Libraire à l'heure du numérique

Abécédaire partiel de la rentrée littéraire 2014

Cet abécédaire de la rentrée littéraire 2014 a été réalisé d’après les interviews publiées sur Feedbooks. A chaque lettre, vous avez un accès à l’interview (en cliquant sur l’auteur) et au téléchargement du livre (en cliquant sur le titre).

 

A comme amitié.  « Je ne sais pas vraiment quel est le thème de mon roman, mais je pense qu’il est question d’amitié. » Nickolas Butler à propos de Retour à Little Wing.

B comme Bill Shankly.  « J’ai surtout essayé de montrer le travail de cet homme (l’énorme sacrifice et tous les efforts déployés pour sortir Liverpool FC de leur position en 1959) à travers l’ascension du club et jusqu’au départ en retraite de Bill Shankly. En procédant de cette manière, je me suis largement inspiré de quelque chose que Shankly lui-même a dit après être parti : que, comme une rivière, le football est incessant, et quand on se trouve dedans, on ne peut pas en sortir.  » David Peace à propos de Rouge ou noir.

C comme collocation. « Claire, Juliette, Kader et Tisha ont une vingtaine d’années. C’est l’âge des premières épreuves initiatiques, celles que l’on traverse seul. Dans un monde où couple et travail ne sont plus des valeurs certifiées, tous quatre se sont regroupés en colocation. » Frédérique Martin à propos de Sauf quand on les aime.

D comme dogmatisme. « On sait qu’Ératosthène s’est opposé à tous les philosophes de son temps, on a le souvenir de disputes, de pamphlets, de moqueries à son égard. Tout ce bruit a survécu à ses œuvres, c’est assez étonnant. Il fallait bien qu’il ait une position particulière, loin de toutes les écoles. Il a d’ailleurs été critiqué pour son éclectisme, sa versatilité, sa façon de toucher à tout… et souvent avec génie, quand on regarde selon notre perspective. » Thierry Crouzet à propos d’Ératosthène.

E comme écrivain. « Ecrire c’est toujours révéler beaucoup de soi. En tant que lecteur, je chercher toujours à déchiffrer la personnalité de l’auteur qu’il y a derrière le texte que je lis. » Serge Joncour à propos de L’écrivain national.

F comme condition de la femme. « MA rêve de liberté et de réussite, puis vient l’empavillonnement, le mariage, les enfants, et comme beaucoup de femmes c’est vers 30 à 35 ans que M.A. se rend compte qu’elle est coincée dans un système où “Les Choses” décident pour elle. » Sophie Divry à propos de La condition pavillonnaire.

G comme guerre. « Je dirais que l’armée est en fin de compte une situation qui est naturellement comique, d’une certaine façon : on prend des gens très jeunes et on leur donne un uniforme et des positions et on s’attend à ce qu’ils se comportent d’une certaine façon, comme s’ils jouaient dans une pièce de théâtre. » Shani Boianjiu à propos de Nous faisions semblant d’être quelqu’un d’autre.

H comme famine dans les Hébrides. « On en sait beaucoup plus sur la Grande Famine en Irlande, principalement parce que les conséquences sur la population furent bien plus graves. En Écosse, le gouvernement et les associations avaient créé des comités de secours afin de remédier aux répercussions de la famine. » Peter May à propos de L’île du serment.

I comme indigné. « Barcelone où se déroule la plus grande partie du roman est une ville à la mémoire longue (les années 36) et à la vie immédiate (les mouvements alternatifs d’aujourd’hui.) Il y a entre la résistance républicaine catalane et l’engagement des jeunes indignés, un pont, un relais, une espérance. Riche toile de fond pour un roman. » Franck Pavloff à propos de L’Enfant des marges.

J comme juif de Russie immigrés aux États-Unis. « L’ancienne génération n’est pas seulement davantage liée à la culture d’origine, elle y est piégée. Ils ne veulent pas abandonner leur culture. Des gens comme le grand-père de Slava, l’Union Soviétique survit à travers eux. Les gens qui sont restés en Russie, qui ne sont pas partis, ils ont continué à changer avec leur pays, pour le meilleur ou pour le pire, mais ils ne sont plus soviétiques, ils sont russes. » Boris Fishman à propos d’Une vie d’emprunt.

K comme Kvaløya. « Je me suis rendu à Kvaløya, et, aussitôt arrivé, j’ai été happé par cette superbe lumière. C’était calme et il y avait plein de petites maisons sur le rivage, la mer tout autour, et je me suis dit que je voulais écrire sur cet endroit.  » John Burnside à propos de L’Été des noyés.

L comme licenciement.  « Par un matin ensoleillé, Antoine est licencié. Le choc est brutal. Son couple tangue, ses certitudes s’effondrent, son ego vacille. » Jennifer Murzeau à propos de Il bouge encore.

