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Vous pouvez également vous servir de la liste faite avec les livres choisis en faisant clic ICI.

Zoom sur « Les simples prétextes du bonheur » de Nahal Tajadod

Nahal Tajadod est une écrivaine iranienne d’expression francophone. Docteure en chinois, elle pratique les trois systèmes d’écriture et travaille  sur les rapports historiques entre la Perse et la Chine. Cette mélange des langues nous a donné l’idée de vous présenter un petit tapis persan fait des mots les plus courant utilisés dans « Les simples prétextes du bonheur ».

Les simples prétextes

Présentation

Cécile Renan est une femme singulière. Elle est riche et spendide. Mais cette bonne fortune s’accompagne d’un frisson secret et tenace. Elle a peur de tout perdre, de se perdre, de traverser la vie tout en marchant à côté d’elle-même. Un jour, elle pousse la porte d’une épicerie iranienne à Paris. Que cherche-t-elle ? Elle l’ignore. Mais elle se lie avec le patron et sa famille délurée, fantasque, qui n’ont rien à lui refuser. Ils bouleversent la vie de Cécile et se laissent éblouir par elle.

Téléchargez un extrait

Paru chez JC Lattès, vous pouvez télécharger un extrait en allant à la notice du livre. Pour ce faire il vous suffit de cliquer sur la couverture du livre ci-dessous:

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Littérature iranienne chez Feedbooks:

Vous pouvez trouver d’autres titres de littérature persane dans notre catalogue:

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Egalement paru chez JC Lattès, trouvez l’entrée du blog à propos de Belgravia de Julian Fellowes

 

PM

 

 

« Les Mots entre mes mains » par Guinevere Glasfurd

<<Quand Helena Jans van der Strom arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots apprend seule à lire et à écrire.
Son appétit pour la vie et sa soif de connaissance trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, les différence sociales sont encore trop forte et trop dangereuses. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est gentilhomme, elle est servante.
A partir d’une histoire d’amoure avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d’une femme lumineuse. Un roman de passion et de liberté sur fond de fresque envoûtante des Pays-Bas au « siècle d’or ».>>

 

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EXTRAIT

 

Glace

Je fais le tour de sa chambre à tout petits pas. Ce que je cherche n’est pas là. Son horloge, ses documents, le verre où il range ses plumes sont envolés, disparus. Si j’ai déjà vu cette pièce vide sans m’en alarmer, aujourd’hui, cela ne fait que raviver ma douleur. Ce n’est ni de l’argent ni un souvenir que j’espère trouver ; ce sont des mots, un billet écrit de sa main. Il n’y a rien. Il est parti sans prendre congé et a pris toutes ses affaires avec lui.
Je soulève les draps qu’il a fait tomber du lit et tâte le matelas : il est froid. Même le néant possède une forme. Il est ce qui a existé, ce qui aurait pu advenir.
« Helena ? » M. Sergeant m’appelle du rez-de-chaussée avec une brusquerie inhabituelle.
« Helena ? » Je serre les poings. Plus fort : « Helena ! »
Son ton est sec, presque cassant.J’essuie mes yeux, ravale mes larmes, inspire profondément. J’attrape la rampe et descends l’escalier. La porte d’entrée est grande ouverte, toute la chaleur s’échappe de la maison. En arrivant sur les dalles que j’ai lavées hier, je fais comme toujours : je marche sur la pointe des pieds pour ne pas laisser des traces.
Je m’arrête en apercevant Limousin, qui m’attend dehors avec M. Sergeant. Je repose les pieds à plat sur le sol et me redresse. Lorsqu’ils me voient approcher, ils s’écartent sans rien dire. Ce n’est pas la peine, je sais ce qu’ils pensent.

Le cocher ajuste la bride, lance mon baluchon sur le toit et ajoute en plaisantant, l’air de rien : « Il n’y a que des plumes, là-dedans ! » Les chevaux font claquer leurs sabots et rongent leur frein. Je monte en baissant la tête et referme derrière moi. Sur chaque banquette est posée une couverture pliée, et dessous, un panier rempli de victuailles – des pommes, deux miches de pain, un fromage, de la viande séchée. Des provisions pour deux ou trois jours, peut-
être plus. La vue de toute cette nourriture suffit à me soulever le coeur.

