents entre les forces du bien et du mal qui s’emparent de lui dans un XIVe siècle torturé, est paradoxalement le parrain de la science-fiction européenne. Et avec lui, son créateur, ou plutôt son re-créateur puisque Eymerich a existé, Valerio Evangelisti, écrivain italien dont l’inquisiteur est la face noire.

Cesare Battisti : J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur Valerio Evangelisti il y a à peine trois ans. Nous avons échangé quelques lettres, avant de nous retrouver face à face devant une chope de bière dans un de ces bistros pour insomniaques. Il me parla politique, social, révolution ratée, barrières entre genres littéraires et frontières entre liberté et colonisation. Entre-temps, moi je buvais, la bière d’abord, mais aussi ses mots, qui coulaient directo de son regard vif d’enfant en colère. « Mais enfin, tu écris quoi toi ? j’osai lui demander au cinquième demi. Tu écris des sortes de fables historiques ? « Je t’emmerde, me répondit-il. Je raconte ton putain de présent, qui est aussi fantastique que tes dettes et aussi réel que tes rêves ! » Vous comprenez que, après cela, j’ai commençai à me poser des questions sur la, soit disant, littérature de genre : le roman noir, voire le matérialisme dialectique, à gauche ; le fantastique, soit l’imaginaire, à droite. Et nous, les écrivains des histoires, dans leur poches. Eh ben, nous, on les emmerde les frontières entre les genres ! Car, quand nous nous retrouvons face à notre putain d’écran grisâtre, se ne sont pas les marchands des rayons ni les politiciens colonisateurs d’esprits qui vont écrire les premiers mots. Surtout aujourd’hui, lorsqu’on sait que l’imaginaire collectif est devenu Le moyen de production de richesse.

 

PERSONNAGES

EVANGELISTI-Valerio-01J’ai créé mon personnages à partir de moi-même, des côtés obscurs de ma personnalité. J’ai été, il y a bien d’année, le collaborateur d’un grand psychologue, élève de Erich Fromm, qui voulait écrire un manuel et cherchait quelqu’un capable de l’aider. Au cours de ce travail, j’ai découvert l’existence de la personnalité dite schizoïde et, surtout, j’ai découvert de la partager en partie. En effet, ce que je découvrais c’était que tout ce que je combattais sur un plan rationnel (l’intolérance, l’autoritarisme, l’obscurantisme, etc.) était bien enraciné en moi-même. En plus, cela existait tout autour de moi, dans les personnes et dans la société toute entière.
C’est alors que j’ai conçu l’idée de mettre mon côté sombre dans un personnage de roman, en en faisant une incarnation du mal, oui, mais aussi de la fascination du mal. En obligeant le lecteur à s’y reconnaître, et donc à s’interroger. Le tout placé dans un Moyen Age pas réaliste, malgré l’apparence, mais qui rassemble beaucoup à notre époque.

Je suis pour une littérature de l’ambiguïté, où le choix entre bien et mal soit du lecteur, et non pas du héros ou de l’écrivain. Je peux indiquer deux sources à ma construction des personnages, si différente de celle typique de la SF. D’un côté les grands western-spaghettis à la Sergio Leone, avec leurs  » héros  » cyniques et désabusés ; d’autre côté votre Jean-Patrick Manchette, capable de supprimer toute intervention de l’écrivain dans les prises de position éthiques.

 

SCIENCE-FICTION

Le premier roman que j’ai écrit était Les Chaînes d’Eymerich. Là aussi il y avait un thème scientifique, plus scientifique que les Psytrons, ayant affaire avec les mutations génétique. Je n’ai jamais pensé d’exclure cet élément SF du cycle de l’inquisiteur ; au contraire, j’ai conçu toute la série comme puisant largement dans la science-fiction, bien qu’avec le concours d’autre éléments empruntés à l’horreur, au roman policier, au roman historique etc. Ce qui préoccupait l’éditeur était plutôt l’absence, dans mes premiers romans, d’éléments standardisés de la SF : vaisseaux spatiaux, robots, extraterrestres etc. J’ai été obligé, pour être publié, d’introduire une astronef, bien que mue par la pensée (en hommage au roman de Gustave Le Rouge Le prisonnier de la planète Mars). Ensuite j’ai eu plus de liberté.

Il ne faut pas chercher dans mes écrits l’extrapolation scientifique. Le sujet de fond que j’ai choisi, pour mes romans, est la dévastation psychique engendrée par la perte d’épaisseur humain et par la diffusion généralisée de la personnalité schizoïde. Comme Wells parlait de la crise sociale et Dick de la perte d’identité.

Est-ce science-fiction, la mienne ? Il y a beaucoup d’années, on me défia à définir la SF en une seule phrase (une opération presque impossible). Ma réponse fut :  » La science-fiction est la littérature qui a pour objet les rêves et les cauchemars engendrés par le développement scientifique, technologique, politique et social « . Si on accepte cette définition, on peut plus facilement me classer, ou comprendre mes intentions.

Je ne crois pas à la distinction entre Grande Littérature et littérature de genre, sur le plan qualitatif : tout le contraire ! Mais on est obligés d’accepter la classification puisqu’elle nous a été imposée par la critique littéraire académique. Dans d’autres secteurs de la créativité, cela n’existe pas. Si un critique du cinéma jugeait secondaire John Ford parce qu’il a tourné des westerns, ou Hitchcock parce qu’il a fait des policiers, on le prendrait par fou. En littérature, cela arrive tous les jours.

