Libraire à l'heure du numérique

Zoom sur « Tu seras si jolie… » de Pierre REHOV

Jusqu’où iriez-vous par amour… pour votre animal de compagnie ? Emma, célibataire endurcie et mal dans sa peau, apprend que sa petite chienne, l’amour de sa vie, est atteinte d’une maladie grave et que seuls des traitements au coût exorbitant pourront la sauver. Qu’à cela ne tienne, pour payer les frais vétérinaires, et malgré l’aversion que cela lui inspire, Emma accepte de participer à une émission de téléréalité qui transforme des candidates au physique disgracieux en canons de beauté, à coups de chirurgie plastique.

De son côté, Faouzi est un adolescent perdu, en quête de valeurs, et terrassé par le récent décès de sa mère. En conflit avec son père, et avec ses soeurs qu’il juge trop émancipées, il décide de squatter une résidence avec ses nouveaux frères, qui lui ont promis la paix spirituelle… à condition qu’il suive leurs traces.

Alors que l’une est à l’aube de sa transformation physique et l’autre en voie de radicalisation, Emma et Faouzi verront leurs chemins se croiser. Pourront-ils s’entraider ou vont-ils s’attirer mutuellement des ennuis qu’ils n’auraient pu soupçonner ?

L’idée m’a beaucoup plu. Il me semble d’ailleurs, qu’un reality-show show tel qu’il y est décrit pourrait un jour vraiment exister. Ceci soulève pas mal de questions et invite à la discussion.
Le style est agréable et étant donné la formation de l’auteur très imagé. On voit bien qu’il ne serait pas trop compliqué de faire une adaptation, les scènes ayant été bien construites et le décors bien décrit sans pour autant alourdir la lecture.
Aussi il faut reconnaître que bien que certaines lieux communs guettent tout au long du livre, l’auteur les libre plutôt bien.


Nous vous présentons une petite sélection de livres liés au petit-écran et nous vous encourageons à visiter le catalogue numérique de Belfond ainsi que notre espace dédie à la littérature francophone:

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Une petite sélection pour bien commencer la semaine

 

 

Zoom sur « Lettres à un jeune auteur » de Colum McCann

Publié chez Belfond, « Lettres à un jeune auteur » est un ensemble de vignettes littéraires sur le métier d’écrivain que Colum McCann nous partage dans un style décontracte et très agréable.

Délaissant – momentanément – la fiction, Colum McCann nous livre un petit livre original et fort utile, sorte de guide pour tout aspirant auteur et, plus généralement, pour tout lecteur intéressé par l’écriture. Sans oublier les fans de l’écriture sublime de l’auteur des Saisons de la nuit et de Et que le vaste monde poursuive sa course folle.

Pour ceux qui ont l’envie d’écrire mais qui ne réussissent pas à franchir le pas, ce livre apporte des bonnes idées. Attention, ce n’est pas un livre de techniques mais de conseils ! Littéralement.
Si vous cherchez un livre qui montre des techniques pour l’écriture, ceci n’est pas celui que vous cherchez. Cependant si vous cherchez de la motivation, ce livre est pour vous. En le lisant, vous aurez l’impression de recevoir des lettres d’un ami qui vous fait part de ses idées et qui essaye de vous donner son opinion et vous encourager à continuer.
Lui-même, écrivain reconnu,  l’auteur a l’humilité de mettre à nu pour l’écriture de ce livre qui est une jolie preuve de partage.

Cependant, si vous cherchez plutôt des livres sur les différentes techniques pour écrire, nous vous présentons une petite sélection plus adaptée:

 

N’hésitez pas à nous partager vos commentaires et à jeter un œil à notre compte Instagram:

Et finalement nous vous partageons un extrait de l’émission « La grande librairie » où Colum MacCann a parlé de son livre:

Victor del Árbol gagne le Prix Polar SNCF 2018 avec “Toutes les vagues de l’ocean”

Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après avoir étudié l’Histoire, il travaille dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne.
Dans la collection “Actes noirs” ont paru ses romans La Tristesse du samouraï (2012, prix du polar européen 2012 du Point et finaliste du prix polar SNCF 2013) et La Maison des chagrins (2013) et cette année il gagne à nouveau le Prix Polar SNCF avec un record de plus de 44000 votes.

Interview à Victor Del Arbol à propos de son plus récent roman « Toutes les vagues de l’Océan » publié chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs.

Alcázar a dit : “Ainsi avançait le monde, lentement, par de petits gestes héroïques et stériles.” Pensez-vous que les vrais héros existent ? Qu’est-ce qu’un héros, selon vous ?

Oui, les héros existent. Ce sont ces hommes et ces femmes qui s’engagent avec leur temps, avec leur réalité, ceux qui ne se résignent pas à être un océan, mais qui luttent pour être une goutte. Il arrive que celui qui lutte pour pousser sa famille vers l’avant, que celui qui décide d’aimer sans mentir, que celui qui essaie de rester digne et de ne pas se trahir, n’ait pas conscience de son rôle de héros. Ces héros qui choisissent leurs batailles, qui tombent et se relèvent, et qui ne perdent jamais la face. C’est en ces héros, souvent anonymes, que je crois.

Vos personnages sont nuancés, vous les peignez dans une vaste gamme de gris. Quelle relation entretenez-vous avec les personnages de votre roman ? D’où viennent-ils ?