Le cocher annonce à Limousin : « On va passer par Amersfoort et Apeldoorn. Ensuite, si la route est praticable, Deventer ne sera plus qu’à une journée de voyage. L’Yssel est entièrement gelée. Quel hiver… Vous feriez mieux d’attendre. » Limousin réplique sèchement : « Certaines choses ne peuvent pas attendre. »

Il s’installe en face de moi. Il sent le tabac et levin – l’odeur aigre de quelqu’un qui ne s’est pas lavé. Pourvu qu’il n’entende pas l’inquiétude dans ma voix : « Deventer ? »

Il saisit une couverture, l’étale sur ses genoux et me fait signe de l’imiter. Je déplie l’autre, et aussitôt le froid s’étend sur moi, transperce ma jupe et gagne mes jambes. Au moment où le coche commence à rouler, je cherche M. Sergeant ; il n’est plus là. Je comprends alors que c’est vraiment fini ; il n’y aura pas de retour en arrière. J’en ai le souffle coupé.
Limousin croise les bras et se met sur le côté ; une lumière grise éclaire sa pommette. Il doit sentir que je l’observe car il se tourne vers moi.
« Quoi ?
— Nous n’allons pas à Leyde ?
— Leyde ? » Il ricane et sa bouche esquisse un rictus.
« Je ne connais personne à Deventer, le Monsieur le sait. »
Il inspecte ses ongles, fait semblant de réfléchir.
« Limousin, je vous en prie, c’est sûrement une erreur.
— Je ne fais pas erreur. Monsieur n’a pas fait mention de Leyde. Nous allons à Deventer. »
Son regard me dit : Je sais de quoi je parle, et se durcit en s’attardant sur mon ventre. Ce voyage fait de lui un gardien, un seigneur, un maître. Il se
met à l’aise, et j’ai beau presser mes jambes contre la banquette, je ne peux éviter que ses genoux touchent les miens.
En cahotant sur les pavés, le coche se dirige vers les faubourgs. J’essaie de me souvenir où se trouve
Deventer sur la carte, mais elle devient floue, les routes et les canaux s’effacent progressivement. Sentant monter une nausée qui me brûle la gorge, je me jette en avant. « I l faut que je sorte ! » Limousin retire mes doigts de la poignée et me repousse.
« Reste assise ! Assise ! » Il est plus fort que j’aurais cru. Ses lèvres sont blêmes, ses joues se sont couvertes de plaques rouges. « Tu n’as qu’à ne pas bouger. »
Je me frotte l’épaule là où il m’a touchée. Nous roulons le long de Prinsengracht et n’en voyons que la largeur d’un carreau. Sous cette lumière blafarde, les demeures aux volets clos ressemblent à des forteresses froides, aveugles. Nous prenons de la vitesse. Chaque tour de roue nous éloigne de Westermarkt. Voir la ville défiler ainsi m’est insupportable. Deventer, Deventer, Deventer, Deventer: le mot tourbillonne dans mon esprit au rythme du claquement des sabots.
« Que vais-je dire à ma mère ? » C’est sorti malgré moi. Je cache mon visage et les larmes que j’ai retenues toute la matinée jaillissent. J’éclate en sanglots. Limousin fixe le lointain, sans ciller, en apparence peiné par mon chagrin. « N ous allons prier pour ton pardon, Helena. » Je joins les mains en fermant les paupières. Je n’ai jamais entendu cette prière ; je fais des mouvements avec ma bouche pour former des phrases et des sons qui me sont inconnus.
« O Vierge des vierges, ma Mère, je viens vers vous, et gémissant sous le poids de mes péchés… Ne méprisez pas mes prières, mais écoutez-les avec bonté et exaucez-les… »
Mon Dieu pardonnez-moi, mon Dieu pardonnez-moi, mon Dieu pardonnez-moi…
Je rouvre les yeux : nous avons franchi les remparts.
Je croise les bras sur mon ventre.
Seigneur, Monsieur, qu’allons-nous devenir ?