Quant à moi, je préfère, parmi les auteurs de blanche, ceux de frontière : Pélévine, Palahniuk, Mc Carthy, Pynchon… Mais avec l’espoir constant que la frontière puisse disparaître.

 

RECOLONISER L’IMAGINAIRE

En Italie on a Berlusconi à cause du conditionnement des intelligences qu’il a su opérer à travers ses chaînes de télévision, sous les formes du divertissement. Il a renversé des valeurs qui semblaient acquis, il a imposé des modèles de comportement. Son grand soutien ce sont les femmes de ménage, qui font leurs travaux domestiques avec l’appareil télé allumé.

Mais ce n’est pas seulement une question de Berlusconi. En Italie, pour effacer même le souvenir des luttes sociales des années 70, on a fait table rase de la mémoire. Toutes les disciplines universitaires ont été aplaties, le révisionnisme historique a eu la place d’honneur, même dans sa version négationniste. Les journaux et les chaînes de télé se sont chargés de rendre capillaire l’opération. Le journaliste, au moins dans mon pays, a pris la place de l’intellectuel, mais avec une mission inverse : faire oublier que les phénomènes ont des causes. Les consciences se sont vidées, substituées par des séries d’images sans rapport réciproque.

Je suis convaincu que la littérature populaire peut faire beaucoup, pour redresser la situation. On a vu en France le roman noir mettre le doigt sur les problèmes sociaux, refusant la fonction consolatoire qu’avait souvent le roman policier. Le fantastique pourrait faire encore plus : avec sa capacité de manier les symboles, de pénétrer au delà du rationnel, il est potentiellement capable, à mon avis, de toucher la sphère de l’imaginaire colonisé, et de substituer ses rêves aux rêves qu’on y a implanté.

 

METAL

Je dois ajouter, à titre de curiosité, que j’ai collaboré avec les amis d’un groupe métal italien, les Time Machine, pour la réalisation d’un CD inspiré de Cherudek. Autre curiosité : avec l’écrivain de romans noirs Marcello Fois, j’ai écrit le livret d’un drame lyrique inspiré du Mystère de l’inquisiteur Eymerich, représenté avec succès en Italie. Comme vous voyez, j’ai une liaison très forte avec la musique.

 

 

Mirobole : des horizons noirs et pourpres

Le premier roman des éditions Mirobole est arrivé dans nos tuyaux en mars 2013. Depuis le catalogue s’est enrichi de 5 nouveaux titres.

Les deux créatrices, Nadège Agullo, fervente adepte de culture urbaine et de littérature fantastique, et Sophie de Lamarlière, amoureuse du polar sous toutes ses formes, ont pour ambition de dénicher de nouvelles voix et contrées dans ces deux genres : connaissez-vous la littérature d’anticipation russe, le polar polonais, l’absurde sauce moldave, le conte d’épouvante suédois, le whodunit version turque ?

Nous avons tenu à saluer cette réussite éditoriale par la publication d’une interview sur Feedbooks.

C’est Nadège Agullo qui a répondu… en quelques mots significatifs.

 

Que lisiez-vous adolescentes ?

A 16 ans Christie, Exbrayat, Hitchcock, Poe, S King Maupassant, Zweig…

A 18-20 ans Capote, Bukowski, Fante, John dos Passos, P Auster, Burroughs, Gogol, Italo Calvino, Kundera…

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer cette maison d’édition ?

Le constat que les genres qui nous plaisaient associés aux territoires que nous prospections n’étaient encore que peu représentés dans l’édition française.

Existe-t-il dans votre panthéon des éditeurs français ou étrangers dont le parcours et les choix éditoriaux vous font rêver ?

Quercus à Londres (le découvreur de talent), Soho Press à New York (l’amateur de noir européen), Akashic books New York (le rockeur de l’édition US indépendante), Actes  Sud (le précurseur), Sonatine (l’audacieux), M Toussaint Louverture (pour son flair du livre ‘culte’)

Votre catalogue est déjà étonnant avec par exemple des auteurs comme S. G. Browne et Anders Fager. Quel est le critère déterminant qui déclenche votre envie de publier un roman ?

il n’y a pas franchement de critère rationnel ce serait plutôt un critère instinctif comme une urgence, une évidence qu’un titre doit être publié, nous marchons au coup de cœur.

Vous publiez en papier et en numérique. Actuellement comment se répartissent les ventes entre ses deux supports ?

Entre 1 à 10% de vente d’ebook par rapport à la quantité papier vendue.

 

Mirobole / Collection : Horizons noirs

Mauvaises eaux Nid de guêpes Les Impliqués

Mirobole / Collection : Horizons pourpres

Les Furies de Borås Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et retrouvé l'amour Je suis la reine

A paraître le 17 avril en numérique :  Des mille et une façons de quitter la Moldavie de Vladimir Lortchenkov.

 

Dans la même rubrique

Timeline des romans adaptés au cinéma les plus téléchargés du moment

Lorsque un film sort au cinéma et que celui-ci est une adaptation d’un best seller, nous constatons immédiatement une hausse des téléchargements sur le titre concerné.

Mais, et c’est propre au numérique, les romans adaptés les plus téléchargés du moment ne sont pas forcément sortis hier dans les salles.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder à la timeline  des romans adaptés au cinéma les plus téléchargés du moment . C’est la date de sortie au cinéma qui a été choisie comme date de référence.

Timeline des romans adaptés au cinéma les plus téléchargés en ce moment