J’essaie de les comprendre dans leur humanité, qui est la mienne et celle de n’importe qui. Je les définis d’abord physiquement, psychologiquement, j’établis leurs biographies, j’écoute ce qu’ils disent, je regarde ce qu’ils font. Et après les avoir longtemps observés, je les remets en cause. Je remets en question leurs supposées certitudes. Je tente de rompre avec leurs préjugés… En définitive, j’essaie de fendre leurs carapaces pour arriver au cœur de ce qu’ils sont. Dans la plupart de cas, des êtres contradictoires, fragiles, vacillants.

Le roman est imprégné d’une nostalgie et d’une tristesse constante. Comment avez-vous créé cette atmosphère ? Y a-t-il un processus d’écriture particulier ?

Le roman qui explore l’être humain sera toujours teinté de clairs-obscurs, de la tristesse d’avoir perdu la naïveté enfantine, de l’innocence que nous dérobe le temps qui passe. Perdre l’enfance, c’est être livré à un monde de contraintes, de concessions, un monde dans lequel nous ne pouvons plus regarder la réalité en face. Nous poursuivons notre chemin, et il est souvent difficile.
Je ne prétends pas le cacher, mais je crois qu’il y a quelque chose de beau et de tendre dans chaque être humain, une certaine solitude qui se manifeste à la naissance comme à la mort, et dans cette vaine intention de perpétuer notre existence à travers l’art, la poésie, la musique, nos enfants…

La plupart de vos personnages ont, en quelque sorte, signé une trêve avec leur mémoire. Ils l’ont modifiée, la faisant passer pour un oubli qui n’en est pas un…

C’est une chose que font les sociétés qui, d’une certaine façon, ont besoin, d’un compromis avec leur passé. L’Espagne en est l’exemple parfait. Je crois que la mémoire est une construction qui, souvent, élude des épisodes de notre histoire. Ceux-là mêmes qui perturbent le discours qui nous définit, ou qui prétend nous définir. Si bien qu’en devenant récit, la mémoire ment, en ce sens qu’elle n’est pas disposée à assumer pleinement toutes les péripéties du passé. Nous faisons semblant de nous intéresser au futur. Peut-être parce que nous sommes des « nomades de la lumière », comme le disait de Staël, parce que l’obscurité que nous laissons derrière-nous nous effraie.

On ne peut pas modifier le passé, et vous avez évoqué à plusieurs occasions le besoin de travailler sur la mémoire nationale. Si cela dépendait de vous, quelles mesures concrètes mettriez-vous en place pour y parvenir ?

J’exhorterais les générations ayant vécu les pires années de la dictature à se rendre dans les écoles pour en parler. Je ferais de la Guerre civile et du franquisme une matière d’étude approfondie dans les lycées. Je convoquerais une assemblée d’écrivains, d’historiens, de journalistes et d’hommes politiques afin d’établir une sorte de « dix commandements » contre le manichéisme, la manipulation sectaire et le mensonge. Je transformerais le Valle de los Caídos en siège central des archives de la Guerre civile et en un centre d’études. J’ouvrirais les fosses communes et serais le porte-parole des familles qui veulent récupérer les leurs. Il y a tant de choses qui pourraient être faites contre la trivialisation et l’oubli. Et la première serait de doter d’un contenu concret – avec des fonds suffisants – la loi dévaluée de la Mémoire historique.

Finalement, en tant qu’écrivain, quelles sont pour vous les limites à ne pas franchir ?

À mon avis, un écrivain ne doit pas transformer la fiction en pamphlet. Parce que le pamphlet, forcément dogmatique, finit par devenir un cliché. Un écrivain ne ment pas, il explore les différents aspects de la réalité, et tente de le faire avec honnêteté intellectuelle, effort esthétique et volonté littéraire. Tout ce qui ne correspond pas à cela est certes respectable, mais n’est pas valable pour moi.

 

« Toutes les vagues de l’Océan » arrivent à Barcelone.

Retrouvez les adresses et promenez-vous dans les différents quartiers qui apparaissent dans le livre:

Roman noir extrêmement bien documenté, Toutes les vagues de l’Océan est surtout une intrigue historique. Le point de départ est l’idéalisme de la jeunesse qui se casse face à la vie et au temps qui passe. Le point d’arrivée c’est à vous de le découvrir en lisant cet admirable livre de Victor del Arbolpublié par Actes Sud.

 

Zoom sur « Un manoir en Cornouailles » de Eve Chase

Eve Chase est un pseudonyme. Journaliste, Eve Chase avait toujours voulu écrire une saga familiale et des récit sur des maisons grandes et vieilles. Mariée et mère de trois fils, celui-ci est son premier roman.

Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.

Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?

Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l’amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.

 

C’est une lecture agréable qui, en dépit de quelques détails, nous accroche très bien. Il faut prendre en compte qu’il s’agit d’un premier roman et de ce point de vue, le livre est vraiment bien abouti.
L’auteur aurait eu beaucoup à gagner en prennant le risque de tout raconter du point de vue d’Amber. Il y avait là une histoire forte qui se délaie avec l’histoire de Lorna.
Le récit de Lorna pourrait être intéressant mais vu le contraste de style et de profondeur qu’il fait avec celui d’Amber, j’ai fini je l’avoue, pour lire la partie de Lorna en diagonale pas mal de fois. 

« Nos vies sont tellement différents. <<S’activer est tonique >>, d’après papa, […] »

 

Publié chez Nil,  ce roman s’inscrit dans la tradition littéraire britannique de récits familiaux, raison pour laquelle nous en vous proposons une petite sélection de titres similaires:

Finalement, on vous dit: Lissez « Un manoir à Cornouailles » à nous partager votre opinion dans la section de commentaires.