Pour aller plus loin

Téléchargez GRATUITEMENT de notre Domain public les œuvres de Descartes

 Discours de la méthode  

La dioptrique

Traité de la mécanique et Abrégé de la musique
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Vous pouvez avoir accès à la notice du livre en cliquant sur la photo ci-dessous

 

« Les Mots entre mes mains » par Guinevere Glasfurd chez Préludes

 

 

 

Le jeune fille et la guerre

« La jeune fille et la guerre » de Sara Novic vient de paraître chez Fayard. En plus de vous recommander sa lecture, nous vous présentons une petite animation inspiré par la livre.

« Ana mène une existence heureuse à Zagreb avec ses parents, sa petite sœur Rahela et son meilleur ami Luka lorsque la guerre avec les Serbes éclate. Bientôt, ce sont les premiers raids aériens, la peur au quotidien, l’afflux des réfugiés. Mais le pire reste à venir : au cours d’une expédition en Bosnie pour tenter de faire soigner Rahela, Ana et ses parents tombent dans une embuscade. Seule survivante, Ana va apprendre le maniement des armes dans un village rebelle avant de quitter le pays et de trouver refuge aux États-Unis. »

Téléchargez un extrait en faisant clic sur la couverture du livre, puis sur « Télécharger un extrait ».

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Nous vous partageons une nuage des mots le plus courants du livre

la jeune fille et la guerre

 

Pour aller plus loin

Une carte de la Yougoslavie avec des lectures proposées pour approfondir le sujet. Faites clic sur les marqueurs pour accéder à la notice du livre.

Le siège de Sarajevo. Transmission du 13 juin 1992: 03m 02s.

Pour connaître d’autres livres dans la collection « Littérature étrangère » chez Fayard, faites clic ici.

 

PM

 

 

Zoom sur « Belgravia » de Julian Fellowes

Le 15 juin 1815, le bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond réunit à Bruxelles tous les grands noms de la société anglaise. La plupart des beaux officiers présents ce soir-là périront quelques heures plus tard sur le champ de bataille de Waterloo, faisant de cette réception l’une des plus tragiques de l’histoire. Mais cette nuit va aussi bouleverser le destin de Sophia Trenchard, la ravissante fille du responsable de l’intendance du duc de Wellington.
Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard, en pleine ascension sociale, se sont installés dans le nouveau quartier de Belgravia et pensaient laisser derrière eux ces terribles événements. Mais dans un monde en mutation où l’aristocratie côtoie désormais la classe émergente des nouveaux riches, certains sont prêts à tout pour que les secrets du passé ne menacent pas leurs privilèges.

 

EXTRAIT

Le bal avant la bataille

Dans le passé, on est comme en pays étranger, dit-on. Les choses s’y font différemment. Sans doute est-ce vrai en ce qui concerne la morale, les mœurs, le rôle des femmes, le type de gouvernement, et bien d’autres aspects de notre vie quotidienne. Mais il existe aussi des similitudes. L’ambition, l’envie, la rage, la cupidité, la gentillesse, l’altruisme, et plus encore l’amour, ont toujours eu une influence déterminante sur nos choix, hier comme aujourd’hui. Voici l’histoire de personnages qui vécurent il y a deux siècles ; pourtant les désirs, rejets et passions qui les animèrent ressemblent pour beaucoup aux nôtres, tels que nous sommes, dans l’époque où nous vivons.

