Libraire à l'heure du numérique

L’île du serment de Peter May

Les éditions Le Rouergue publient le 3 septembre 2014 un nouveau roman de Peter May. L’île du serment « contient » tous les ingrédients du bon polar. 

 

Nuage de tags généré d'après le roman

Nuage de tags généré d’après le roman

DEUX LIEUX MAGIQUES

  1. Les Hybrides (Ecosse) avec « les paysages marins, les montagnes, les tourbières nues balayées par le vent. »
  2. L’île d’Entrée (Canada francophone), « presque inchangée depuis deux siècles. Le soleil illuminant la surface de la baie en direction des autres îles de l’archipel posées sur l’horizon. »

DEUX TEMPS DE LA NARRATION

  1. 1840. La famine des Gaëls dans les Hybrides dans les années 1840 et leur expulsion de force vers le Canada.
  2. Aujourd’hui, un meurtre, une équipe d’enquêteur sur une île de pêcheurs de homard.

Peter May : « Je voulais aborder le sujet de l’expulsion des Gaëls. Il y a de nombreux ouvrages sur ce sujet, mais aucun d’entre eux n’est une œuvre de fiction. Étant un auteur de romans policiers contemporains, le problème était que je ne souhaitais pas écrire un roman historique. J’ai résolu ce problème en écrivant une histoire qui se passe à notre époque, située dans les îles de la Madeleine au Québec, où se sont retrouvés de nombreux Ecossais des Hébrides qui avaient été chassés de leurs terres. De cette façon, j’ai pu créer un lien entre le passé et le présent. »

DEUX LANGUES

Le gaélique contre l’anglais, l’anglais contre le français (Sur L’île d’Entrée, les habitants parlent majoritairement l’anglais alors les Îles de la Madeleine, on parle français), le gaélique irlandais contre le gaélique écossais…

UN ROMAN BIEN DOCUMENTÉ

Peter May : « La recherche est un élément fondamental de mon processus. En développant une idée à partir d’une première réflexion, je fais beaucoup de recherche qui ensuite nourrit ce développement. Et lorsque l’idée et les personnages ont pris forme, je me rends sur les lieux où l’histoire va se dérouler. Le lieu et l’atmosphère qu’il véhicule ont une importance capitale dans mes romans, et je n’écris jamais sur un endroit sans y être allé auparavant. »

DEUX FEMMES ET UNE HISTOIRE D’AMOUR À TRAVERS LES SIÈCLES

Peter May : « J’ai toujours été attiré par les histoires d’amours, et j’ai toujours voulu en écrire une. De bien des façons, je pense avoir atteint cet objectif dans la trilogie Lewis. Mais, bien sûr, mon expérience de la littérature et de la culture française a donné forme à cette ambition, donc je pense qu’il serait juste de dire que la France a, en partie, servi d’inspiration pour l’histoire de L’île du serment. »

UN FLIC NEURASTHÉNIQUE  

Peter May : « L’enquêteur insomniaque servait parfaitement mon histoire, parce qu’un des effets de l’insomnie est que, bien que celui qui en souffre ne peut pas dormir la nuit, il fait fréquemment de courtes siestes pendant lesquelles il rêve de manière intense et très claire. En le faisant rêver du passé, cela m’a permis d’explorer la mémoire de mon personnage et l’origine de ses rêves, le menant à se rappeler d’histoires que lui racontait sa grand-mère lorsqu’il était enfant. »

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Paris sur le blog

Feedbooks est une librairie numérique certes multilingue mais pourtant bien parisienne. Nos  bureaux sont situés rue de Paradis, “entre le passage du désir et la rue de la fidélité” dans le dixième arrondissement. Et tout au long de l’année, les libraires ne l’oublient pas. Ci-dessous, 10 manières d’aborder Paris par les livres.

 

 

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7 liens pour surfer autrement sur le catalogue de la librairie

Au quotidien, les libraires classent, enrichissent le catalogue et trouvent aussi chaque jour une nouvelle façon de vous présenter un pan de la production éditoriale.

A la veille du week-end du 15 août, nous vous proposons un récapitulatif de 7 liens essentiels pour découvrir la richesse du catalogue de la librairie Feedbooks et trouver ainsi le bon livre à télécharger.

Rouge ou mort de David Peace

Les éditions Rivages publient le 20 août 2014 un nouveau roman de David Peace intitulé Rouge et noir. En avant première, Feedbooks publie des extraits du roman accompagnés d’un commentaire de lecture.

