Ajar avant Gary en numérique

par admin

J’ai découvert l’oeuvre de Romain Gary par l’intermédiaire d’Emile Ajar. Comme de milliers de français, j’ai pleuré en lisant La vie devant soi. Alors jeune lecteur, je n’ai sans doute  pas compris qui étaient Momo et Madame Rosa mais j’ai saisi pleinement la relation humaine. Je salue donc l’initiative des éditions Mercure de France de publier en numérique les 4 romans d’Emile Ajar/Romain Gary .

Romain Gary

En 1974, Romain Gary a 60 ans.  Pour prendre en défaut la médiocrité des critiques, il décide de publier alternativement sous son nom et celui d’Ajar.  Dès 1975,  pour son deuxième roman publié sous le pseudo Ajar intitulé La Vie devant soiil obtient un nouveau Goncourt alors que le règlement  de ce prix littéraire prévoit que personne ne peut l’obtenir deux fois. Second bras d’honneur, il obtient d’un critique de Lire la confirmation de sa démarche. Ce dernier, après avoir vigoureusement critiquer l’œuvre de Gary, finit  par : « Ajar, c’est quand même un autre talent. »

TF1 – 17 nov. 1975 : Annonce du prix Goncourt 1975 à Emile AJAR pour son livre « la vie devant soi » . (extrait INA)

 

La vie devant soi raconte l’histoire, dans le quartier de Belleville, à Paris, d’un petit garçon arabe orphelin, Momo, et d’une dame juive, âgée, malade, Madame Rosa, qui garde dans son appartement des enfants dont les mères travaillent ou ont disparu. Dès la publication du livre d’Émile Ajar, Momo et Madame Rosa sont devenus célèbres, presque des personnages publics, et le roman a été aussitôt traduit dans une multitude de pays. C’est que ce roman, qui provoque constamment le rire et les larmes, porte en lui toutes les questions, tous les drames et tous les rêves du monde d’aujourd’hui.

Les 3 autres romans publiés sous le pseudo Ajar de 1974 à 1979

Gros-Câlin

 

Antenne 2 – 03 juil. 1981 / Apostrophes

Dans cette émission, le mystère AJAR est enfin éclairci : Romain GARY était bien l’auteur des livres signes Emile AJAR et c’est Paul PAVLOWITCH, petit cousin de Romain GARY, qui durant six ans a prêté sa personnalité à la création d’Ajar. Il publie « L’homme qu’on croyait » et s’explique sur ce livre d’aveu . Il estime que c’était à lui de faire cette révélation. Il évoque ses rapports privilégiés avec Romain GARY, dont il était « l’employé » et sa collaboration à cet exploit littéraire avec toutes les difficultés que cela a comporté pour lui. Les invités, Michel TOURNIER, François BONDY, ami d’enfance de Romain GARY et Gérard MENDEL, psychanalyste, tentent de cerner le personnage et d’expliquer pourquoi à partir de 1974, GARY a publié des livres sous le pseudonyme d’Emile AJAR. Ils comparent les oeuvres de GARY et d’AJAR. Ils évoquent le suicide de GARY, qui a laissé un texte posthume. Bernard PIVOT en lit les derniers mots : « … je me suis bien amusé, au revoir et merci ». Extrait d’un Apostrophes de juin 1975 avec Romain GARY.