En juin 1815, Bruxelles paraissait en fête, entre les marchés en plein air où de nombreux badauds circulaient au milieu des éventaires bariolés, et les cabriolets roulant bon train dans les rues pour amener ces dames de la haute société aux derniers rendez-vous mondains, escortées de leurs charmantes progénitures. Qui se serait cru à la veille d’une guerre, dans la capitale d’un pays qui avait été arraché d’un royaume pour être annexé par un autre trois mois plus tôt ? Oui, qui aurait pu imaginer que Napoléon était déjà en marche et qu’il pouvait à tout moment établir son camp en bordure de la ville ?
Mais ces questions n’intéressaient guère Sophia Trenchard, tandis qu’elle fendait la foule d’un pas déjà fort décidé pour ses dix-huit ans. Comme toute jeune fille de bonne famille, en particulier en pays étranger, elle était accompagnée par sa femme de chambre, Jane Croft. Cette dernière avait quatre ans de plus que sa maîtresse ; pourtant, à les voir, c’était Sophia qui paraissait le mieux à même de protéger sa compagne d’éventuelles mauvaises rencontres. Elle était jolie, très jolie même, de ces beautés blondes aux yeux bleus typiquement anglaises, mais au pli déterminé de ses lèvres on voyait que cette jeune demoiselle avait le goût de l’aventure et qu’elle n’attendrait pas la permission de sa mère pour s’y lancer. Elle houspilla sa femme de chambre.
— Dépêche-toi un peu, Jane, sinon il sera déjà parti déjeuner et la journée sera gâchée.
Elle était à cette étape de la vie que chacun traverse peu ou prou, lorsque c’en est fini de l’enfance et qu’un sentiment de fausse maturité vous donne l’impression que tout est possible… jusqu’à ce que l’entrée dans l’âge adulte prouve qu’en définitive il n’en est rien.
— Je vais aussi vite que je peux, mademoiselle, mais c’est un vrai champ de bataille, ici, murmura Jane.
À cet instant, comme pour illustrer ses propos, un hussard la bouscula et continua son chemin sans s’excuser. Si elle n’avait pas la beauté de sa jeune maîtresse, Jane avait un visage avenant aux traits volontaires et au teint vif, qu’on aurait mieux vu à la campagne que dans les rues d’une ville. Elle aussi avait à sa façon un tempérament direct, qualité que Sophia appréciait.
Parvenues à destination, elles quittèrent la grand-rue pour entrer dans une cour qui avait dû être autrefois un marché aux bestiaux. Apparemment, l’armée l’avait réquisitionnée pour en faire un dépôt de ravitaillement. De gros chariots déchargeaient des caisses, des sacs, des cageots qu’on transportait aux entrepôts avoisinants, et c’étaient des va-et-vient continuels d’officiers appartenant à chaque régiment, qui discutaient par petits groupes sur un ton parfois assez vif. L’arrivée de cette belle jeune femme et de sa servante ne manqua pas de faire son effet et les conversations moururent sur les lèvres.
— Ne vous dérangez pas, déclara Sophia à la ronde. Je suis ici pour voir mon père, M. Trenchard.
Un jeune homme s’avança.
— Connaissez-vous le chemin, mademoiselle Trenchard ?
— Oui, je vous remercie.
Elle se dirigea vers ce qui semblait être la grande entrée du bâtiment principal et, suivie d’une Jane toute tremblante, monta l’escalier jusqu’au premier étage. Là encore, des officiers patientaient mais, passant outre, Sophia ouvrit la porte.
— Attends-moi là, signifia-t-elle à Jane qui demeura en arrière, assez contente des regards curieux qu’elle suscitait chez ces messieurs.
La pièce dans laquelle Sophia pénétra était vaste et lumineuse, avec un élégant bureau en acajou et d’autres meubles assortis, mais c’était un cadre convenant mieux aux rendez-vous d’affaires qu’aux mondanités, bref un lieu de travail, non de loisir. Dans un coin, un homme corpulent d’une quarantaine d’années admonestait un fringant officier en uniforme.
— Qui diable se permet de m’interrompre ! lança-t-il en faisant volte-face mais, découvrant sa fille, il changea aussitôt d’humeur et un sourire attendri éclaira son visage empourpré. Alors ? demanda-t-il sans ambages.
Comme Sophia considérait l’officier avec insistance, il comprit son inquiétude et se tourna vers ce dernier.— Capitaine Cooper, je vous prie de bien vouloir m’excuser. Pouvez-vous nous laisser un moment ?
— Fort bien, Trenchard, mais…
— Trenchard ?
— Monsieur Trenchard. Mais la farine doit nous être livrée avant ce soir. Mon commandant m’a fait promettre de ne pas revenir sans cette assurance.
— Et moi, je vous promets de faire de mon mieux, capitaine.
L’officier dut ravaler son irritation, sachant qu’il n’obtiendrait rien de plus en insistant.
Avec un petit salut, il se retira et le père se retrouva seul avec sa fille.
— Tu as réussi ? s’enquit-il aussitôt.Un tel enthousiasme avait quelque chose d’attendrissant, chez cet homme d’affaires rondouillard au crâne dégarni, qui semblait soudain aussi excité qu’un enfant le soir de Noël.Avec une lenteur calculée, Sophia ouvrit son réticule et en sortit délicatement des cartons blancs.
— J’en ai trois, annonça-t-elle, savourant sa victoire. Un pour toi, un pour maman et un pour moi.
Il les lui arracha presque des mains, avec l’avidité d’un homme privé d’eau et de nourriture depuis un mois. Les lettres imprimées en relief étaient simples et élégantes.

