Libraire à l'heure du numérique

Le jeune fille et la guerre

« La jeune fille et la guerre » de Sara Novic vient de paraître chez Fayard. En plus de vous recommander sa lecture, nous vous présentons une petite animation inspiré par la livre.

« Ana mène une existence heureuse à Zagreb avec ses parents, sa petite sœur Rahela et son meilleur ami Luka lorsque la guerre avec les Serbes éclate. Bientôt, ce sont les premiers raids aériens, la peur au quotidien, l’afflux des réfugiés. Mais le pire reste à venir : au cours d’une expédition en Bosnie pour tenter de faire soigner Rahela, Ana et ses parents tombent dans une embuscade. Seule survivante, Ana va apprendre le maniement des armes dans un village rebelle avant de quitter le pays et de trouver refuge aux États-Unis. »

Téléchargez un extrait en faisant clic sur la couverture du livre, puis sur « Télécharger un extrait ».

3f

Nous vous partageons une nuage des mots le plus courants du livre

la jeune fille et la guerre

 

Pour aller plus loin

Une carte de la Yougoslavie avec des lectures proposées pour approfondir le sujet. Faites clic sur les marqueurs pour accéder à la notice du livre.

Le siège de Sarajevo. Transmission du 13 juin 1992: 03m 02s.

Pour connaître d’autres livres dans la collection « Littérature étrangère » chez Fayard, faites clic ici.

 

PM

 

 

Zoom sur « Belgravia » de Julian Fellowes

Le 15 juin 1815, le bal devenu légendaire de la duchesse de Richmond réunit à Bruxelles tous les grands noms de la société anglaise. La plupart des beaux officiers présents ce soir-là périront quelques heures plus tard sur le champ de bataille de Waterloo, faisant de cette réception l’une des plus tragiques de l’histoire. Mais cette nuit va aussi bouleverser le destin de Sophia Trenchard, la ravissante fille du responsable de l’intendance du duc de Wellington.
Vingt-cinq ans plus tard, les Trenchard, en pleine ascension sociale, se sont installés dans le nouveau quartier de Belgravia et pensaient laisser derrière eux ces terribles événements. Mais dans un monde en mutation où l’aristocratie côtoie désormais la classe émergente des nouveaux riches, certains sont prêts à tout pour que les secrets du passé ne menacent pas leurs privilèges.

 

EXTRAIT

Le bal avant la bataille

Dans le passé, on est comme en pays étranger, dit-on. Les choses s’y font différemment. Sans doute est-ce vrai en ce qui concerne la morale, les mœurs, le rôle des femmes, le type de gouvernement, et bien d’autres aspects de notre vie quotidienne. Mais il existe aussi des similitudes. L’ambition, l’envie, la rage, la cupidité, la gentillesse, l’altruisme, et plus encore l’amour, ont toujours eu une influence déterminante sur nos choix, hier comme aujourd’hui. Voici l’histoire de personnages qui vécurent il y a deux siècles ; pourtant les désirs, rejets et passions qui les animèrent ressemblent pour beaucoup aux nôtres, tels que nous sommes, dans l’époque où nous vivons.