M comme mer de Barents.  « À Hammerfest, petite ville de l’extrême nord de la Laponie, au bord de la mer de Barents, le futur Dubai de l’Arctique, tout serait parfait s’il n’y avait pas quelques éleveurs de rennes et la transhumance… » Olivier Truc à propos de Le détroit du Loup.

N comme nourriture.  « Bienvenue chez les Middlestein, une famille au bord de la crise de nerfs depuis que Edie, la mère, risque d’y passer si elle ne prend pas au sérieux ses problèmes d’obésité. Cerise sur le gâteau, le père la quitte pour découvrir à soixante ans les affres du speed dating. » Jami Attenberg à propos de La Famille Middlestein.

O comme obésité.  « Ironiquement, la satisfaction n’est pas satisfaisante. Cela dit, l’état de satiété est débilitant. Avoir tout ce que l’on veut est une version de l’enfer. Comme ma narratrice l’observe, ce n’est pas grandiose de « ne rien vouloir ». Le désir est stimulant. L’appétit fournit une direction et un objectif. Nous sommes tous plus heureux quand on nous fait miroiter la carotte, éternellement hors de portée. » Lionel Shriver à propos de Big brother.

P comme processus créatif. « Je ne m’intéresse pas seulement à ma propre imagination : je m’intéresse à ce que les autres considèrent comme leur vérité. De nombreux auteurs travaillent seuls et imaginent des personnages, et ils investissent ces personnages de mystères que, pour ma part, je recherche directement chez les autres, simplement en leur demandant. » Sheila Heti à propos de Comment être quelqu’un ?

Q comme quotidien des femmes au Mexique. « J’ai passé plus de dix ans à écouter des femmes victimes de la violence du Mexique, car je voulais écrire sur la place des femmes par rapport à la culture de la drogue dans ce pays. C’était une étape logique pour moi après avoir écrit le roman Une histoire vraie tissée de mensonges, qui aborde le sujet du mauvais traitement des domestiques au Mexique. » Jennifer Clement à propos de Prières pour celles qui furent volées.

R comme relation entre les hommes et les femmes. « Je voulais me focaliser sur la relation que mon personnage masculin entretient avec les femmes qui l’entourent.  » Adelle Waldman à propos de La Vie amoureuse de Nathaniel P.

S comme séquestration de patron. « C’est la multiplication des cas de séquestrations en France, à partir de 2009, qui était pour moi un phénomène nouveau, et à mes yeux symptomatique. En vérité, les cas de séquestration de patrons ont été nombreux après mai 68, mais j’étais trop jeune, je ne les avais pas en mémoire ; et donc cette radicalisation brutale du conflit dans les entreprises, quelques mois seulement après la chute de Lehman Brothers, m’a interpellée. »  Elisabeth Filhol à propos de Bois II.

T comme taiseux. « Rester sur le carreau est une expression que j’emploie volontiers pour certains de mes personnages ; ils sont des écrasés de famille, des broyés de naissance, des restés sur le carreau paysan, en effet ; et Joseph appartient de surcroît à une catégorie socio-professionnelle résiduelle, marginale, souvent malmenée par tout et par tous, même si je sais, j’en connais d’ailleurs, dans le Cantal ou dans l’Oise, qu’il existe aujourd’hui des ouvriers agricoles employés dans des fermes/entreprises dont le statut est, disons, plus conforme aux normes sociales. » Marie-Hélène Lafon à propos de Joseph.

U comme Union soviétique. « Souvent les familles entières étaient déportées au Goulag, dont beaucoup ne sont pas revenus. Les épouses des maréchaux et généraux de l’Armée rouge fusillés à l’été 1937 ont été exécutées à leur tour, en 1941 après le début de l’invasion nazie de l’URSS. Les enfants des fusillés, s’ils n’étaient pas arrêtés avec leur famille, étaient souvent livrés à eux-mêmes, le choix leur restant entre intégrer une associations de jeunes pionniers — à condition de dénoncer publiquement leurs parents comme “espions” trotskystes, facistes, nazis etc. — ou rejoindre une des bandes d’orphelins errant dans les terrains vagues, et régulièrement raflés et exécutés par la police. » Romain Slocombe  à propos de Avis à mon exécuteur.

V comme Marc Villard. « En lisant la nouvelle de Marc, cela a tout de suite fait écho à mon environnement au quotidien. A la même époque, Claire Denis y tournait son film 35 Rhums. » Gianni Pirozzi à propos de Sara la Noire.

