Fukushima, 3 ans déjà : piqûre de rappel

par admin

Jusqu’ici, tout va très bien en France.

Dormez tranquilles, braves gens, nous veillons sur votre sécurité. Telle est, en substance, l’antienne que les autorités nucléaires françaises répètent depuis maintenant près de cinquante ans. Le parc nucléaire français est certes l’un des plus importants au monde, mais c’est aussi le plus sûr, nous dit-on. Et pour cause : depuis toujours la sécurité serait au centre des préoccupations de l’industrie nucléaire. Pour preuve, il n’y a pas eu, il n’y aura pas, il ne peut pas y avoir, de Tchernobyl ou de Fukushima.

La librairie Feedbooks vous propose une piqûre de rappel.

 

Nucléaire : 30 raisons pour et 29 970 contre

C’est en revenant de la projection de Grand Central que j’ai eu l’idée et l’envie de réunir les propos de trois auteurs interviewés sur Feedbooks.

ELISABETH FILHOL. Durant ce film, il est difficile de ne pas penser aux travailleurs précaires des centrales nucléaires qui errent dans le roman d’Elisabeth Filhol.

JAVIER SEBASTIAN. En cette rentrée, les éditions Métailié publient un très beau roman signé Javier Sebastián sur le professeur Nesterenko dans l’accompagnement des victimes de la catastrophe de Tchernobyl. Nesterenko était l’un des plus grands experts en énergie nucléaire de l’Union Soviétique et il a reconnu après la catastrophe à quel point cette technologie peut être nuisible, perverse, incontrôlable.

FRANCK THILLIEZ. A la fin du billet, j’ai ajouté les propos significatifs de Franck Thilliez. Dans Atomka, il traite de la radioactivité, de la mort et l’intrigue se déroule partiellement à Pripiat. Ce thriller a été écrit alors que la catastrophe Fukushima commençait.

Pour lire le billet, cliquez sur ce lien.

Elisabeth FilholjavierFrank Thilliez

 

 

Sûreté nucléaire : « On n’a pas à prévenir les grenouilles lorsqu’on va vider une mare »

nucleaire

 

Après l’intranquillité post-Fukushima » pensez-vous que « le syndrome de la tranquillité » frappe à nouveau la France ? Espérez-vous que cette publication déclenche un débat sur le nucléaire en France ?

Il est clair que nous souhaitons que ce livre fasse réfléchir sur la nécessité d’une sûreté sans faille. C’est pourquoi le battage EDF autour du « Grand carénage » pour pouvoir tirer les réacteurs au delà du temps envisagé dans les années 1970 et ce sans tenir compte des avis de l’ASN doit être dénoncé. En l’état du parc surtout les tout premiers réacteurs démarrés fin des années 70 et début 80 il est raisonnable de les stopper. En effet la tenue des aciers sous irradiation (toujours plus élevée si on pousse leur fonctionnement) reste mal connue. Donc prudence.
Mais nous sommes conscients des limites de l’exercice : cependant l’accident est possible et c’est pourquoi EDF doit l’intégrer dans ses réflexions et ne pas seulement penser à ses bénéfices.

Suite de l’interview.

 

Le nucléaire après Tchernobyl et Fukushima

La librairie Feedbooks propose une sélection de 36 romans et de documents.

Les Dossiers noirs du nucléaire françaisLa France nucléaire. L'art de gouverner une technologie contestéeLe nucléaire, une névrose françaiseTu n'as rien vu à Fukushima