En juin 1815, Bruxelles paraissait en fête, entre les marchés en plein air où de nombreux badauds circulaient au milieu des éventaires bariolés, et les cabriolets roulant bon train dans les rues pour amener ces dames de la haute société aux derniers rendez-vous mondains, escortées de leurs charmantes progénitures. Qui se serait cru à la veille d’une guerre, dans la capitale d’un pays qui avait été arraché d’un royaume pour être annexé par un autre trois mois plus tôt ? Oui, qui aurait pu imaginer que Napoléon était déjà en marche et qu’il pouvait à tout moment établir son camp en bordure de la ville ?
Mais ces questions n’intéressaient guère Sophia Trenchard, tandis qu’elle fendait la foule d’un pas déjà fort décidé pour ses dix-huit ans. Comme toute jeune fille de bonne famille, en particulier en pays étranger, elle était accompagnée par sa femme de chambre, Jane Croft. Cette dernière avait quatre ans de plus que sa maîtresse ; pourtant, à les voir, c’était Sophia qui paraissait le mieux à même de protéger sa compagne d’éventuelles mauvaises rencontres. Elle était jolie, très jolie même, de ces beautés blondes aux yeux bleus typiquement anglaises, mais au pli déterminé de ses lèvres on voyait que cette jeune demoiselle avait le goût de l’aventure et qu’elle n’attendrait pas la permission de sa mère pour s’y lancer. Elle houspilla sa femme de chambre.
— Dépêche-toi un peu, Jane, sinon il sera déjà parti déjeuner et la journée sera gâchée.
Elle était à cette étape de la vie que chacun traverse peu ou prou, lorsque c’en est fini de l’enfance et qu’un sentiment de fausse maturité vous donne l’impression que tout est possible… jusqu’à ce que l’entrée dans l’âge adulte prouve qu’en définitive il n’en est rien.
— Je vais aussi vite que je peux, mademoiselle, mais c’est un vrai champ de bataille, ici, murmura Jane.
À cet instant, comme pour illustrer ses propos, un hussard la bouscula et continua son chemin sans s’excuser. Si elle n’avait pas la beauté de sa jeune maîtresse, Jane avait un visage avenant aux traits volontaires et au teint vif, qu’on aurait mieux vu à la campagne que dans les rues d’une ville. Elle aussi avait à sa façon un tempérament direct, qualité que Sophia appréciait.
Parvenues à destination, elles quittèrent la grand-rue pour entrer dans une cour qui avait dû être autrefois un marché aux bestiaux. Apparemment, l’armée l’avait réquisitionnée pour en faire un dépôt de ravitaillement. De gros chariots déchargeaient des caisses, des sacs, des cageots qu’on transportait aux entrepôts avoisinants, et c’étaient des va-et-vient continuels d’officiers appartenant à chaque régiment, qui discutaient par petits groupes sur un ton parfois assez vif. L’arrivée de cette belle jeune femme et de sa servante ne manqua pas de faire son effet et les conversations moururent sur les lèvres.
— Ne vous dérangez pas, déclara Sophia à la ronde. Je suis ici pour voir mon père, M. Trenchard.
Un jeune homme s’avança.
— Connaissez-vous le chemin, mademoiselle Trenchard ?
— Oui, je vous remercie.
Elle se dirigea vers ce qui semblait être la grande entrée du bâtiment principal et, suivie d’une Jane toute tremblante, monta l’escalier jusqu’au premier étage. Là encore, des officiers patientaient mais, passant outre, Sophia ouvrit la porte.
— Attends-moi là, signifia-t-elle à Jane qui demeura en arrière, assez contente des regards curieux qu’elle suscitait chez ces messieurs.
La pièce dans laquelle Sophia pénétra était vaste et lumineuse, avec un élégant bureau en acajou et d’autres meubles assortis, mais c’était un cadre convenant mieux aux rendez-vous d’affaires qu’aux mondanités, bref un lieu de travail, non de loisir. Dans un coin, un homme corpulent d’une quarantaine d’années admonestait un fringant officier en uniforme.
— Qui diable se permet de m’interrompre ! lança-t-il en faisant volte-face mais, découvrant sa fille, il changea aussitôt d’humeur et un sourire attendri éclaira son visage empourpré. Alors ? demanda-t-il sans ambages.
Comme Sophia considérait l’officier avec insistance, il comprit son inquiétude et se tourna vers ce dernier.— Capitaine Cooper, je vous prie de bien vouloir m’excuser. Pouvez-vous nous laisser un moment ?
— Fort bien, Trenchard, mais…
— Trenchard ?
— Monsieur Trenchard. Mais la farine doit nous être livrée avant ce soir. Mon commandant m’a fait promettre de ne pas revenir sans cette assurance.
— Et moi, je vous promets de faire de mon mieux, capitaine.
L’officier dut ravaler son irritation, sachant qu’il n’obtiendrait rien de plus en insistant.
Avec un petit salut, il se retira et le père se retrouva seul avec sa fille.
— Tu as réussi ? s’enquit-il aussitôt.Un tel enthousiasme avait quelque chose d’attendrissant, chez cet homme d’affaires rondouillard au crâne dégarni, qui semblait soudain aussi excité qu’un enfant le soir de Noël.Avec une lenteur calculée, Sophia ouvrit son réticule et en sortit délicatement des cartons blancs.
— J’en ai trois, annonça-t-elle, savourant sa victoire. Un pour toi, un pour maman et un pour moi.
Il les lui arracha presque des mains, avec l’avidité d’un homme privé d’eau et de nourriture depuis un mois. Les lettres imprimées en relief étaient simples et élégantes.