W comme « We are Water ». « Je suis allé voir une comédie musicale à Broadway qui portait sur la chanteuse Patty Griffin, et une des chansons s’intitulait « We are Water ». Je pense que ce qui m’a intrigué, c’est l’allitération plus qu’autre chose, l’énigme du titre. Je me souviens l’avoir écrit sur le dépliant, je l’ai ramené chez moi et j’y ai pensé pendant plusieurs semaines. Puis, je me suis souvenu d’une inondation terrible qui avait eu lieu dans ma ville natale, et je pense qu’il y a eu une fusion entre ce titre autour duquel je tournais et les souvenirs très précis de cette inondation qui avait eu lieu des années auparavant. C’est à ce moment-là que l’histoire est née. »  Wally Lamb à propos de Nous sommes l’eau.

Z comme zones obscures. « Ce sont des agents doubles qui vivent dans des zones obscures où l’on retrouve à la fois des mafias, des groupes terroristes et des agences d’espionnage. Trafiquants d’armes ou vendeurs de drogues, ils jonglent entre les allégeances, ils ont toujours quelque chose ou quelqu’un à vendre, et n’hésitent pas à changer de camp. Cela les aide à survivre mais cela les rend également très solitaires. » Sebastian Rotella à propos de Le chant du converti

Aux Portes de l’éternité de Ken Follett

Entre saga historique et roman d’espionnage, histoire d’amour et thriller politique, Aux portes de l’éternité clôt la fresque gigantesque et magistrale de la trilogie du Siècle, après La Chute des géants (Laffont, 2010) et L’Hiver du monde (Laffont, 2012).

Follett (1)

Nuage de tags réalisé d’après le roman de Ken Follett et le panneau indicateur de l’ancienne division allemande

1961. Les Allemands de l’Est ferment l’accès à Berlin-Ouest. La tension entre les États-Unis et l’Union soviétique s’exacerbe pour atteindre un point culminant l’année suivante avec la crise des missiles de Cuba. Le monde scindé en deux blocs se livre une guerre froide qui risque de devenir une guerre nucléaire. Confrontées à toutes les tragédies de la fin du XXe siècle, plusieurs familles, russe, allemande, américaine et anglaise, sont emportées dans le tumulte de ces immenses troubles sociaux, politiques et économiques. George Jakes dans le bus des Freedom Riders, Jasper Murray dans la jungle vietnamienne, Tania Dvorkine en Sibérie, Dave Williams et Walli Franck, rockers à Berlin ou San Francisco, vont se battre, trouver le chemin de l’amour et participer chacun à leur façon à la formidable révolution en marche.

Extrait d’Aux Portes de l’éternité

Rebecca monta l’escalier pour rejoindre les deux pièces qu’elle partageait avec Hans.

La première chose qu’elle vit en entrant dans leur chambre fut la maquette à laquelle Hans travaillait depuis leur mariage. C’était un modèle réduit de la porte de Brandebourg réalisé en allumettes collées. Tous ses amis et connaissances gardaient précieusement leurs allumettes usagées pour lui. La maquette presque terminée occupait la petite table, au milieu de la pièce. Il avait déjà fabriqué l’arche centrale et les ailes latérales, et venait de s’attaquer à la partie la plus difficile, le quadrige, le char tiré par quatre chevaux qui ornait le sommet du monument.

Comme il a dû s’ennuyer, songea Rebecca amèrement. Il n’avait rien trouvé d’autre pour tuer le temps pendant les longues soirées qu’il était forcé de passer au côté d’une femme qu’il n’aimait pas. Leur couple était comme cette maquette, une frêle copie de l’original.

S’approchant de la fenêtre, elle regarda la pluie tomber. Une minute plus tard, une Trabant 500 mastic se gara le long du trottoir. Hans en descendit.

Comment avait-il le culot de revenir ?

Rebecca ouvrit la fenêtre toute grande, indifférente à la pluie qui s’engouffrait par le battant, et hurla : « Fiche le camp ! »
Il se figea sur le trottoir mouillé et leva la tête.

Rebecca aperçut une paire de chaussures de son mari, par terre à côté d’elle. Elles avaient été faites à la main par un vieux cordonnier que Hans avait déniché. Elle en ramassa une et la lança dans sa direction. Elle avait bien visé et il eut beau se baisser, le soulier le heurta à la tête.

« Espèce de cinglée ! » vociféra-t-il.

Walli et Lili s’approchèrent de la chambre et s’arrêtèrent sur le seuil, contemplant leur grande sœur d’un regard incrédule. Ils ne l’avaient jamais vue dans un état pareil.

« Tu m’as épousée sur ordre de la Stasi ! cria Rebecca par la fenêtre. Et c’est moi qui suis cinglée ? » La seconde chaussure suivit le même chemin que la première, manquant sa cible cependant.