Rouge

Bill Shankly était un personnage populaire, énergique, généreux, attachant qui ne ménagea pas et qui savait dire. Entraîneur du Liverpool Football Club de 1960 à 1974, il remonta le club en première division et créa les structures pour que le club reste en haut de l’affiche après son départ. Fou de football – c’était sa religion -, il était aussi socialiste par sa condition sociale - il habilla tout en rouge ses joueurs  -, et défendit le collectif contre l’individualisme : pour lui,  il n’y avait qu’un seul footballeur sur le terrain –  Li-ver-pool, Li-ver-pool —LI-VER-POOL – soutenu par des supporters qui ne perdent jamais espoir même quand le club est largement mené.

A l’issue de chaque grande victoire, Bill Shankly n’oubliait jamais de remercier les habitants de Liverpool qui de leur côté l’avaient transformé en dieu vivant.

Bill n’a d’yeux que pour le Kop. Le Spion Kop. Il n’y a pas de places vides dans le Kop. Le Spion Kop. Le Kop est plein, le Kop se soulève. Le Kop chante, le Kop scande, Shank-ly, Shank-ly, Shank-ly…
Shank-ly, Shank-ly, Shank-ly…
Shankly est Notre Roi…
Devant le Kop. Le Spion Kop. La tête baissée. Les yeux clos. Bill refoule ses larmes. Bill a du mal à respirer.
Et vous serez toujours notre roi,
Vous serez toujours notre roi
Vous serez toujours notre roi…NOTRE ROI.

Rouge ou mort décrit un monde disparu, englouti par le libéralisme et l’arrivée de Thatcher au pouvoir. Un monde où « tous ensemble » générait fierté et bonheur dans une ville déjà ravagée par la débandade économique mais en communion avec cet homme exceptionnel. La deuxième partie du roman intégrera deux longs échanges entre Bill Shankly  et Harold Wilson, Premier ministre travailliste du Royaume-Uni de 1964 à 1970 et de 1974 à 1976.

Rouge ou mort est extraordinaire par sa forme. Un pavé de 700 pages qui propose une écriture sans aucune fioriture. David Peace se contente de décrire les faits et uniquement les faits. Du pur behaviorisme. Une écriture répétitive, une symphonie des gestes à la Philip Glass qui prend bien. J’ai compté 796 occurrences de Bill et 305 de Shankly. Le lecteur enchaîne les résultats sportifs, les rachats de footballeurs, les nuits blanches de Bill à la recherche de l’équipe idéale… L’écriture fait immanquablement penser à celle adoptée par James Ellroy dans American Death Trip. Mais c’est plus réussi car il s’en dégage au final une plus grande poésie.

Bill Shankly bondit de sa caisse de bière. Bill sort un objet de sa poche de veste. Un carnet. Bill Shankly en fait tourner les pages. Les pages couvertes de notes. Puis Bill Shankly stoppe net. Bill Shankly tend à Bob Paisley le carnet ouvert —
Regarde ça, dit Bill Shankly. Regarde ça, Bob ! Ça pourrait bien être exactement la solution. Ça pourrait bien être exactement ce qu’il nous faut, Bob.
Bob Paisley prend le carnet des mains de Bill Shankly. Bob Paisley regarde les lignes tracées sur la page. Les lignes d’un croquis, les lignes d’un schéma. Et Bob Paisley demande, Qu’est-ce que c’est, patron ? Qu’est-ce que c’est ?
C’est un cube, répond Bill Shankly. C’est un cube, Bob !
Quel genre de cube, patron ?
Un cube pour les faire transpirer, Bob. Un cube pour les faire transpirer.
Bob Paisley examine de nouveau les lignes tracées sur la page. Les lignes d’un croquis, les lignes d’un schéma. Les contours d’un cube. Bob Paisley hoche la tête. Et Bob Paisley dit, Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

 

J’ai eu les yeux humides du début à la fin de Rouge ou mort de David Peace. J’espère que vous ne passerez pas à côté  de ce roman (disponible à partir du 20 août aux éditions Rivages), aussi sec dans son style que généreux dans son contenu.

Oui, le bruit était déjà là. Oui. Mais pas les chansons. Les chansons, c’est venu plus tard. Les chansons sont arrivées avec les Beatles. Et puis Gerry Marsden et son You’ll Never Walk Alone. Et puis Hé-Ho-Addio. Tout ça est arrivé alors qu’on commençait à monter au classement, en 1964, 1965. Et on a gagné la Coupe pour la première fois…

Le 12 août, téléchargez un livre québécois

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