La Duchesse de Richmond
Sera chez elle
23 rue de la Blanchisserie
Jeudi 15 juin 1815
Bal à 22 heures          Voitures au petit matin

   Il contempla le carton.
— Je suppose que Lord Bellasis dînera sur place, commenta-t-il.
— La duchesse est sa tante. D’ailleurs il n’y aura pas de dîner à proprement parler. Juste pour la famille et les quelques personnes qui séjournent chez eux… Tu n’attendais pas qu’on t’y invite, tout de même ?
Il en rêvait, mais ne l’escomptait pas.
— Non, non. Je suis ravi.
— D’après Edmund, il y aura un grand souper peu après minuit.
— Tâche de ne l’appeler Edmund devant personne d’autre que moi, la corrigea-t-il, mais il avait retrouvé sa bonne humeur, sa déception momentanée balayée à l’idée de ce que leur réservait l’avenir. Tu dois aller prévenir ta mère, qu’elle ait le temps de se préparer.
Avec l’inconscience de la jeunesse et une confiance en soi que rien n’avait encore altérée, Sophia ne se doutait pas de l’incroyable prouesse qu’elle venait d’accomplir. Elle avait en outre l’esprit plus pratique que son père, encore tout ébloui par cette annonce.
— Il est trop tard pour de nouvelles tenues, déclara-t-elle.
— Mais pas trop tard pour tirer le meilleur parti de celles que nous avons.
— Maman ne voudra pas y aller.
— Elle ira, parce qu’elle le doit.
Sophia s’apprêtait à sortir quand une autre question lui vint à l’esprit :
— Quand lui dirons-nous ?
Pris au dépourvu, il se mit à triturer la chaîne en or de sa montre à gousset. Il y eut un moment de flottement. En apparence, rien n’avait changé, pourtant l’ambiance n’était plus la même et tout observateur aurait deviné que le sujet évoqué à mots couverts était bien plus grave que le choix des toilettes qu’ils porteraient au bal de la duchesse. C’était un secret, un secret partagé.
— Pas encore, répondit Trenchard d’un ton catégorique. Il faut respecter les convenances. Nous devrions lui laisser l’initiative. Rentre, maintenant. Et fais revenir l’autre abruti.
Une fois seul, James Trenchard resta étrangement pensif. En entendant des cris qui montaient de la rue, il s’avança jusqu’à la fenêtre. Un officier se disputait avec un fournisseur. Mais alors, la porte s’ouvrit sur le capitaine Cooper. Trenchard lui fit signe d’entrer. Les affaires reprenaient leur cours.

 

Pour compléter votre lecture, vous pouvez trouver d’autres romans de Fiction historique XIX siècle en faisant clic ici. De même, vous avez d’autres titres de l’auteur disponibles dans notre catalogue:

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PM