« Mais qu’est-ce que tu fais ? demanda Lili d’une voix ébahie.

— Wouah, c’est super ! » s’exclama Walli avec un grand sourire.

Dehors, deux passants s’immobilisèrent afin d’observer la scène et une voisine sortit sur le pas de sa porte pour ne pas en perdre une miette. Hans leur jeta un regard noir. C’était un homme fier qui ne supportait pas de se ridiculiser en public.

Rebecca parcourut la chambre du regard à la recherche d’un autre projectile et ses yeux s’arrêtèrent sur la maquette en allumettes de la porte de Brandebourg.

Elle était posée sur un plateau de contreplaqué. Rebecca le souleva. C’était lourd, mais elle était de taille.

« Wouah ! » répéta Walli.

Rebecca porta la maquette jusqu’à la fenêtre.

Hans cria : « Je t’interdis de faire ça, c’est à moi ! »

Elle posa le plateau de contreplaqué sur l’appui de la fenêtre. « Tu as détruit ma vie, espèce de salaud de la Stasi ! » hurla-t-elle.

Une passante éclata de rire, un ricanement méprisant, moqueur qui couvrit le bruit de la pluie. Hans s’empourpra de colère, cherchant à identifier la coupable, en vain. Qu’on rie de lui était la pire torture qu’on pût lui infliger.

« Repose cette maquette, salope ! J’y ai travaillé toute une année ! rugit-il.

— Comme ça, on est quittes : moi, c’est à notre couple que j’ai travaillé pendant un an ! » Rebecca souleva le contreplaqué.

Hans poussa un cri. « Je te défends de faire ça ! »

Rebecca fit basculer la maquette par la fenêtre et la lâcha.

Elle se retourna à mi-course, le plateau se retrouvant sur le haut avec le quadrige dessous. Sa chute sembla n’en plus finir. Rebecca eut l’impression que le temps était suspendu. Puis la maquette tomba sur les pavés de la cour devant la maison dans un grand bruit de papier froissé. Elle se fracassa, les allumettes jaillirent, se dispersant en tous sens, avant de retomber sur les pierres mouillées où elles restèrent collées, telle une explosion de rayons de soleil. Le plateau gisait sur le sol, toute la construction ayant été écrasée, réduite à néant.

Hans contempla le spectacle pendant un long moment, ahuri, bouche bée.

Aux Portes de l’éternité de Ken Follett

Le roman sera disponible à partir de jeudi.

 

Le meilleur de la médiation de l’été 2014 sur le blog de Feedbooks

Au cours de l’été, nous avons publié 72 billets sur ce blog. Vous avez été très nombreux à lire les avant-parutions de la rentrée littéraire et comme souvent, vous avez plébiscité les différentes scénarisations du catalogue : carte, timeline et autre nuage de tags.

Un grand merci aux différents sites qui pointent les informations diffusées ici (en l’occurrence 212 sites ce trimestre) et à tous les lecteurs – de plus en plus nombreux – qui relaient les billets sur leurs comptes Facebook et Twitter.

Ci-dessous les 8 billets les plus marquants de l’été.

 

Le guide de la rentrée littéraire 2014 en numériqueFestival America : la case FeedbooksLes auteurs préférés de science-fiction francophoneParis, Londres, Rome et Madrid : géolocalisez et téléchargez gratuitement les classiques littéraires en VOParis sur le blogLes auteurs de roman policier et de thriller les plus chroniqués depuis le début de l’annéeChronologie des principaux faits marquants des Rougon-MacquartLes libraires de Feedbooks veillent pour vous

 

 

Les journées du patrimoine 2014 sur Feedbooks

Pour les journées du patrimoine 2014, Feedbooks  – librairie 100% numérique – vous propose 6 activités 100% gratuites.

Cette semaine (38), nous avons repéré

Comme chaque vendredi, nous vous proposons un court résumé de la semaine, cette fois-ci tout en images. Bon surf et bonnes découvertes.

 

Interview de Wally Lamb à propos de son roman Nous sommes l'eau

Wally Lamb : Les États-Unis sont un mystère que j’essaie encore de percer.

fischman

Boris Fishman : La fiction est une forme de liberté qui permet de jouer avec l’interdit.

Interview de Olivier Truc

Olivier Truc : La plupart de mes projets de livres reposent sur des sujets que j’ai traité comme reporter.

Le vortex de la rentrée littéraire

Le vortex de la rentrée littéraire  intègre le guide de la rentrée littéraire .

lire

Les liens essentiels pour lire en numérique en français, anglais, espagnol et italien

Combien de temps pour lire ou relire des classiques littéraires en VO ?

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Lancement de Bibook, nouveau service de prêt de livre numérique de la Bibliothèque municipale de Grenoble

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