La Duchesse de Richmond
Sera chez elle
23 rue de la Blanchisserie
Jeudi 15 juin 1815
Bal à 22 heures          Voitures au petit matin

   Il contempla le carton.
— Je suppose que Lord Bellasis dînera sur place, commenta-t-il.
— La duchesse est sa tante. D’ailleurs il n’y aura pas de dîner à proprement parler. Juste pour la famille et les quelques personnes qui séjournent chez eux… Tu n’attendais pas qu’on t’y invite, tout de même ?
Il en rêvait, mais ne l’escomptait pas.
— Non, non. Je suis ravi.
— D’après Edmund, il y aura un grand souper peu après minuit.
— Tâche de ne l’appeler Edmund devant personne d’autre que moi, la corrigea-t-il, mais il avait retrouvé sa bonne humeur, sa déception momentanée balayée à l’idée de ce que leur réservait l’avenir. Tu dois aller prévenir ta mère, qu’elle ait le temps de se préparer.
Avec l’inconscience de la jeunesse et une confiance en soi que rien n’avait encore altérée, Sophia ne se doutait pas de l’incroyable prouesse qu’elle venait d’accomplir. Elle avait en outre l’esprit plus pratique que son père, encore tout ébloui par cette annonce.
— Il est trop tard pour de nouvelles tenues, déclara-t-elle.
— Mais pas trop tard pour tirer le meilleur parti de celles que nous avons.
— Maman ne voudra pas y aller.
— Elle ira, parce qu’elle le doit.
Sophia s’apprêtait à sortir quand une autre question lui vint à l’esprit :
— Quand lui dirons-nous ?
Pris au dépourvu, il se mit à triturer la chaîne en or de sa montre à gousset. Il y eut un moment de flottement. En apparence, rien n’avait changé, pourtant l’ambiance n’était plus la même et tout observateur aurait deviné que le sujet évoqué à mots couverts était bien plus grave que le choix des toilettes qu’ils porteraient au bal de la duchesse. C’était un secret, un secret partagé.
— Pas encore, répondit Trenchard d’un ton catégorique. Il faut respecter les convenances. Nous devrions lui laisser l’initiative. Rentre, maintenant. Et fais revenir l’autre abruti.
Une fois seul, James Trenchard resta étrangement pensif. En entendant des cris qui montaient de la rue, il s’avança jusqu’à la fenêtre. Un officier se disputait avec un fournisseur. Mais alors, la porte s’ouvrit sur le capitaine Cooper. Trenchard lui fit signe d’entrer. Les affaires reprenaient leur cours.

 

Pour compléter votre lecture, vous pouvez trouver d’autres romans de Fiction historique XIX siècle en faisant clic ici. De même, vous avez d’autres titres de l’auteur disponibles dans notre catalogue:

 2f  782218  1572004

 

PM

L’ultime secret de Frida K.

Un polar latinoamericain qui nous faisant suivre la trace d’un autoportrait peint par Frida Kahlo pour son amant Trotski et nous montre un autre visage de la société Mexicaine contemporaine.

L’ultime secret de Frida K. de Gregorio León nous permet aussi de nous balader avec nonchalance pour les quartiers les plus populaires de la Ville de México.

Voici une petite carte littéraire qui signale les points les plus importants de cette amusante intrigue.

 

PM

Fêtez la Saint Patrick

Fêtez la Saint Patrick en lisant un peu de littérature irlandaise. Comme vous les savez, nous aimons les nuages des mots, voici une qui regroupe le noms des auteurs présents dans le catalogue.

Si vous êtes de ceux qui aiment avoir une expérience de lecture plus globale, nous vous conseillons d’accompagner votre ebook d’un café irlandais, d’un bon fond de whisky, d’une guiness ou même d’un thé noir bien chargé.

Umberto Eco

On pourrait parler beaucoup d’Umberto Eco et de sa trajectoire en tant qu’écrivain, traducteur et sémiologue. Mais parfois il est préférable de laisser les livres parler d’eux mêmes. Si vous n’avez encore lu un de ses essais, romans ou articles, ou si vous avez déjà lu un et que vous voulez vous y plonger encore, voici une présentation de les titres disponibles.